Cela a ressemblé à un carnage ce qui s’est passé avec Andrea Nahles, la présidente du SPD. Elle a été littéralement obligée de jeter l’éponge. Les critiques envers elle ont été d’une rare cruauté. Je n’étais pas un de ses partisans inconditionnels, la trouvant, malgré ses grandes qualités intellectuelles, parfois un peu déplacée dans ses interventions. Elle n’a pas su donner un nouvel élan à son parti, n’a pas eu le courage de jeter par dessus bord des slogans du passé, qui n’attirent plus personne aujourd’hui. Elle a été le capitaine d’un bateau ivre qui n’avait plus accès à un port. Malgré un naturel plutôt volontariste, elle a butté contre les dogmes du SPD, qui le paralysent au lieu de lui donner une structure. Une fois de plus on s’en est pris aux personnes au lieu de faire un examen de conscience en ce qui concerne les objectifs à atteindre. Comme je l’avais prédit à maintes reprises, je pense que le destin du SPD sera identique, à celui du PS en France. Cela ne m’étonnerait pas, que s’il continue sur cette lancée, il atteigne un jour 6 % des voix. Quelle en est la cause ? Comme ce serait le cas pour un moulin à prière, les thèses évoquées ont fait leur temps. De même que la CDU qui subira le sort des Républicains. La politique allemande traditionnelle est entrain de s’effilocher, car à part les Verts, tout est assez ringard. Qui ne met pas le climat en première place de ses objectifs, est soit aveugle ou réfractaire à la réalité. Il ne sert à rien de jeter l’anathème sur Donald Trump, si on n’est pas en mesure de procéder à une réforme complète de la manière de gérer l’environnement. Andrea Nahles a aussi fait le jeu du lobby de l’automobile en ce qui concerne le diesel et de ses nuisances ou en acceptant sans broncher les normes du CO2 imposées par Angela Merkel à Bruxelles. Il y a certes un lien entre la situation sociale et des mesures environnementales, qui peuvent éliminer des emplois, un problème de taille qui n’a pas été résolu jusqu’à présent, mais il aurait été bon que le SPD ait été plus novateur dans ce domaine. Weiterlesen

La nouvelle présidente de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, a exprimé son inquiétude au sujet du mouvement des gilets jaunes en France. Pas sans raison. Il y a aussi outre-Rhin un ras-le-bol en ce qui concerne l’action du gouvernement de la grande coalition et de Madame Merkel, qui ne manque pas un jour de faire remarquer d’une manière occulte, que son règne arrive à la fin. Elle ne s‘exprime pas verbalement, mais elle est plus figée que jamais et ne prend plus de risques. Une fois de plus elle a suivi l’exemple de certains de ses collègues et n’a pas su débrailler lorsqu’elle a été à l’apogée du pouvoir. Ce qui se passe actuellement ressemble bien à du réchauffé, pas à une relance. Dans la période que nous vivons actuellement une tare qui risque de jouer un mauvais tour à un peuple qui vire de plus en plus à droite. Comme en France, il y a de la récupération du fait des néofascistes. Annegret Kramp-Karrenbauer, comme femme placée plus à gauche que la chancelière, se rend bien compte que son parti est plus ou moins dans l’incapacité de récupérer tous ceux qui avaient votés pour lui et qui ont choisi aujourd’hui l’extrême-droite comme famille politique. Se rabattre sur la gauche démocratique ne lui servirait pas à grand-chose, car le SPD a tellement perdu de plumes, qu’il risque aux prochaines élections de disparaître de l’échiquier politique comme cela a été le cas du PS. Les Verts avec près de 21 % des électeurs ont le vent en poupe et se trouvent en pool-position. Sans parler de l’AfD, qui risque de glaner bien des voix lors des régionales dans les Länder de l’Est. Nous assistons au délabrement de ce qui a été depuis la guerre un gage de stabilité en Allemagne. La grogne est d’autant plus grande, que le système social est d’une injustice flagrante, bien pire qu’en France. En cas de perte de votre emploi vous risquez de vous retrouver le bec dans l’eau sans chance de pouvoir réémerger. Il n’est pas dans la tradition de ce pays, de se remettre en question. Weiterlesen

