Qui pourra demander le doit d’asile ou pas ? En Allemagne il est question de renvoyer tous ceux qui viennent des Balkans, comme les Kosovars ou les Albanais. Il en est de même des Roms. Souvent des décisions très dures à prendre, vu l’aspect social des personnes concernées. Il est vrai que dans la plupart des cas, il n’y a pas de répression politique dans ces pays. Mais est-il admissible que de soi-disant Bohémiens soient traités comme des êtres inférieurs ? La plupart n’ont pas accès aux études. Il y a constamment à nouveau des ratonnades. Une attitude pas si différente que celle des années 30 avec la discrimination des juifs dans le Reich. Ceux qui à l’époque prenaient le large étaient considérés comme des réfugiés. Ceci même avant la nuit de cristal en 1938. Il est insupportable que les instances responsables de l’Europe ferment les yeux sur de tels méfaits. Je comprends parfaitement que les Allemands craignent le trop-plein, mais les arguments tentant à dépolitiser une situation qui en est une, me paraît inacceptable. Il ne s’agit pas seulement de cas sociaux. Le racisme est à mes yeux une raison suffisante pour quitter son pays, et ceci même si c’étaient des cas isolés. Ce n’est pas le cas ! Que faire ? Le seul moyen est de couper les vivres des pays qui ne se conforment pas aux droits de l’homme, d’exclure au pire certains membres de l’UE. L‘ Europe ne pourra que vivre en paix, tant que les valeurs morales élémentaires seront respectées. Seul le business semble être la clef de voûte pour certains. Si c’était le cas, ce serait la négation absolue d’un acte de solidarité, qui a permis à l’Europe de vivre en paix, tout au moyen à l’Ouest, depuis 70 ans. Weiterlesen
Kategorie: Pierre´s Meinungen
Le meurtre légal
L’attitude des soldats israéliens, qui ont tué 69 palestiniens depuis le début des attaques de ces derniers à l’arme blanche, est douteuse. Auraient-ils la gâchette trop facile, telle est la question qu’on peut se poser ? Est-il nécessaire de tuer au lieu de neutraliser les assaillants en leur tirant dans les jambes ? Une jeune femme de 18 ans, Adil al Hachlamoun, a été abattue le 22 septembre parce qu’elle refusait de subir un contrôle. Complètement voilée, elle portait sous ses vêtements un couteau. Cela a suffi pour relaxer le soldat responsable de sa mort. Il y a aussi des cas de tortures. Cela ternit l’image déjà entachée de l’armée israélienne. Je sais que de tels méfaits ne se résument pas seulement aux forces de l’ordre de l’État hébreux, loin de là. Mais ces incidents m’incitent à réfléchir sur la question épineuse du meurtre légal. Évoquer la légitime défense, n’entre pas en considération dans la plupart des cas connus. Lorsqu’on observe le comportement de nombreux policiers américains en ce qui concerne le racisme, il est effrayant à quel point les lois peuvent être bafouées par ceux qui considèrent avoir le droit de les interpréter à leur guise. C’est monnaie-courante dans la plupart des régimes totalitaires. Ceux qui ne se laissent pas soumettre, vivent constamment en danger de mort. L’élimination systématique de tous ceux qui gênent, fait partie du quotidien. Weiterlesen
Erdogan for ever ?
