Djokhar Tsarnaev, l’auteur de l’attentat de Boston au printemps 2013, a été condamné à mort par un jury populaire. Il y a eu unanimité. Ce qui s’est passé justifie une peine lourde, mais je ne peux pas accepter le principe d’une exécution capitale. Ce jeune homme de 21 ans mériterait certes de passer le reste de sa vie en captivité, mais lui faire infliger une piqûre létale est un pas qu’aucun tribunal devrait imposer. Dans un tel verdict l’esprit de vengeance joue un rôle certain. Aussi les préjugés raciaux ou sociaux ne sont pas tout à fait étrangers à une décision qui devrait être prise dans un maximum de quiétude. L’histoire nous a démontré que la mort occasionnée par arrêté judiciaire se transforme souvent en un spectacle. Ceci pour intimider tous ceux qui pourraient commettre des actes délictueux. Une manière aussi d’imposer son pouvoir par la force. Une société civilisée ne peut pas agir ainsi. Je suis étonné que cela se soit passé à Boston, une ville libérale ayant une tradition intellectuelle. Nous nous trouvons pas au far west, loin de là. La peine capitale n’y est pas de mise. Weiterlesen

Le Vatican vient de signer avec l’autorité palestinienne un accord concernant la place et les droits de l’Église dans ce territoire. Cela n’a pas plu à Israël, considérant que cet acte pourrait accélérer le processus de reconnaissance d’un État, qui à ses yeux, n’a pas le moindre droit d’exister. Je serais le premier à saluer un accord entre les deux communautés, à encourager tous mouvements ayant comme but la paix, mais il est vain d’attendre du nouveau gouvernement Netanyahu qu’il lâche du lest. Au contraire ! Il va aggraver le conflit en proférant des menaces belliqueuses contre ses voisins. Un réflexe connu dans les agissements d’une droite dure et pure, que je qualifierais d’extrême. Les Juifs libéraux ne peuvent pas se reconnaître dans de telles diatribes qui n’ont qu’un but, celles d’attiser la haine. Ce n’est pas un message compatible par rapport à tous ceux qui ont échappé par miracle à l’holocauste. Il creuse des fossés au lieu d’apaiser les passions. Le Pape a dans de telles conditions bien fait d’agir de la sorte. Il donne le feu vert à tous ceux qui hésitent encore à tendre la main aux Palestiniens. Je ne peux qu’encourager les gouvernements européens à le faire et de manifester ainsi leur solidarité à des populations réprimées. Mais cela ne veut pas dire que j’encourage certaines revendications venant du monde arabe. Je condamne sans équivoque tous ceux qui veulent éliminer Israël de la carte du monde, qui veulent jeter ses habitants à la mer. Weiterlesen

L’université du Maryland a publié une étude, où il est démontré que 42,1 % des colonies d’abeilles ont été décimées entre avril 2014 et avril 2015. Ceci en particulier dans le « Corn Belt », le silo à grains des USA. Les pesticides ne sont pas en mesure de faire le choix entre les bons et les mauvais insectes. Ils peuvent être considérés comme le zyklon b de l’agriculture. L’appât du gain nous entraîne à la catastrophe. Pour éviter « des dommages » on élimine sans discernement tout ce qui pourrait nuire à une « belle récolte ». Parmi les victimes : les abeilles ! Cet exemple démontre bien à quel point nous sommes aveugles. Avons-nous oublié que sans elles il ne peut pas y avoir une fécondation naturelle, que nos arbres fruitiers courent à leur mort lente, que les forêts ne peuvent pas se régénérer ? Et ceci pour maintenir le cours du blé dans une fourchette financière soi-disant stable. Le consommateur refuse de dépenser plus pour sa nourriture, même si elle garantit sa vie. Le bon-marché exige des agriculteurs qu’ils produisent le plus possible afin de faire du bon marché ! Pour y arriver, seule la chimie peut intervenir. Une hérésie ! Weiterlesen

Prolétaires du monde entier, unissez-vous ! C’est ce que chaque citoyen associe lorsqu’il est question du premier mai. Une mer de drapeaux rouges dans des défilés glorifiant le rôle joué par les travailleurs. Un petit relent d’Internationale et tout peu démarrer. C’est un des côtés des commémorations. Mais il y a aussi la fête de la Pucelle, de Jeanne d’Arc, l’héroïne de l’unité française, celle qui a osé défier les envahisseurs anglais et qui a fait couronner Charles VII. Une femme de tête et de poigne. C’est Charles Maurras le premier qui a eu l’idée de la récupérer pour la droite. Le FN a suivi cet ensemble et la fête depuis chaque année au 1er mai. L’occasion pour la famille Le Pen de pavoiser au cours d’un cortège qui rassemble l’extrême-droite de la rue de Rivoli à l’Opéra. Qu’aurait-elle dit si elle le savait ? Nul ne peut le dire exactement. La récupération du patriotisme, incarné par elle, me met mal à l’aise. Cela veut dire que la Sainte, aux yeux des militants FN, les a choisi comme étant les seuls en mesure de sauver la France contre les intrus. Aujourd’hui ils ne s’appellent pas, dans l’optique lepéniste, John, Edgar ou Merry, mais Mustapha, Ahmed ou Aïcha. Ils ont fait de Jeanne d’Arc le symbole du racisme, de l’exclusion et d’un nationalisme borné. C’est totalement méconnaître son message, celui de la résistance. Weiterlesen