Vue de Berlin, l’agonie du PS à l’université d’été de La Rochelle, prend l’allure d’une partie de poker-menteur. Olivier Faure, le premier secrétaire, essaie de gagner du temps en montrant une soi-disant quiétude, que je qualifierais plutôt mal à propos. Marie-Noëlle Lienemann, la sénatrice de l’aile gauche du parti, soutient son ami Emmanuel Maurel, qui brille par son absence. N’a-t-il pas l’ambition de rassembler toute la gauche pour les élections européennes ? Jean-Luc Mélenchon et les autres leaders de « La France insoumise » n’attendent-ils pas cela pour se redonner du punch ? Un peu comme si les fossoyeurs étaient devenus des chefs scouts. Que de ruines… que d’espérances perdues ! Parfois je me demande, si Olivier Faure ne ferait pas mieux de mettre la clef sous le paillasson ! Mais que dirait Jean Jaurès ? Il serait triste, profondément tourmenté, lui qui a sacrifié sa vie pour une cause, qui à mes yeux, est encore aujourd’hui des plus nobles, celle de la solidarité envers les démunis, celle de l’empathie pour le peuple. N’est-ce plus que du pipeau ? Bien qu’ayant quitté le PS, parce que je trouvais inepte de soutenir un parti, où les carrières personnelles comptent plus que le contenu d’une politique de gauche, qui devrait dépasser de loin de tels clivages, j’éprouve un profond malaise en voyant ce champ de ruines. Je ne pense pas qu’un rebond soit possible dans de telles conditions. Il est évident que dans une telle ambiance j’essaie de faire des comparaisons avec ce qui se passe actuellement avec le SPD en Allemagne. Weiterlesen

Avant son départ pour les États-Unis, Emmanuel Macron a donné une interview à la chaîne ultra-conservatrice Fox en Anglais. Il a tout d’abord déclaré qu’il ne reculerait pas d’un centimètre en ce qui concerne les réformes amorcées en France. Qu’il avait été élu pour donner au pays une vigueur nouvelle. Même si le renouveau pouvait faire mal, il serait inconcevable qu’il recule. Il voulait donner ainsi au gouvernement américain la certitude, qu’il était un battant, qui avait l’intention d’assurer le leadership en Europe. Pour l’instant il a partie facile, car Angela Merkel titube en ce début de législature. Elle a été obligée de lui laisser la préséance, non pas par inclination, plus par faiblesse. Cela concerne aussi le SPD, qui a élu à sa tête Andrea Nahles, mais à un score faible. Tant que ce parti ne reprendra pas du poil de la bête, les gouvernants allemands seront à la traîne. Cela avantage évidemment le Président de la République, qui pourra marquer ainsi des points à Washington. Il a ensuite souligné qu’il entretenait de bons rapports avec Donald Trump, contrairement à la chancelière. Il part d’un point de vue pragmatique en se disant que tant que la situation aux USA est telle, il vaut mieux composer avec son président, au lieu de s’enferrer dans un débat contradictoire qui ne changerait rien. Cela peut sembler un peu gênant, mais il veut tout faire pour que l’UE ne perde pas contact avec Trump en ce moment, le moins qu’on puisse dire,tendu. Weiterlesen

Une fois n’est pas coutume, malgré mes difficultés corporelles j’ai fait ce matin un saut périlleux, tout au moins mental, en me levant. Je me suis dit : « Peut-être subis-tu un lavage de cerveau qu’on appelle communément la sinistrose ? » Et si les choses se présentaient autrement que celles de la logique ? En feuilletant virtuellement un de mes journaux, je fus à nouveau confronté à la montée foudroyante du populisme en Europe. Les faits exposés ne peuvent pas être réfutés. Les chiffres parlent pour eux. Mais c’est dans l’analyse de ce que pourrait être à l’avenir les conséquences, que j’ai voulu essayer de propager de l’optimisme, avant tout pour voir s’il pouvait tenir le cap. Il est vrai qu’avec la victoire du mouvement « Cinq étoiles » en Italie, il n’y a pas de quoi jubiler. Il serait donc pour l’instant vain de vouloir constater si le populisme a atteint son pic ou non. Je suis tout à fait de l’avis du journaliste, que c’est avant tout la faiblesse momentanée des partis traditionnels qui est la cause de ce regain de popularité des têtes brûlées, rêvant distribuer à pleines mains des sous qu’elles n’ont pas, pour attirer le peuple dans leurs filets. Il s’avérera assez rapidement que toutes ces promesses ne sont que du pipeau. C’est à partir de là que je peux m’imaginer un autre scénario que celui des chroniqueurs dont je fais aussi partie. Peut-être que la crise que nous vivons sera un coup de fouet pour l’avenir des formations traditionnelles appelées à se remettre en question. Weiterlesen

