Jair Bolsonaro, le candidat de l’extrême-droite brésilienne, a été poignardé cette nuit. Il est grièvement blessé et il est à craindre qu’il ne puisse pas participer au premier tour de la présidentielle le 7 octobre. Une fois de plus la politique est en otage de la violence. Un phénomène de plus en plus courant et qui perturbe le bon fonctionnement des institutions démocratiques. Il faut dire que la victime a attisé l’atmosphère d’un cran de plus par des déclarations, dites musclées, contre les homosexuels et les leaders de gauche. Depuis que l’ancien président Lula ne peut pas, par arrêté de justice, participer au scrutin. Plus de 30 % de la population se sent flouée, d’autant plus que le leader socialiste était largement en tête des sondages. La classe politique a évidemment condamné cet attentat, probablement perpétré par un malade mental. Le parti de Jair Bolsonaro a immédiatement essayé d’en tirer avantage électoralement, déclarant que ce déséquilibré avait été dans le passé un membre d’un parti de gauche. Je prends à chaud cet évènement déplorable afin d’apporter la preuve à quel point la politique est instable. Le phénomène de l’assassinat de personnalités publiques fait partie depuis la nuit des temps, de la panoplie des activistes, peu importe de quel bord ils sont. Mais il faut malheureusement en tenir compte. De même pour les évènements de Chemnitz, où la victime a été un citoyen commun. Même si au départ, c’était une rixe, le fait est que ce meurtre a été instrumentalisé par l’extrême-droite a des fins politiques. Une récupération nauséabonde qui porte malheureusement ses fruits. Je pense que dans les moments d’exaspération que nous vivons actuellement, la recrudescence de la violence gagnera du terrain et risque de dominer, comme ce matin, la une des journaux. On reprochera une fois de plus à la presse d’être un agent provocateur, mais faut-il se taire face à de tels événements ? Weiterlesen

Luiz Inacio Lula da Silva ne va pas lâcher du lest, après que sa candidature aux élections à la présidentielle qui a été invalidée par le tribunal électoral. L’ancien président (2003-2010) qui a été condamné à une peine de plus de 12 ans pour corruption, on l’accuse d’avoir reçu un appartement avec vue sur mer, en cadeau de la part d’une compagnie immobilière, qui désirait en retirer des avantages dans l’attribution de commandes publiques. Lula a réfuté ces accusations et pense qu’il est la victime d’un complot visant à faire passer l’extrême-droite au mois d’octobre. Le dernier sondage de l’institut Datafolha le met avec 39 % des intentions de vote au premier tour en tête des sondages, soit 20 points de plus que le deuxième, le député d’extrême droite Jair Bolsonaro. Ce sera probablement Fernando Haddad, l’ancien maire de Sao Paulo, que le parti des travailleurs mettra à sa place si l’arrêté du tribunal est confirmé. Ce dernier brigue pour l’instant la vice-présidence. Mais le parti ne laissera pas tomber Lula. Il fera appel de cette décision auprès du tribunal constitutionnel. Voilà pour les faits, mais une chose est certaine, le Brésil se trouve une fois de plus dans une situation des plus précaires. Il se pourrait que l’atmosphère s’embrase et que le peuple prenne « pignon sur rue », avec les conséquences qu’on connaît. Quel sera l’attitude de l’armée ? Elle a probablement plus de sympathie pour Jair Bolsonaro, le leader de l’extrême-droite, homophobe, raciste et totalement intolérant que pour une gauche qui aspire à plus d’équité. Il y a du Pinochet dans l’air !

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Le légendaire président Lula, l’icône de la gauche brésilienne, a été condamné à 9 ans et demi de prison pour corruption. Ceci dans un pays secoué par les affaires plus ou moins sulfureuses. L’actuel chef d’État, Michel Temer, l’homme qui a fait destituer Dilma Rousseff, se voit aussi reproché de combines plus ou moins correctes. C’est dire qu’il est difficile pour tout observateur de faire la part des chose concernant le procès Lula. Il a fait appel en prétendant que les accusations dont il était la victimes, étaient un tissu de mensonges. Tout est possible au Brésil à l’heure actuelle, mais une chose semble néanmoins être sûre, c’est que le régime est pourri, quel que soit le parti au pouvoir. Pour un pays émergeant ayant connu de graves revers économiques, cette situation est le moins qu’on puisse dire bancale. Pour sortir de l’ornière, ce grand pays aurait besoin de quiétude. Mais comment y arriver lorsque la haine semble avoir pris le dessus ? Mais malgré mes doutes, j’ai toujours un sentiment désagréable quand des gens de gauche sont mis en rapport avec de telles doutes, eux qui devraient prôner la correction et ceci au nom des plus dépourvus. Mais une chose est claire, l’appât du gain ne connaît pas de frontières. Je suis toujours à nouveau sidéré de l’importance que le matérialisme prend aussi chez ceux qui prônent la moralité. Et c’est là que la notion de l’excellence, pour Emmanuel Macron l’étalon incontournable, est à peine applicable, car elle ne tient pas compte de la vénalité humaine. Est-elle pour autant utopique ? Peut-être, mais cela devrait être le but recherché. Dans un monde où tout ne s’obtient qu’à coups de coudes, il est difficile de dissocier la volonté d’arriver avec les méthodes plus ou moins musclées appliquées par ceux qui veulent faire carrière. Weiterlesen

Pourquoi écrire un article sur la procédure de destitution de Dilma Roussef, la présidente du Brésil ? Avant tout pour démontrer dans quel dilemme se trouve la gauche un peu partout dans le monde. Une partie d’équilibre entre le pragmatisme et l’utopie d’une nouvelle société plus juste. Le parlement a voté majoritairement l’ouverture des mesures à prendre pour éloigner du pouvoir la cheffe d’État. Deux tiers des députés se sont prononcés pour. Le sénat se saisira lui-aussi de cette initiative. S’il l’approuvait, la présidente serait tout d’abord mise en congé, afin d’avoir le temps de faire une enquête à son sujet. Comment a-t-on pu en arriver là ? On lui reproche avant tout d’avoir manipulé des comptes, afin de masquer la réalité concernant la situation financière du pays. Et ceci pour se faire réélire. Elle ne s’est pas enrichie au détour, comme c’est souvent le cas dans ce grand pays, talonné constamment par la corruption. Lorsqu’on sait que la plupart des présidents ont eu recours à de les combines, il est permis de se poser la question de ce qui a pu arriver. Les médias considèrent Dilma Roussef comme étant cassante, n’ayant pas su attirer le peuple à la soutenir dans ces semaines pénibles. Il y a aussi le mirage du miracle économique brésilien. Cette nation étant considérée comme un pays émergeant a eu la folie des grandeurs, comme pour le championnat du monde de foot et dans peu de mois les jeux olympiques. Tout d’abord le gouvernement de gauche a fait des cadeaux au plus démunis, pour se rendre ensuite compte que sans une politique d’austérité le Brésil courrait à sa ruine. Ce chassé-croisé a très mal été perçu, en particuliers par tous ceux qui votent à gauche. Elle a été accusée de trahison ! Voici le cœur du problème qui ruine en ce moment tout le socialisme. L’impossibilité de financer des mesures sociales indispensables. Si l’économie n’est pas en mesure d’apporter les moyens matériels, la machine se cabre. Weiterlesen