Plus de 80 migrants portés disparus au large de la Tunisie. Une fois de plus l’occasion pour les populistes de l’extrême-droite de pavoiser. J’entends encore un auditeur d’une radio allemande qui exprima sa haine mardi denier dans une émission, où les auditeurs ont droit à la parole. Il y a de quoi de frémir que de bons chrétiens peuvent émettre de telles paroles. « On était environ 80. Des Guinéens, des Ivoiriens, des Maliens, des Burkinabés.  Il y avait quatre femmes, une enceinte, une avec son bébé, et toutes sont restées dans l’eau. » C’est ce qu’un jeune rescapé malien, Soleiman Coulibaly, a raconté à ses sauveurs. « On a passé deux jours comme ça, accrochés au bois. » L’embarcation était partie de Zouara en Libye, à 120 Kilomètres à l’Ouest de Tripoli avec 86 personnes à bord. « À midi, le bateau a commencé à bercer, l’eau a commencé à entrer dans le bateau, les gens étaient traumatisés, certains sont tombés dans l’eau, eux sont restés là-bas… » Toujours le même scénario. Une bateau vétuste, une fuite puis l’affolement à bord qui n’arrange pas les choses. Même en essayant de m’imaginer l’horreur que ressente les migrants, je n’y arrive pas. Une fois de plus ce drame est à mettre au compte de la communauté internationale. Le premier ministre de Tunisie, Youssef Chahed, a déclaré : « La question des réfugiés et des migrants ne relève pas de la responsabilité de la République tunisienne » mais que « tous les pays doivent en assumer la responsabilité ». On en est loin. Ce n’est pas avec un Matteo Salvini qu’il y aura plus d’humanité. La loi qu’il a promulguée fait partie de ce que je nommerais un génocide. Weiterlesen

C’est la capitaine qui a forcé le blocus imposé par les autorités italiennes à tout accostage de bateaux ayant à son bords des migrants. Le Sea Watch a passé outre les contraintes imposées par Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur, ce qui pour Carola Reckete aura pour conséquence une mise en examen. Elle a été arrêtée et doit s’attendre qu’on lui fasse un procès. Dans le pire des cas, elle pourrait écoper de dix ans de prison ferme. Son action était avant tout menée pour que l’Italie revoie son attitude en ce qui concerne l’accueille des naufragés sauvés par ses soins. « Nous attendons encore et toujours une solution qui ne se dessine malheureusement pas. C’est pourquoi j’ai maintenant moi-même décidé d’accoster dans le port » C’est ce qu’à déclaré cette vaillante femme de 31 ans de nationalité allemande. Il est évident que le Sea Watch avait aussi comme but d’attirer l’attention des citoyens, de ce qui se passe à l’heure en Méditerranée. Une action humanitaire et politique à la fois. Il est déconcertant que l’UE n’ait pas réussi à trouver une solution à ce problème de fond. Celui d’un pays comme l’Italie qui a été forcé de recueillir des milliers migrants et de s’en occuper. Au lieu de s’engager à les répartir dans tous les pays de l’Union, peu de nations ont consenti d’apporter de l’aide à Rome. Un manque de solidarité qui a amené les Italiens à voter pour l’extrême-droite avec toutes les conséquences que nous connaissons aujourd’hui. Pour moi un Waterloo politique. Weiterlesen

J’essaie de me mettre dans la peau d’un migrant bloqué dans un camp insalubre sur l’île de Lesbos. Il n’est pas étonnant que certains d’entre-eux sont fous de désespoir, ne sachant pas ce qui adviendra d’eux. Une situation sans issues, tout au moins pour l’instant. Ceux qui ont fui l’horreur se trouvent bloqués. Certes ils ont pu sauver leur peau, mais est-ce le cas pour leur âme ? Pourrons-t-ils retrouver un équilibre, si leur situation venait à s’améliorer ? J’ai des doutes. Dans ce contexte il est permis de se poser la question si une vie dans de telles conditions vaut la peine d’être vécue ? Ils sont entraînés dans un engrenage qui peu à peu les dévore. Peut-être se demandent-ils, s’il n’aurait pas été mieux de se noyer dans les flots de la Méditerranée ? Non, ce n’est pas du cynisme de ma part, mais une constatation provoquée par ce qui se passe réellement. Le fait que les agissements discriminatoires d’un Matteo Salvini ne provoquent par une levée de boucliers général, est pour moi plus que bouleversant. Plus de 1000 migrants sont morts depuis qu’il a pris la décision de fermer les ports de son pays à tous réfugiés, de condamner tous ceux à qui viendrait l’idée de les sauver de la noyade. Les migrants sentent bien qu’ils sont rejetés de toutes parts. Personne ne veut d’eux, même s’ils déclarent le contraire. Des êtres en errance qui propagent la peur, même s’ils sont trop faibles pour se révolter. Ils sont considérés comme des sauterelles, qui ont l’intention de tout dévorer sur leur passage, de faire de l’Europe une terre brûlée. Et que fait-on dans ce cas-là ? On les élimine en giclant de l’insecticide afin qu’ils meurent empoisonnés. Ce qui se déroule pour les insectes risque de se passer pour les hommes. Nous sommes à deux pas du génocide, c’est l’horrible réalité ! Weiterlesen

