Comme Jeoren Dijsselbloem l’a affirmé après la séance des ministres des finances de la zone euro, qui s’est tenue vendredi dernier à Riga, il y a encore de graves problèmes en ce qui concerne la Grèce. Yannis Varoufakis a déclaré qu’il fallait accélérer la procédure, ignorant que c’est lui le principal frein. Depuis août dernier il n’y a plus eu de versements. La somme en question est de 7,2 milliards bouclant ainsi les 240 milliards prêtés depuis 2010. Le 1er mai le gouvernement d’Athènes doit s’acquitter d’un remboursement de 200 millions d’euros, le 12 du même mois, 750 millions. Il est assez incompréhensible pour un observateur que les grecs ne soient pas affolés, au contraire. Ils ressemblent plutôt à des joueurs jouant leurs derniers deniers au petit-matin dans un casino, pas à des individus entrain de se noyer et cherchant à s’agripper aux mains que leurs tendent des sauveurs. Est-ce du suicide ? Non, il s’agit d’une partie de poker-menteur, où celui qui a les nerfs les plus solides sortira vainqueur. Même si les chiffres ne me donnent pas raison, je ne crois pas que la Grèce a les plus mauvaises cartes.

Alexis Tsipras sait parfaitement bien que ce qu’un échec pourrait représenter pour l’UE. Le départ de son pays de la zone euro aurait des répercussions politiques désastreuses pour tout le continent. Le sachant, il met ses partenaires sous pression et ceci jusqu’à l’ultime instant. Ce que des gens malintentionnés pourraient qualifier de chantage est en fait un jeu stratégique. C’est de bonne guerre ! N’allez surtout pas croire que je me fais le chantre de telles méthodes, mais je dois avouer qu’elles m’inspirent une certaine admiration. Par contre il est assez déconcertant que nous n’avons pas encore trouvé une réponse pour contrecarrer de tels agissements. Nous avons beau prétendre acculer la Grèce à la ruine, elle ne se fait pas intimider par de telles déclarations, car elle sait parfaitement qu’il ne reste pas d’autres alternatives à l’UE que de la sauver. Si nous suivions l’avis des partisans d’une attitude intransigeante, je pense qu’à court terme il n’y aurait pas de collapse économique, mais qu’en serait-il pour l’avenir ? Nous nous retrouverions dans une Europe divisée, égoïste où le nationalisme reprendrait ses droits. Une menace pour la paix ! L’histoire nous a démontré où cela pouvait mener. Alexis Tsipras et son ministre des finances jouent avec le feu en considérant la rupture comme une alternative. S’ils aiment le peuple comme ils le prétendent, ils ne peuvent pas la provoquer. La ruine intégrale en serait la conséquence. Mais allez dire à des flambeurs de se modérer. C’est une utopie ! Le malheur veut que dans certains cas de telles attitudes ont été couronnées momentanément de succès. Les accords de Munich de 1938 me reviennent à l’esprit. Mais qu’elles ont été les conséquences ? Un désastre unilatéral. Je pense que les créanciers de la Grèce font bien de ne pas céder, mais ils doivent trouver des issues supportables pour un pays traumatisé. Sinon nous serions tous piégés ! Il est à craindre que nous allons traîner encore longtemps le boulet que représente la faillite grecque. Ce que le Syriza cherche à obtenir, c’est de ne pas se désavouer face à ses électeurs. Mais vouloir imposer des promesses qu’il est impossible de tenir, tient de l’aveuglement! « Faites vos jeux, rien ne va plus ! ».

pm

http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20150424.AFP5814/grece-pas-d-accord-attendu-lors-de-l-eurogroupe-progres-insuffisants.html

Pierre Mathias

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