C’est exact, depuis des décennies on tourne en rond lorsqu’il s’agit des cités. Personne n’a trouvé des recettes efficaces. Ce qui manque c’est de donner aux habitants du courage. Il y a quelques années j’ai rencontré une famille marocaine dans les quartiers Nord de Marseille. Nous sommes devenus amis. Ils habitaient dans un ensemble très soigné, ce qui n’est pas habituel dans les banlieues. Pas de graffitis, pas de papiers par terre, pas des tessons de verre. Un parc avec des jeux pour les enfants, du sable sans vieilles seringues, utilisées par les junkies et jetées comme par vengeance pour blesser les petits. Je demandai à Mohammed comment cela se faisait que cet endroit soit si soigné ? « Nous sommes propriétaires de nos appartements et tenons à la propreté ! » Je pense qu’Emmanuel Macron devrait faire des propositions allant dans ce sens, afin que bien des familles puissent acquérir leur logement. Cela donnerait à la population locale une assise, l’impression d’appartenir à la France, d’être des citoyens à part entière. Un tel modèle est motivant. Mohammed, qui travaille comme agent municipal, a obtenu un crédit avantageux. Pour le rembourser et payer les intérêts, il ne dépense pas plus que s’il devait louer un logement. « Nous avons tous un boulot, même les jeunes. » Cette petite cité est connue en ville et c’est, contrairement aux grands ensembles vétustes des autres quartier, une bonne adresse. Même si on s’y prend très tard, il faut motiver les gens et leur dire qu’ils ont des chances s’ils prennent leur destin en mains. « Je t’assure, nous ne voulons pas être des assistés et être traités comme tels ! » Weiterlesen…

De plus en plus de réfugiés se massent à la frontière allemande du côté de l’Autriche. Où il devrait avoir coopération entre les deux pays, il n’y a que des dissonances. Les autorités de l’État alpin amènent à coup d’autocars des demandeurs d’asile aux portes-mêmes de la République Fédérale et les débarquent jour et nuit sans se poser la question de ce qui adviendrait d’eux. Qu’ils dorment à la belle-étoile ne semble pas les bouleverser outre-mesure. « Qu’ils se débrouillent ! », telle semble être la devise à la Hofburg à Vienne. Ces derniers jours ils ont aussi trafiqué les chiffres, rendant une gestion effective du pays d’accueil qu’est l’Allemagne, impossible. De tels exemples démontrent à quel point le climat de confiance au sein de l’UE est perturbé, pour ne pas dire plus. Des partenaires qui jusque-là vivaient en harmonie se tirent aujourd’hui dans les jambes. Le sauve-qui-peut semble être la règle en Autriche et ailleurs. On fait transiter le plus rapidement possible le flux migratoire en espérant se débarrasser au plus vite de ces hôtes indésirables. Humainement un tel comportement peut être taxé de vil. Diplomatiquement nous pourrions nous acheminer vers un effondrement. Je ne comprends pas à quel point les dirigeants manquent de jugement. Ils improvisent des situations qui auraient pu être négociées depuis des années. Du point de vue éthique, Madame Merkel a agi correctement. Mais a-t-elle su ce qu’elle engendrait ? Je ne le pense pas. Contrairement aux règles appliquées au sein de l’espace Schengen, les contrôles frontaliers s’étendront jusqu’à la mi-novembre, peut-être même jusqu’en février. Weiterlesen…