À la fin d’une émission, Mattteo Salvini apprend sur le plateau que la justice italienne a ordonné la saisie d’un bateau an large du port de Lampedusa en Sicile. Le Sea Watch 3 avait eu à son bord 65 personnes quand il se retrouva dans les eaux italiennes. Dans un premier temps 18 réfugiés purent descendre à terre pour des raisons humanitaires. Cette nuit ce sont les 47 restants, dont une femme enceinte, qui ont quitté le navire, ce qui a provoqué l’ire du ministre de l’intérieur. « Je prends acte des paroles de ce procureur et nous approfondirons la possibilité de poursuivre, pour délit d’aide à l’immigration clandestine, quiconque aide le débarquement à terre de migrants amenés par une organisation illégale et hors la loi . Si ce procureur veut être ministre de l’intérieur, qu’il se présente aux élections ». Cet incident est une nouvelle mise en puissance du conflit qui oppose la Lega au Mouvement des cinq étoiles. C’est le ministre des transport, Danilo Toninelli, membre des Cinque Stelle, qui a la tutelle des ports, qui a probablement donné le feu vert.  Quelqu’un au gouvernement savait ? Quelqu’un a autorisé ? » a prétendu Salvini qui se trouvait encore sur le plateau. Pour lui les migrants auraient pu moisir encore jusqu’au 15 août. « Si Salvini a quelque chose à me dire, qu’il me le dise en face… » Les tensions au sein du gouvernement deviennent de plus en plus vives. Luigi Di Maio, le chef du Mouvement des cinq étoiles, contredit le ministre de l’intérieur : « Je n’accepte pas que Salvini nous attaque. (…) Le bateau a été placé sous séquestre par les magistrats, et, quand il y a un séquestre, on fait obligatoirement descendre les personnes à bord. Qu’il n’accuse pas le M5S et lise les lois ». Weiterlesen

À la Biennale de Venise est exposée une barque qui en 2015 a chaviré. Elle a 50 tonnes et 22,5 mètres avec gravité. Conçue pour transporter 20 personnes, elle avait au moment de son naufrage de 700 à 1000 réfugiés à son bord. Le 18 avril, un cargo portugais s’est rapproché de ce bateau de pêche afin de sauver les occupants. Pour une raison encore inconnue aujourd’hui, ils ont été pris de panique ce qui a déstabiliser l’embarcation. Il n’y a eu que 28 rescapés qui ont pu être sauver, les autres sont morts emportés par les flots. Cela s’est passé dans le canal de Sicile à une centaine de kilomètres de la côte libyenne. Maintenant elle se trouve dans l’Italie de Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur, qui a fermé les ports de son pays envers tous ceux qui sont en détresse en pleine Méditerranée. Lorsque le public sait ce qui s’est passé, il doit se demander, si cette barque peut servir d’installation à la Biennale de Venise? L’art ne dépasse-t-il pas certaines limites qu’il ne devrait pas franchir, malgré le bien-fondé de cette action, qui a pour but de sensibiliser l’opinion. Je suis déchiré entre la nécessité de sortir de sa réserve politique, lorsqu’il s’agit d’un témoignage tel que celui de ce bateau de pêche et la pudeur envers un tel drame, qui m’interdirait d’en faire un objet d’art. Mais puis-je rester passif face à de tels drames ? Je ne le pense pas. Pour ma part les événements qui bouleversent ce monde inspirent mon travail. Je ne peux pas les laisser de côté en ce qui concerne ma manière de m’exprimer. L’artiste ne peut pas se conduire d’une manière imperméable lorsqu’il s’agit des fondements de la sensibilité. Les hommes, les femmes et les enfants qui se sont noyés, parce qu’ils étaient acculés par la misère, par la guerre, par la répression à quitter leurs pays respectifs, sont comme une marque au fer chaud sur notre peau. Une plaie qui devrait être des plus douloureuse jusqu’à mort s’en suive. Mais ce n’est pas le cas, car l’oubli est de mise dans ces cas-là. Weiterlesen