Pourquoi les turcs seraient-ils différents des autres ? La nostalgie de la femme ou de l’homme fort a aussi marqué ces élections. Ce virus – car s’en est un – est entrain de gagner toute l’Europe. Les slogans populistes doivent avoir un fort attrait pour tous ceux qui veulent hisser un leader au pouvoir afin de mener à leur place, ce qui serait leur devoir. C’est un abdication par rapport aux libertés individuelles. Cet homme d’État n’a pas hésité de jeter son pays dans une situation frisant la guerre civile, afin d’avoir la majorité absolue au parlement. Il cloue le bec sans aucun scrupule à tous ceux qui s’élèvent contre sa politique. Il est dans le fond de son caractère totalitaire. Une fois de plus la tolérance et le respect mutuel y en sont pour leurs frais. Je ne remets pas en doute le résultat des urnes, mais je m’étonne une fois de plus de l’attitude du peuple. Elle est le moins qu’on puisse dire, décourageante. C’est le signe qu’une majorité d’individus galvaudent ses libertés individuelles. Pourquoi ? Parce qu’il est évident que ces gens ne veulent pas payer le prix que cela implique. Il est plus aisé de déléguer ses responsabilités à des dirigeants que de les prendre et de les assumer. C’est aussi la démonstration que l’intelligence se réduit aujourd’hui comme une peau de chagrin, que nous avons de plus en plus à faire à des moutons. Et si en fin de compte cela pouvait tourner à l’aigre, plus personne n’est là pour en assumer la responsabilité. Sans aucun doute la Turquie va suivre le même chemin que la Hongrie de Viktor Orbán, celle de la répression des minorités. Weiterlesen
Coups de gueule néonazis
Plus de 10.000 réfugiés entrent en Allemagne chaque jour. De plus en plus de citoyens commencent à être angoissés. Ils reprochent à Madame Merkel d’avoir provoqué ce raz-de-marée. Son taux de popularité est au plus bas depuis des années. Une raison pour la CSU bavaroise de se lancer dans la polémique contre elle. Comme je l’ai écrit dernièrement, les rapports entre les deux partis-frères ne sont pas au beau fixe, au contraire. En attisant la polémique, Horst Seehofer espère gagner du terrain. Il en a besoin car au mois de novembre aura lieu le congrès de sa formation. Mille adhérents de la base doivent le réélire. S’il n’obtenait pas le même résultat que la dernière fois – près de 95% – cela serait considéré comme un revers qui provoquerait une dérive à droite de l’échiquier électoral allemand. Il est regrettable que les coups de gueule néonazis, souillant l’honneur des migrants, soient de plus en plus d’actualité sans parler des mise-à-feu des lieux d’accueil. En face de tout cela une police plus ou moins passive. Très peu d’attentats ont été élucidés. Des citoyens, qui placent souvent l’honnêteté et la correction au premier plan des vertus germaniques, semblent approuver en secret de tels méfaits. Ils en rendent responsable le gouvernement, qu’ils considèrent de plus en plus comme étant félon. Dans un tel contexte il est urgent d’inverser la vapeur. Weiterlesen
La pomme de discorde
En cette fin de semaine la grande coalition en Allemagne est remise en question. S’il n’y a pas d’accord tripartite entre Angela Merkel, Horst Seehofer et Sigmar Gabriel, une crise gouvernementale pourrait avoir lieu. Les leaders de la CDU, CSU et du SPD se rencontreront pour trouver des solutions en ce qui concerne la question migratoire. Des désaccords ont en particulier lieu au sein du camp chrétien-démocrate. Nombre de députés veulent voir un ralentissement drastique du flux des réfugiés. Ils sentent la poussée de l’extrême-droite et craignent être dépassés. L’ambiance générale est effectivement en train de capoter, parce ce que la gestion de ce phénomène de masse laisse terriblement à désirer. Les places d’hébergements ne suffisent plus à loger d’une manière décente les personnes concernées. Les procédures sélectives sont lourdes et bureaucratiques. Bon nombre de demandeurs d’asile usurpent l’hospitalité qu’on leur offre et trouvent tout à fait naturel qu’on leur garantisse le logis, de quoi se nourrir et en fin de compte un travail. Je sais que les brebis galeuses ne constituent qu’une infime minorité, mais elles empoisonnent l’ambiance générale. N’allez pas croire que j’ai rejoint les rangs du Pegida – dès la première heure j’ai soutenu haut et fort l’initiative de la Chancelière d’ouvrir les frontières à tous ceux qui sont directement menacés – mais il ne peut pas être question de recevoir des migrants venant de pays relativement sûrs. Qu’ils le veuillent ou non, ils doivent être renvoyés. Cela me fait personnellement mal d’écrire cela, mais la République Fédérale ne peut pas recevoir tous les malheureux de la planète. Weiterlesen
Sur le terrain ? La mort !
