Non, décidément la police a du mal à éveiller de la sympathie auprès bien des couches de la société. Elle est parfois franchement détestée. Mais on la considère comme un mal nécessaire s’il y a urgence. Et c’est cela qui passe mal chez les forces de l’ordre. Elles demandent d’être respectées, mais c’est souvent le contraire qui se produit, comme c’était le cas de ces jeunes qui ont incendié des véhicules de police, blessant grièvement des agents. C’est un acte inadmissible. Mais malgré tout il faut se poser des questions concernant la haine qui leur est témoignée. Lorsqu’il m’est arrivé à maintes reprises d’entrer en contact avec la police dans le cadre de mon métier de journaliste, j’ai rencontré des gens comme toi et moi. Des personnes avec leurs qualités et leurs défauts. Mais j’ai aussi senti de la peur, comme à Bobigny, où les policiers craignaient à tous moment de recevoir sur la tête des objet lancés du haut des tours. Ils se sentaient très mal dans leur peau, ce que je comprenais. Mais d’un autre côté ils tutoyaient des gens de couleur et ceci dans un ton martial. Je me suis senti mal à l’aise, mais j’ai compris un peu mieux les problèmes de cette cité. Lorsque Nicolas Sarkozy a démantelé la police de proximité, il a démontré son manque total de doigté. Il a ignoré que seuls des contacts plus amicaux peuvent faire fondre la glace. Et ceci est plus nécessaire que jamais ! Si un agent est bien intégré dans un quartier, il peut mieux jauger les problèmes, savoir d’où vient le mal-être. Sans oublier qu’il connaît mieux les meneurs de jeu. S’il a de bon rapport avec l’imam par exemple, il peut éviter certaines fois le pire. C’est aussi son intégration dans la population qui peut désamorcer des tensions. Il agit ainsi en amont et peut agir en médiateur. Weiterlesen…

Philando Castile a été abattu par un policier blanc devant sa compagne et sa fille à Falcon Heights, dans le Minnesota lors d’un contrôle routier. Presque parallèlement à ce drame, un autre noir, Alton Sterling, a été abattu par des agents lorsque ces derniers l’avaient plaqué à terre en Louisiane. Des exécutions sommaires qui ravivent le racisme au États-Unis. Barak Obama a beau dire que c’est un problème américain, qui ne connaît pas de barrières ethniques, mais 31% des victimes sont des noirs. Un taux bien plus élevé que celui de la population afro-américaine qui se situe autour de 13,6%. Vouloir minimiser ces faits, ne peut rien arranger. La société est profondément divisée. Des diatribes comme celles de Donald Trump ne contribuent pas à l’apaisement, au contraire. L’observateur que je suis a l’amer sentiment que nous revenons aux tensions existantes au cours des années 40 et 50. Après la fin de la seconde guerre mondiale un McCarthy sévissait en propageant la haine. Il s’agirait de faire attention, afin que ces incidents sanglants ne dégénèrent pas dans une guerre civile. Comment expliquer ce regain de violence ? La majorité blanche craint perdre un jour sa suprématie politique et économique. La courbe démographique est claire, elle passera au-dessous des 50% au cours de ce siècle. Ces chiffres provoquent chez certains de la peur. Chez ceux qui considèrent que les noirs sont à l’origine de la criminalité excessive dans les métropoles américaines. Le fait de les assimiler à des délinquants, sans exceptions, ont amené certains policiers à agir comme des justiciers. Souvent des blancs issus de la petite bourgeoisie, qui craignent pour leur avenir et celui de leurs enfants. Dans une nation où le populisme est en augmentation, ce sont des signes avant-coureurs d’une détérioration des rapports inter-culturels. Weiterlesen…