Donald Trump va déclarer l’urgence nationale pour pouvoir construire un mur entre les USA et le Mexique. Cela est devenu une obsession pour lui, qui essaie de faire comprendre à ses concitoyens qu’il faut prendre une telle mesure afin de les protéger contre l’invasion de hordes de miséreux qui leur voleraient tout ce qu’ils ont gagné honnêtement. C’est franchement ridicule. Mais j’ai de la peine à en rire, car cela est le déni même de la raison, de l’esprit critique. J’ai comme l’impression que le président tient à ce projet, parce qu’il pourrait en être l’entrepreneur indirect, lui permettant de générer ainsi de l’argent pour sa famille ou ses amis. Cela serait de la magouille, si c’était le cas. Pourquoi s’opposer à une barrière en acier ? Elle remplirait exactement le même rôle. Tout cela est de l’enfantillage. Mais il y a effectivement un problème de taille, celui du fossé entre les pays riches et les pays pauvres. Il serait mieux d’investir de fortes sommes pour améliorer l’ordinaire de nations entières en incitant des investisseurs à permettre la création d’économies autonomes. Si c’est pour favoriser le colonialisme à la United Fruit, je ne peux que m’y opposer. Des pratiques ayant comme but de générer du profit sur le dos d’ouvriers agricoles travaillant à des tarifs défiants toute concurrence. Un esclavage moderne qui est incompatible avec les droits de l’homme. La vente des bananes Chiquita n’a pas enrichi un pays comme le Honduras, mais les actionnaires aux États-Unis. Tant que de telles méthodes seront de mises en Amérique Latine, le flot migratoire ne pourra pas être stoppé. Ce n’est pas le mur qui réglera quoi que soit. C’est exemple démontre que l’éléphant qu’est Trump a un cerveau de moineau. Weiterlesen

Depuis des semaines le budget des États-Unis est bloqué. Des centaines de milliers de fonctionnaires ne reçoivent plus leur salaire, ne peuvent plus payer leurs factures et sont dépendants de la soupe populaire. Une situation qui pour l’instant n’est pas prête à changer. Le bras de fer entre le président et la chambre des représentants au sujet du mur entre le Mexique et les États limitrophes n’est de loin plus une question de milliards, mais une vue diamétralement différente de la manière d’aborder les problèmes de sécurité d’une nation moderne, comme devrait être les USA. Donald Trump avait axé toute sa campagne électorale sur l’exclusion. Il lui fallait un bouc-émissaire. Dans ce cas bien précis, se sont les latinos qui cherchent à passer la frontière afin d’améliorer leur situation de vie, qui dans leurs pays d’origines est des plus précaires. Les grands trusts n’y sont pas complètement étrangers, loin d’en faut. Au Honduras par exemple, la United fruit – qui n’a jamais mangé des bananes de la marque Chiquita ? – fait travailler des ouvriers agricoles dans des conditions proches de l’esclavage. Une situation dénoncée par les organisations humanitaires. Mais il n’y a pas que cela. Parallèlement la criminalité déstabilise ces pays. Le meurtre, la prise d’otages et j’en passe font partie du quotidien. Puis le combat entre des bandes rivales concernant le trafic de drogue, tout cela explique l’exode, la seule possibilité à échapper à l’enfer. Il est assez cynique que Donald Trump traite ces malheureux de criminels et qu’il veut s’attaquer aux gueux au lieu de mettre un terme à la mainmise des parrains sur ces populations. Mais on ne tue pas la poule au œufs d’or. Des cercles avec qui on est relations d’affaires. Ce n’est que l’argent qui intéresse les affairistes, non pas la justice sociale. Weiterlesen

Au cours de son allocution à la nation du bureau ovale de la Maison Blanche, Donald Trump a à nouveau insisté que la construction du mur entre les USA et le Mexique était une question essentielle pour la sécurité, ce qui a été réfuté séance-tenant par Nancy Pelosi, la patronne démocrate de la Chambre des Représentant, qui lui reproche de faire peur à un grand nombre de citoyens, de leur jeter de la poudre aux yeux. Le président réclame 5,7 milliards de dollars pour ériger un mur, à l’égal de celui de Berlin, dans l’idée de pouvoir ainsi empêcher à de nombreux de migrants d’entrer illégalement sur le territoire national. Il a aussi évoqué le trafic de drogues. Je pense que là il se fourvoie dans des vœux-pieux. Jusqu’à présent de telles barrières n’ont jamais pu enrayer l’importation d’opiacés, au contraire. Ce conflit entre la Chambre des Représentants, à majorité démocrate, et la Maison Blanche a amené un blocage du budget de l’État. Depuis des jours un grand nombre de fonctionnaires ne peuvent plus être payés, de nombreux services sont gelés, ce qui paralyse évidemment le pays. Ce n’est pas un personnage comme Trump qui se laissera intimider par ses adversaires démocrates, qu’il accuse de livrer les États-Unis à des forces occultes, qui n’ont qu’un but, celui de lui porter ombrage. Si les démocrates ne veulent pas se dédire, ils sont eux-aussi forcés de persister. Il n’en va pour eux pas seulement d’une mesure concrète à la frontière Sud, mais plus de s’opposer farouchement à la politique isolationniste du président, de le forcer à faire machine-arrière dans tous les domaines, où il essaie de mettre en pratique de telles visions, comme dans la guerre commerciale qu’il se livre avec la Chine ou qu’il a l’intention de déclencher contre l’UE. Weiterlesen