Agnès Saal. PDG de Institut national de l’audiovisuel, n’y va pas de main morte. En dix mois elle a dépensé plus de 40.000 € de frais de taxi. Et ceci en ayant une voiture de service plus un chauffeur. L’énarque n’a pas hésité de facturer des déplacements personnels. Cette somme a été remboursée. Ce scandale n’est pas à mes yeux un fait divers. Il démontre à quel point certains « serviteurs de l’État » gèrent l’argent qui leur est confié. Et ceci à une époque où les caisses sont plus ou moins vides. Mettez-vous à la place des chômeurs, des jeunes qui n’ont aucune chance de pouvoir vivre décemment, sans parler des retraités qui tirent le diable par la queue. Ils doivent se dire que tout est plus ou moins pourri. La ministre de la culture, Fleur Pellerin, a du tirer la sonnette d’alarme et l’a congédiée sur le champ. Elle a déclaré dans un communiqué « son attachement très ferme à l’exemplarité des dirigeants des organismes publics placés sous sa tutelle ». Elle ne pouvait pas faire autrement. Mais un fait majeur reste : si Agnès Saal a pu se permettre de tels excès, cela veut dire que le contrôle financier n’a pas fonctionné. Donner à des responsables toutes latitudes est digne d’un système féodal. Dès que les deniers publics sont concernés, l’audit devrait être impitoyable.

J’attends des commis de l’État qu’ils rendent compte des moindres dépenses qu’ils occasionnent. C’est le bon droit du contribuable de savoir exactement ce qui se passe avec ses impôts. Une fois de plus la transparence n’a pas fonctionné. Ce n’est sûrement pas un cas unique. Dans de telles conditions son ministre de tutelle devrait aussi en payer les conséquences. Je ne pense pas qu’il soit possible de tirer un trait et de continuer comme si de rien n’était. Lorsqu’on sait que le budget alloué à la culture est soumis à de grandes restrictions, que bon nombre de communes ont dû cette année renvoyer des spectacles prévus pour raison d’économie ou que la production audiovisuelle stagne, la rage me vient au cœur. Agnès Saal y a-t-elle pensé ? Je pense que l’arrogance de certains énarques dépasse de telles considérations. Certains ont pris en otage l’administration et se croient permis de se comporter comme si l’argent leur appartenait personnellement. Ce cas démontre à quel point l’éthique qu’on serait permis d’attendre de telles personnes est tombée dans un trou noir. Je suis persuadé que la PDG de l’INA ne se sent aucunement coupable. Cela lui était dû, devait-elle se dire. Au nom de quoi ? Ne serait-il pas le moment de faire un état des lieux général au sein du service public ? L’occasion de faire table rase de tous les abus ? Il n’est pas étonnant que bon nombre de citoyens deviennent des populistes purs et durs qui exigent des coupes sombres dans les dépenses de l’État, pas surprenant qu’ils considèrent un grand nombre de dirigeants comme des félons. Une généralité que je ne peux pas admettre. Bon nombre de politiciens et de hauts fonctionnaires sont parfaitement honnêtes. Ce genre de déclarations nuit à la stabilité de la République. Mais personne ne peut s’en étonner après ce qui s’est passé à l’INA. Ne serait-il pas opportun de porter plainte ? De régler cette histoire en justice ? Et ceci pour bien faire comprendre aux responsables qu’ils ne peuvent pas agir à leur guise !

pm

http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2015/04/28/la-pdg-de-l-ina-demissionne-a-la-demande-de-la-rue-de-valois_4624523_3236.html

Pierre Mathias

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