Comme il était prévu, nous allons au devant de graves difficultés en Italie, où Silvio Berlusconi, renaissant des cendres comme Phénix, se trouve actuellement en tête des élections parlementaires, suivi du Mouvement cinq étoiles. Les sociaux-démocrates sont de loin les grands vaincus. Il sera intéressant de voir quelle coalition se formera, aucun parti n’ayant la majorité absolue. C’est sûrement un des faits marquant de cette journée du 4 mars, mais ce qui me semble encore plus important, c’est que l’Allemagne puisse se doter enfin d’un nouveau gouvernement, les militants du SPD ayant donné le feu vert à 66,02 % à leur parti, d’y participer. Donc deux tiers de oui, ce qui est un bon résultat, après les distensions qui ont eu lieu chez les sociaux-démocrates. Mais un tiers d’opposants est un élément dont il faudra tenir compte. Contrairement à beaucoup de commentateurs, qui voient un SPD affaibli, je suis d’un autre avis. Ce qui s’est passé ces dernières semaines est un acquis pour la politique. Il y a enfin à nouveau un débat, ce qui était nécessaire. Il n’est plus question en Allemagne de dire oui à tout. Une renaissance politique au sein de la population, qui démontre que le peuple à quelque chose à dire, s’il veut bien se donner la peine de réfléchir à des solutions adéquates. Weiterlesen

C’est le vice-président du parti et maire de Hambourg, Olaf Scholz, qui prendra provisoirement les rennes du SPD jusqu’au 22 avril 2018, où aura lieu à Wiesbaden le congrès de nomination du futur leader de ce vieux parti. Ce sera probablement Andrea Nahles qui aura la tache très ardue de rassembler tous ceux qui aujourd’hui, s’abordent avec beaucoup de méfiance. L’ancienne ministre du travail et des affaires sociales est à mon avis la personne idéale pour donner à nouveau du punch au SPD, qui d’après les derniers sondages se trouve à 16 % des voix, talonné de près par l’extrême-droite. Il serait donc d’une très grande importance que les militants acceptent que le parti fasse partie de la coalition gouvernementale, le seul moyen pour lui d’avoir à nouveau du vent dans les voiles. Autrement, j’en suis malheureusement persuadé, il subirait le même sort que le PS et ce serait une catastrophe pour l’Allemagne toute entière. Andrea Nahles requiert les conditions nécessaires pour donner à nouveau de la vigueur à sa formation, dont elle a tellement besoin. Elle est une femme ne cachant pas sa passion. De plus elle a assez d’humour, ce qui n’est pas une tare pour un parti menacé de sombrer dans la morosité. Donc c’est vraiment que le « sauve qui peut » qui peut redonner au SPD le lustre qu’il avait. Après réflexion, je trouve bon qu’Olaf Scholz fasse la transition. Il a la pondération nécessaire pour calmer ce poulailler en plein émoi, de faire entendre raison aux jeunes loups, qui piétinent d’impatience à l’aile gauche du parti et qui voudraient le rénover en faisant une cure d’opposition, ce qui est la plus mauvaise voie à suivre. Weiterlesen

Non, Angie n’est pas habituée qu’on la contredise. Les jeunes loups de son parti lui reprochent d’avoir cédé trop de terrain en faveur du SPD, ceci dans le but de redevenir chancelière. Qu’elle ait apporté sur un plateau d’argent le ministère-clef des finances a été très mal pris. Aussi d’avoir cédé le ressort de l’intérieur à la CSU. C’est un problème bien allemand que de s’agripper au pouvoir. Helmut Kohl a été aux commandes pendant 16 ans. Angela Merkel atteindra aussi ce nombre d’années au bout de son mandat. Il est normal que la nouvelle génération de politiciens piaffe des pieds et jette à un moment l’éponge. C’est une des raisons pour laquelle ce parti est sclérosé. Des militants qui auraient été capables de reprendre les rennes, sont retournés dans la vie privée et font aujourd’hui carrière dans l’économie. Une hémorragie qui a conduit le pays dans un certain immobilisme intellectuel. Weiterlesen