La nouvelle présidente de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, a exprimé son inquiétude au sujet du mouvement des gilets jaunes en France. Pas sans raison. Il y a aussi outre-Rhin un ras-le-bol en ce qui concerne l’action du gouvernement de la grande coalition et de Madame Merkel, qui ne manque pas un jour de faire remarquer d’une manière occulte, que son règne arrive à la fin. Elle ne s‘exprime pas verbalement, mais elle est plus figée que jamais et ne prend plus de risques. Une fois de plus elle a suivi l’exemple de certains de ses collègues et n’a pas su débrailler lorsqu’elle a été à l’apogée du pouvoir. Ce qui se passe actuellement ressemble bien à du réchauffé, pas à une relance. Dans la période que nous vivons actuellement une tare qui risque de jouer un mauvais tour à un peuple qui vire de plus en plus à droite. Comme en France, il y a de la récupération du fait des néofascistes. Annegret Kramp-Karrenbauer, comme femme placée plus à gauche que la chancelière, se rend bien compte que son parti est plus ou moins dans l’incapacité de récupérer tous ceux qui avaient votés pour lui et qui ont choisi aujourd’hui l’extrême-droite comme famille politique. Se rabattre sur la gauche démocratique ne lui servirait pas à grand-chose, car le SPD a tellement perdu de plumes, qu’il risque aux prochaines élections de disparaître de l’échiquier politique comme cela a été le cas du PS. Les Verts avec près de 21 % des électeurs ont le vent en poupe et se trouvent en pool-position. Sans parler de l’AfD, qui risque de glaner bien des voix lors des régionales dans les Länder de l’Est. Nous assistons au délabrement de ce qui a été depuis la guerre un gage de stabilité en Allemagne. La grogne est d’autant plus grande, que le système social est d’une injustice flagrante, bien pire qu’en France. En cas de perte de votre emploi vous risquez de vous retrouver le bec dans l’eau sans chance de pouvoir réémerger. Il n’est pas dans la tradition de ce pays, de se remettre en question. Weiterlesen

Angela Merkel a jeté l’éponge en ce qui concerne le parti. Elle ne se représentera plus comme présidente du CDU après 18 ans de règne. Par contre elle compte rester Chancelière jusqu’à la fin de son mandat en 2021. Ce n’est pas évident ! Normalement les deux postes, en ce qui concerne les conservateurs, doivent être menés de pair. Il est à craindre que dans de telles conditions il y aurait de la tourmente, si un candidat de l’aile droite de cette formation réussit à prendre le pouvoir au congrès qui aura lieu du 6 au 8 décembre à Hambourg. Je ne peux guère m’imaginer que la grande coalition dans un tel cas puisse perdurer. Le SPD n’avalera pas n’importe quelle couleuvre. Il faudra continuer à s’attendre à des temps tourmentés en Allemagne. Pour l’instant deux candidats se sont déclarés prêts de se lancer dans le ring. Il s’agit de Annegret Kramp-Karrenbauer, la secrétaire générale, qui représente l’aile « social-démocrate du parti, et du ministre de la santé, Jens Spahn, un conservateur. La première nommée a le soutien d’Angela Merkel, le second a toujours été son adversaire acharné. Un troisième pourrait se pointer à l’horizon, c’est l’ancien chef du groupe parlementaire Friedrich Merz, qui est aujourd’hui un avocat d’affaires. Il avait été de son temps éjecté par la Chancelière et est également de droite. Donc le changement pourrait aussi être programmatique. D’un côté il y a le centre, incarné aujourd’hui par Angela Merkel, de l’autre la droite. Cette dernière a évité ainsi la fronde et a pris de court ses amis politiques. Il y a eu un ouf de soulagement dans les rangs de sa formation. Elle a pu pour l’instant désamorcer la bombe à retardement qui aurait pu sauter à Hambourg, elle a sauvé la face. Weiterlesen