Sur le terrain l’intervention russe en Syrie n’a pas fait évoluer la situation. L’IS n’a pas été affaibli. Seul Baschar el-Assad profite de cet engagement. Cela me donne des cauchemars, d’autant plus que chaque jour supplémentaire de guerre civile incite les populations à se réfugier en Europe. Entre l’effet médiatique et la réalité stratégique, il y a un grand fossé. Ne nous faisons pas d’illusions, sans la participation de troupes au sol, rien ne bougera. Jusqu’à présent les bombardements ont touché avant tout des innocents. Bien sûr, il y a des positions armées des fous de Dieu qui ont été détruites, mais la force militaire de ces rebelles n’en est pas moins encore plus que virulente. Vouloir mener le combat contre des guérilleros avec des armes conventionnelles est plus ou moins une hérésie. L’exemple de l’Afghanistan en est la preuve. Nous assistons malgré des années de guerre à une recrudescence des talibans. Ces derniers attaquent et se retirent instantanément dans des régions montagneuses, hostiles à toute intervention classique. Il y a en plus la détermination des combattants à sacrifier leur vie et ceci sans compromis. Comment vouloir arrêter des personnes qui sont prêtes à se laisser sauter ? La motivation des soldats venant d’ailleurs ne fera jamais obstacle au fanatisme. On est sur une longueur d’onde totalement différente. Je doute que les forces russes en Syrie aillent au-delà de l’engagement actuel. Vladimir Poutine a obtenu ce qu’il voulait: le renforcement de son implantation dans cette région, qui a pour but de redonner à son pays un poids politique au niveau internationale. Weiterlesen
Massés au portillon
De plus en plus de réfugiés se massent à la frontière allemande du côté de l’Autriche. Où il devrait avoir coopération entre les deux pays, il n’y a que des dissonances. Les autorités de l’État alpin amènent à coup d’autocars des demandeurs d’asile aux portes-mêmes de la République Fédérale et les débarquent jour et nuit sans se poser la question de ce qui adviendrait d’eux. Qu’ils dorment à la belle-étoile ne semble pas les bouleverser outre-mesure. « Qu’ils se débrouillent ! », telle semble être la devise à la Hofburg à Vienne. Ces derniers jours ils ont aussi trafiqué les chiffres, rendant une gestion effective du pays d’accueil qu’est l’Allemagne, impossible. De tels exemples démontrent à quel point le climat de confiance au sein de l’UE est perturbé, pour ne pas dire plus. Des partenaires qui jusque-là vivaient en harmonie se tirent aujourd’hui dans les jambes. Le sauve-qui-peut semble être la règle en Autriche et ailleurs. On fait transiter le plus rapidement possible le flux migratoire en espérant se débarrasser au plus vite de ces hôtes indésirables. Humainement un tel comportement peut être taxé de vil. Diplomatiquement nous pourrions nous acheminer vers un effondrement. Je ne comprends pas à quel point les dirigeants manquent de jugement. Ils improvisent des situations qui auraient pu être négociées depuis des années. Du point de vue éthique, Madame Merkel a agi correctement. Mais a-t-elle su ce qu’elle engendrait ? Je ne le pense pas. Contrairement aux règles appliquées au sein de l’espace Schengen, les contrôles frontaliers s’étendront jusqu’à la mi-novembre, peut-être même jusqu’en février. Weiterlesen
Mein Kampf
Des livres brûlent en Allemagne en 1933. Tous les auteurs maudis par les nazis sont concernés. Un autodafé qui a laissé des traces jusqu’à aujourd’hui. Une des raisons pour laquelle je me sens mal à l’aise lorsque la censure intervient. Dans le débat qui a lieu aujourd’hui au sujet de la nouvelle parution du « Mein Kampf » d‘ Adolf Hitler aux éditions Fayard, je peux très bien comprendre le malaise de Jean-Luc Mélenchon, je le partage même. Mais je suis d’avis qu’il était nécessaire de republier ce que je nommerais « ce torchon ». Ce sera le cas dans grand nombre de pays. Ce pamphlet appartient aujourd’hui au domaine public, l’auteur s’étant donné la mort il y a plus de 70 ans. Donc plus de droits d’auteur. D’un côté il y a le point de vue qu’il ne doit pas y avoir de demi-censure, de l’autre que des textes propageant la violence et le dédit ne peuvent pas être mis sur le marché. Lorsque j’ai tourné un film chez un éditeur à Berlin qui publiait des livres négationnistes interdits en France, il m’a dit dans une interview qu’il y aurait une entrave à la liberté de pensée si on agissait de même en Allemagne. Je suis le premier à trouver infâme de telles diatribes, mais de là à les interdire il y a un pas que je ne franchirais pas. Quelle est la raison de mon attitude ? Le fruit défendu éveille de la curiosité, ce qui dans ce cas est politiquement néfaste. De toute manière personne ne pourra convaincre un sympathisant nazi et antisémite que ce qui y est écrit n’est que mensonge, comme c’est le cas chez Robert Faurisson qui se dit apolitique. Mais laisser de telles propos dans la clandestinité serait plus dévastateur. Le débat qui s’en est suivi a scandalisé bien des lecteurs et a contribué à démontrer le mal-fondé de telles déclarations. Weiterlesen