Le Vatican vient de signer avec l’autorité palestinienne un accord concernant la place et les droits de l’Église dans ce territoire. Cela n’a pas plu à Israël, considérant que cet acte pourrait accélérer le processus de reconnaissance d’un État, qui à ses yeux, n’a pas le moindre droit d’exister. Je serais le premier à saluer un accord entre les deux communautés, à encourager tous mouvements ayant comme but la paix, mais il est vain d’attendre du nouveau gouvernement Netanyahu qu’il lâche du lest. Au contraire ! Il va aggraver le conflit en proférant des menaces belliqueuses contre ses voisins. Un réflexe connu dans les agissements d’une droite dure et pure, que je qualifierais d’extrême. Les Juifs libéraux ne peuvent pas se reconnaître dans de telles diatribes qui n’ont qu’un but, celles d’attiser la haine. Ce n’est pas un message compatible par rapport à tous ceux qui ont échappé par miracle à l’holocauste. Il creuse des fossés au lieu d’apaiser les passions. Le Pape a dans de telles conditions bien fait d’agir de la sorte. Il donne le feu vert à tous ceux qui hésitent encore à tendre la main aux Palestiniens. Je ne peux qu’encourager les gouvernements européens à le faire et de manifester ainsi leur solidarité à des populations réprimées. Mais cela ne veut pas dire que j’encourage certaines revendications venant du monde arabe. Je condamne sans équivoque tous ceux qui veulent éliminer Israël de la carte du monde, qui veulent jeter ses habitants à la mer.

Je trouve de telles déclarations tout aussi inadmissibles que la construction, en Cisjordanie, de nouvelles colonies juives. Au contraire : il faudrait rapatrier tous leurs habitants à Tel Aviv ou ailleurs. Pourquoi ? Parce qu’elles ne peuvent qu’engendrer la discorde. Qu’on le veuille ou non, c’est ce que veut Netanyahu et ses acolytes. Il est regrettable que le changement tant souhaité par tous ceux qui sont épris de paix n’a pas pu avoir lieu. L’extrémisme empoisonne depuis des décennies toute la région, peu importe de quel côté on se trouve. Je pense que tous ceux qui ont élu le nouveau « Premier » ont choisi la guerre. Ont-ils conscience où cela peut mener ? Les forces qui gouvernent le pays ne sont pas tolérantes et refusent le dialogue. Elles condamnent tous ceux qui n’émettent pas le même avis et les considèrent comme étant antisémites. Une attitude que je ne peux pas accepter ! Je suis pour un État Israélien et un État Palestinien respectant les droits de l’homme. L’amalgame entre la religion et la politique est pour moi une hérésie. Je la condamne sans rémission. Je sais que certains lecteurs s’offusqueront en lisant ces lignes, mais comme descendant des victimes du nazisme je me permets d’élever la voix, que cela plaise ou non. J’accorde à tous le droit de se défendre, mais pas d’attaquer pour raisons d’impérialisme des personnes n’aspirant qu’à la paix. Et ceci des deux côtés ! Le Vatican a bien compris qu’il devait faire un premier pas. Il l’a fait ! Je ne peux que m’en féliciter espérant que cela fera réfléchir certains faucons ? Illusions ! Ce sont des machos qui craignent perdre de leur superbe en faisant un pas en direction de leurs adversaires. Benjamin Netanyahu n’a sûrement pas pris note qu’il est un apprenti-sorcier qui risque de mettre à feu et à sang tout le Proche-Orient, comme l’a fait un Bachar al-Assad. Sans vouloir les comparer, qu’une chose compte pour eux : le pouvoir ! Encourageant !

pm

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20150514.OBS8964/la-reconnaissance-de-la-palestine-par-le-pape-un-symbole-fort.html

Pierre Mathias

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