Le premier voyage d’une chancelière ou d’un président de la République est respectivement Paris ou Berlin. Angela Merkel n’a pas failli à cette tradition et s’est rendue hier au Palais de l’Élysée, où elle a rencontré Emmanuel Macron. Parallèlement le vice-chancelier et ministre des finances, Olaf Scholz, a comme bon voisin dit bonjour à son homologue français, Bruno Le Maire. Au palais il en allait plutôt du symbole, à Bercy des gros sous. Deux langages différents qui devront se rapprocher un jour, si on veut vraiment refaire démarrer l’Europe. Et c’est là qu’il y a eu dans la passé souvent des ratés. La participation du SPD au gouvernement allemand facilitera sans aucun doute les pourparlers entre les deux pays. Ce parti a démontré qu’il était favorable a une ouverture allant dans le sens d’Emmanuel Macron, mais il fera tout pour ne pas perturber l’assise budgétaire de la République Fédérale. Il est possible qu’Olaf Scholz, le président intérimaire de son parti, suivra en partie les préceptes que lui a laissé Wolfgang Schäuble. Le SPD ne veut pas qu’on lui reproche de dilapider les fonds publiques, un reproche qu’on lui a fait assez souvent dans le passé. Il serait dommage de se réintégrer aujourd’hui dans un état d’esprit, qui ne fait que freiner les bonnes intentions. La chancelière veut donner un coup de fouet à l’amitié franco-allemande et préconise de mettre au point un papier qui pourrait plaire aux deux partenaires. Weiterlesen

Comme il était prévu, nous allons au devant de graves difficultés en Italie, où Silvio Berlusconi, renaissant des cendres comme Phénix, se trouve actuellement en tête des élections parlementaires, suivi du Mouvement cinq étoiles. Les sociaux-démocrates sont de loin les grands vaincus. Il sera intéressant de voir quelle coalition se formera, aucun parti n’ayant la majorité absolue. C’est sûrement un des faits marquant de cette journée du 4 mars, mais ce qui me semble encore plus important, c’est que l’Allemagne puisse se doter enfin d’un nouveau gouvernement, les militants du SPD ayant donné le feu vert à 66,02 % à leur parti, d’y participer. Donc deux tiers de oui, ce qui est un bon résultat, après les distensions qui ont eu lieu chez les sociaux-démocrates. Mais un tiers d’opposants est un élément dont il faudra tenir compte. Contrairement à beaucoup de commentateurs, qui voient un SPD affaibli, je suis d’un autre avis. Ce qui s’est passé ces dernières semaines est un acquis pour la politique. Il y a enfin à nouveau un débat, ce qui était nécessaire. Il n’est plus question en Allemagne de dire oui à tout. Une renaissance politique au sein de la population, qui démontre que le peuple à quelque chose à dire, s’il veut bien se donner la peine de réfléchir à des solutions adéquates. Weiterlesen

C’est le vice-président du parti et maire de Hambourg, Olaf Scholz, qui prendra provisoirement les rennes du SPD jusqu’au 22 avril 2018, où aura lieu à Wiesbaden le congrès de nomination du futur leader de ce vieux parti. Ce sera probablement Andrea Nahles qui aura la tache très ardue de rassembler tous ceux qui aujourd’hui, s’abordent avec beaucoup de méfiance. L’ancienne ministre du travail et des affaires sociales est à mon avis la personne idéale pour donner à nouveau du punch au SPD, qui d’après les derniers sondages se trouve à 16 % des voix, talonné de près par l’extrême-droite. Il serait donc d’une très grande importance que les militants acceptent que le parti fasse partie de la coalition gouvernementale, le seul moyen pour lui d’avoir à nouveau du vent dans les voiles. Autrement, j’en suis malheureusement persuadé, il subirait le même sort que le PS et ce serait une catastrophe pour l’Allemagne toute entière. Andrea Nahles requiert les conditions nécessaires pour donner à nouveau de la vigueur à sa formation, dont elle a tellement besoin. Elle est une femme ne cachant pas sa passion. De plus elle a assez d’humour, ce qui n’est pas une tare pour un parti menacé de sombrer dans la morosité. Donc c’est vraiment que le « sauve qui peut » qui peut redonner au SPD le lustre qu’il avait. Après réflexion, je trouve bon qu’Olaf Scholz fasse la transition. Il a la pondération nécessaire pour calmer ce poulailler en plein émoi, de faire entendre raison aux jeunes loups, qui piétinent d’impatience à l’aile gauche du parti et qui voudraient le rénover en faisant une cure d’opposition, ce qui est la plus mauvaise voie à suivre. Weiterlesen