Angela Merkel a jeté l’éponge en ce qui concerne le parti. Elle ne se représentera plus comme présidente du CDU après 18 ans de règne. Par contre elle compte rester Chancelière jusqu’à la fin de son mandat en 2021. Ce n’est pas évident ! Normalement les deux postes, en ce qui concerne les conservateurs, doivent être menés de pair. Il est à craindre que dans de telles conditions il y aurait de la tourmente, si un candidat de l’aile droite de cette formation réussit à prendre le pouvoir au congrès qui aura lieu du 6 au 8 décembre à Hambourg. Je ne peux guère m’imaginer que la grande coalition dans un tel cas puisse perdurer. Le SPD n’avalera pas n’importe quelle couleuvre. Il faudra continuer à s’attendre à des temps tourmentés en Allemagne. Pour l’instant deux candidats se sont déclarés prêts de se lancer dans le ring. Il s’agit de Annegret Kramp-Karrenbauer, la secrétaire générale, qui représente l’aile « social-démocrate du parti, et du ministre de la santé, Jens Spahn, un conservateur. La première nommée a le soutien d’Angela Merkel, le second a toujours été son adversaire acharné. Un troisième pourrait se pointer à l’horizon, c’est l’ancien chef du groupe parlementaire Friedrich Merz, qui est aujourd’hui un avocat d’affaires. Il avait été de son temps éjecté par la Chancelière et est également de droite. Donc le changement pourrait aussi être programmatique. D’un côté il y a le centre, incarné aujourd’hui par Angela Merkel, de l’autre la droite. Cette dernière a évité ainsi la fronde et a pris de court ses amis politiques. Il y a eu un ouf de soulagement dans les rangs de sa formation. Elle a pu pour l’instant désamorcer la bombe à retardement qui aurait pu sauter à Hambourg, elle a sauvé la face.

Après les deux échecs cuisants des deux partis conservateurs aux élections en Bavière et en Hesse, il ne lui resta pas d’autres solutions. Les électeurs ont montré leur profond mécontentement au sujet de l’action menée par la coalition dans son ensemble en allant voter pour les Verts ou l’AfD, qui dans un tel contexte prend du poil de la bête. Il s’agirait d’arrêter au plus vite l’hémorragie, de colmater les brèches, un vrai sauve.qui-peut. Malgré le bon travail depuis six mois, ce sont les querelles, les injures qui sont restées sur le devant de la scène, en particulier le comportement de Horst Seehofer, qui lui aussi serait bien conseillé de quitter la tête du CSU. Qui fait une analyse plus profonde de ce qui se passe, est obligé de constater que le paysage électoral est entrain de se modifier en Allemagne. Les petites formations ont le vent en poupe. La raison ? Elles peuvent cadrer plus précisément les vœux des différentes couches de la société. Elles n’ont pas la prétention de vouloir couvrir tous les domaines, comme c’était le cas du CDU/CSU et du SPD. Nous assistons à un morcellement de l’électorat, qui éveille de mauvais souvenir, celui de la République de Weimar, où régnait un certain désordre. Puis en 1933 le raz-de-bol qui mena Hitler au pouvoir. Pour l’instant personne ne peut dire de ce qui se passera à partir de 2021. L’anarchie prendra-t-elle le dessus ? Si les deux partis populaires ne reprennent pas du poil de la bête, il aurait de quoi s’inquiéter. Il y a tout lieu de le faire !

pm

https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/10/29/allemagne-les-trois-annees-qui-ont-affaibli-angela-merkel_5376321_3214.html

Schreibe einen Kommentar

Deine E-Mail-Adresse wird nicht veröffentlicht. Erforderliche Felder sind mit * markiert.