J’ai de plus en plus d’estime pour le pape François. Son voyage en Pologne démontre une fois de plus qu’il ne mâche pas ses mots. Lors de la première journée de son séjour il a exhorté les Polonais a montré plus de générosité envers les réfugiés. Il a fait comprendre à ses auditeurs, que le refus d’accorder son aide à des personnes fugitives n’était pas conforme à l’Évangile. Puis dans un autre discours il a insisté que la Pologne ne s’isole pas au sein de l’Europe. Une formule plus que diplomatique qui veut tout dire. Il entend par là la mise au pas de la justice, la censure exercée sur la presse et les restrictions que subissent tous ceux qui ne sont pas au diapason avec le régime. Le gouvernement polonais ne va pas encore aussi loin que le président turc, mais s’il avait les moyens de le faire, il n’hésiterait probablement pas. Le Pape exprime son inquiétude quant à l’équilibre démocratique du continent. Il est conscient que par les temps qui courent, les citoyens épris de liberté doivent resserrer les rangs. Si on veut faire face efficacement au danger du terrorisme islamique, il ne faut pas se tirer dans les jambes. C’est exactement ce qui se passe malheureusement actuellement. L’EI ne peut que se réjouir d’avoir ainsi semé la discorde au sein de l’UE. Le Saint père a sûrement pris acte de la réponse cynique de la première ministre polonaise lorsque la commission européenne a évoqué que certaines de lois approuvée par la majorité hyper-conservatrice au parlement n’étaient pas conformes aux décisions prisent à Bruxelles, qu’il y avait violation en ce qui concerne les libertés citoyennes. Elle a tout simplement répondu qu’il y avait d’autres chats à fouetter, comme le combat contre le terrorisme. Weiterlesen…

La nouvelle loi pouvant condamner tous journalistes de 23.000 à 58.000 euros d’amende s’ils contestent une déclaration officielle concernant le terrorisme en Égypte, est une menace de mort pour la liberté de la presse. Parallèlement à ces mesures, toutes personnes concernées peuvent être interdites de publier quoi que ce soit pendant une année. Quelles seraient pour une petite publication les chances de survie ? Aucunes ! Abdel Fatah Al-Sissi démontre ainsi qu’il est bel et bien un dictateur. Ces attaques contre nos collègues deviennent de plus en plus fréquentes. La tentation d’y avoir recours même dans des démocraties éclairées, ne peut être nié. Mais c’est une parfaite illusion de croire, qu’il est encore possible de laisser sous couvert toutes informations désagréables pour les gouvernants. L’internet a rendu impossible ce genre de pratique. Plus personnes n’en est à l’abri. C’est une bonne chose en principe, tant que ces nouvelles ont un caractère professionnel. Ce n’est dans bien des cas plus le cas ! L’information brute submerge le net et rend de plus en plus difficile pour l’internaute de se faire une idée précise ce dont il est question. Une publication bien faite est forcée d’analyser l’événement. Son but est de donner au lecteur des vues diversifiées, pouvant ainsi forger des opinions indépendantes. C’est le rôle essentiel du journalisme ! En le rendant caduque, comme d’est le cas aujourd’hui en Égypte, on favorise le totalitarisme. À la longue tous pays ayant eu recours à la censure, en sortent affaiblis. Le débat est une garantie de survie pour la marche des États. C’est le correctif nécessaire à des décisions pouvant influer à long terme un pays. Je suis toujours à nouveau étonné par la peur des politiques envers la presse. Pour certains cela équivaut à une paralysie de l’esprit. Ils se voient attaqués de tous les côtés et évitent de se poser la question pourquoi ? Il serait indispensable dans un tel contexte, que tous ceux qui veulent se lancer dans la politique apprennent à se comporter envers les attaques des journalistes. Vouloir les museler est la plus mauvaise méthode qui soit. Il faut convaincre, non pas interdire ! Ce qui se passe au bord du Nil, est un réflexe que nous pourrions bien constater aussi sous nos latitudes. Tous politiciens peu sûres d’eux-mêmes ont recours à la répression, lorsqu’ils se sentent acculés. L’exemple de Vladimir Poutine entre dans un tel cadre. Un potentat cherche toujours à se faire passer pour la providence. C’est un peu comme avec la croyance : il ne faut pas la mettre en doute ! Et quel serait l’attitude à prendre de la part des journalistes ? Ils ne peuvent que résister ! Mais tout le monde n’a pas le caractère d’un martyre. Il faut une bonne dose de courage et d’abnégation pour pouvoir résister. Bon nombre de personnes ont été torturées ou tuées, jetées en prison. J’admire leur esprit intransigeant, mais dois reconnaître que leurs actions n’ont pas été soutenues par ceux qui devraient en profiter. Je veux parler des citoyens qui se comportent avec beaucoup de passivité. Où est la levée de boucliers en Égypte par exemple. Elle doit se limiter à une poignée d’intellectuels ! Le peuple à mon avis soutient de telles mesures. Le président le sait bien, la raison pour laquelle il n’a rien à craindre. Dans ce conteste une chose est claire : le courage n’est pas mis à l’honneur !