Agnès Saal. PDG de Institut national de l’audiovisuel, n’y va pas de main morte. En dix mois elle a dépensé plus de 40.000 € de frais de taxi. Et ceci en ayant une voiture de service plus un chauffeur. L’énarque n’a pas hésité de facturer des déplacements personnels. Cette somme a été remboursée. Ce scandale n’est pas à mes yeux un fait divers. Il démontre à quel point certains « serviteurs de l’État » gèrent l’argent qui leur est confié. Et ceci à une époque où les caisses sont plus ou moins vides. Mettez-vous à la place des chômeurs, des jeunes qui n’ont aucune chance de pouvoir vivre décemment, sans parler des retraités qui tirent le diable par la queue. Ils doivent se dire que tout est plus ou moins pourri. La ministre de la culture, Fleur Pellerin, a du tirer la sonnette d’alarme et l’a congédiée sur le champ. Elle a déclaré dans un communiqué « son attachement très ferme à l’exemplarité des dirigeants des organismes publics placés sous sa tutelle ». Elle ne pouvait pas faire autrement. Mais un fait majeur reste : si Agnès Saal a pu se permettre de tels excès, cela veut dire que le contrôle financier n’a pas fonctionné. Donner à des responsables toutes latitudes est digne d’un système féodal. Dès que les deniers publics sont concernés, l’audit devrait être impitoyable. Weiterlesen

Depuis que les liens sociaux sur internet offrent à chacun une plate-forme où il est possible de s’exprimer librement, le journalisme classique doit se restructurer. Il ne pourra que survivre que s’il mène des enquêtes approfondies sur des sujets politiques, économiques ou de société. Il ne peut pas être le porte-parole de certains lobbys ou reproduire des informations sans avoir effectué des recherches. Ne nous faisons pas d’illusions. Ce n’est pas une sinécure. Pendant près de trois décennies j’ai fait ce qu’on nomme du journalisme d’investigation. Il y avait des risques à prendre tant au point de vue professionnel que dans le privé. Lorsqu’on aborde un sujet délicat, il faut se mouiller, ce qui n’est pas toujours évident lorsqu’on a une famille. On est sujet à des attaques judiciaires qui peuvent vous ruiner. Les personnes ou les sociétés concernées par de tels articles ou de tels films n’hésitent parfois pas à vous diffamer ou à vous dénoncer au fisc pour cause de détournement. Tout les moyens sont bons pour vous intimider. J’ai rencontré des collègues qui n’avaient plus de travail parce qu’ils ont fait leur travail correctement. L’ingérence de la politique ne facilite pas les choses. La plupart des publications ou des sociétés audiovisuelles sont soumises à des pressions incessantes de la part des décideurs. Officiellement rien ne sera dit contre la liberté de la presse, mais la menace de ne plus faire de pub dans un journal, « pour des raisons financières », suffit à rendre docile bien des rédacteurs en chef. C’est ce que je nommerais la censure occulte. Weiterlesen

Comme Jeoren Dijsselbloem l’a affirmé après la séance des ministres des finances de la zone euro, qui s’est tenue vendredi dernier à Riga, il y a encore de graves problèmes en ce qui concerne la Grèce. Yannis Varoufakis a déclaré qu’il fallait accélérer la procédure, ignorant que c’est lui le principal frein. Depuis août dernier il n’y a plus eu de versements. La somme en question est de 7,2 milliards bouclant ainsi les 240 milliards prêtés depuis 2010. Le 1er mai le gouvernement d’Athènes doit s’acquitter d’un remboursement de 200 millions d’euros, le 12 du même mois, 750 millions. Il est assez incompréhensible pour un observateur que les grecs ne soient pas affolés, au contraire. Ils ressemblent plutôt à des joueurs jouant leurs derniers deniers au petit-matin dans un casino, pas à des individus entrain de se noyer et cherchant à s’agripper aux mains que leurs tendent des sauveurs. Est-ce du suicide ? Non, il s’agit d’une partie de poker-menteur, où celui qui a les nerfs les plus solides sortira vainqueur. Même si les chiffres ne me donnent pas raison, je ne crois pas que la Grèce a les plus mauvaises cartes. Weiterlesen

Ferdinand Piëch, le président du conseil de surveillance de Volkswagen a jeté l’éponge. Depuis des décennies il a marqué de sa griffe l’histoire de l’automobile. Petit-fils du fondateur du groupe, il a été comme lui un ingénieur visionnaire. Il a donné à cette multinationale, au temps où il a été son PDG, un profil axé sur l’avenir. Il était conscient que les relents du national-socialisme ne lui étaient pas propices. Hitler avait donné l’ordre de produire une voiture que « Monsieur Tout le monde » serait en mesure d’acheter. Une manière d’amadouer les foules à l’orée de la deuxième guerre mondiale. Pour la propagande l’occasion de se profiler comme étant à la pointe du progrès, tant du point de vue technique que social. Ferdinand Piëch était parfaitement conscient qu’il fallait tourner la page, de concevoir de nouveaux produits et de donner un coup de fouet à une politique d’expansion. La réussite d’Audi en est le témoignage. Il a démontré qu’il pouvait aussi produire du luxe, tenir tête à BMW ou à Daimler-Benz. Lorsqu’il s’est mis quelque chose en tête, il l’imposait à son entourage. Il croyait qu’il suffisait de lâcher une phrase assassine, comme c’était le cas pour Martin Winterkorn, l’actuel patron, et que tout le monde se plierait à sa volonté, celle de le limoger. Le patriarche n’a pas pensé qu’il ne trouverait pas une majorité au sein du conseil de présidence. Ses cousins, la famille Porsche, ne l’ont pas soutenu. De même les représentants du personnel, les syndicalistes et le Land de Basse-Saxe, un actionnaire des plus importants de VW. Weiterlesen