pm

http://www.lemonde.fr/international/article/2015/08/17/liberte-de-la-presse-l-egypte-adopte-une-loi-controversee_4727346_3210.html

Pierre Mathias

Le big boss de Vivendi, Vincent Bolloré, s’est attaqué à une vache sacrée : les Guignols. Comme principal actionnaire de Canal+ il a marqué ainsi son intention d’effectuer des changements. Rodolphe Belmer, le directeur, a été forcé de prendre son chapeau. Sans la solidarité d’un très grand nombre de téléspectateurs qui ont signé une motion en faveur de l’émission, les Guignols seraient passés à la trappe. Il est vrai que pendant les dernières années elle n’a pas subi les changements nécessaires. Les poupées n’ont guère évolué. Mais ce n’est pas le sujet que je veux aborder. Il en va de la mainmise du capital sur la liberté de pensée. Alain Juppé, François Hollande et bien d’autres politiciens se sont élevés contre cet oukase, sachant qu’il était un acte de censure, même si le protagoniste principal évoque d’autres raisons. Après l’attentat de Charly hebdo, toutes atteintes à la satyre, ne peuvent pas être cautionnées. Comme le Président l’a fait remarquer, elle fait partie de notre identité culturelle. Comme c’était le cas des fous sous la monarchie, il est indispensable de laisser place à la critique. Maintenant elle fait partie de la démocratie et est entrée dans les mœurs. Vincent Bolloré l’a compris et a dû faire marche-arrière, ce qui est une bonne nouvelle. Mais cet incident a démontré à quel point il est nécessaire de défendre nos libertés. Weiterlesen…

Depuis que les liens sociaux sur internet offrent à chacun une plate-forme où il est possible de s’exprimer librement, le journalisme classique doit se restructurer. Il ne pourra que survivre que s’il mène des enquêtes approfondies sur des sujets politiques, économiques ou de société. Il ne peut pas être le porte-parole de certains lobbys ou reproduire des informations sans avoir effectué des recherches. Ne nous faisons pas d’illusions. Ce n’est pas une sinécure. Pendant près de trois décennies j’ai fait ce qu’on nomme du journalisme d’investigation. Il y avait des risques à prendre tant au point de vue professionnel que dans le privé. Lorsqu’on aborde un sujet délicat, il faut se mouiller, ce qui n’est pas toujours évident lorsqu’on a une famille. On est sujet à des attaques judiciaires qui peuvent vous ruiner. Les personnes ou les sociétés concernées par de tels articles ou de tels films n’hésitent parfois pas à vous diffamer ou à vous dénoncer au fisc pour cause de détournement. Tout les moyens sont bons pour vous intimider. J’ai rencontré des collègues qui n’avaient plus de travail parce qu’ils ont fait leur travail correctement. L’ingérence de la politique ne facilite pas les choses. La plupart des publications ou des sociétés audiovisuelles sont soumises à des pressions incessantes de la part des décideurs. Officiellement rien ne sera dit contre la liberté de la presse, mais la menace de ne plus faire de pub dans un journal, « pour des raisons financières », suffit à rendre docile bien des rédacteurs en chef. C’est ce que je nommerais la censure occulte. Weiterlesen…