Comme il était prévu, nous allons au devant de graves difficultés en Italie, où Silvio Berlusconi, renaissant des cendres comme Phénix, se trouve actuellement en tête des élections parlementaires, suivi du Mouvement cinq étoiles. Les sociaux-démocrates sont de loin les grands vaincus. Il sera intéressant de voir quelle coalition se formera, aucun parti n’ayant la majorité absolue. C’est sûrement un des faits marquant de cette journée du 4 mars, mais ce qui me semble encore plus important, c’est que l’Allemagne puisse se doter enfin d’un nouveau gouvernement, les militants du SPD ayant donné le feu vert à 66,02 % à leur parti, d’y participer. Donc deux tiers de oui, ce qui est un bon résultat, après les distensions qui ont eu lieu chez les sociaux-démocrates. Mais un tiers d’opposants est un élément dont il faudra tenir compte. Contrairement à beaucoup de commentateurs, qui voient un SPD affaibli, je suis d’un autre avis. Ce qui s’est passé ces dernières semaines est un acquis pour la politique. Il y a enfin à nouveau un débat, ce qui était nécessaire. Il n’est plus question en Allemagne de dire oui à tout. Une renaissance politique au sein de la population, qui démontre que le peuple à quelque chose à dire, s’il veut bien se donner la peine de réfléchir à des solutions adéquates.

Je pense que les joutes qui ont eu lieu à gauche ont donné du punch à une société repue par la prospérité. Comme ce qui s’est passé en France avec Emmanuel Macron, les deux nations les plus importantes de l’UE sortent renforcées après les tensions qui ont eu lieu. Il sera maintenant du devoir des sociaux-démocrates de marquer le gouvernement de leur empreinte. Cela donnera souvent lieu à des discussions contradictoires, mais justement cela sera un atout de taille. Pour que la politique puisse être vivante, il serait bon que le SPD, contrairement aux formations conservatrices, se démarque au niveau du parti, du travail gouvernemental, qu’il se dote d’un appareil pouvant à tous moments remettre en questions certaines décisions, sans pour autant détruire la cohésion de l’exécutif. D’accord, c’est une partie de patin à glace, mais en respectant certaines règles, il se pourrait qu’une telle option soit un élément régénérateur pour un gouvernement. Il sera dans cette optique obligé de tenir compte de l’avis des députés, qui plus que par le passé, seront forcés d’amender des projets de loi. Ce phénomène est aussi en train de se passer au sein de la CDU/CSU. Si au bout de compte le parlement deviendrait à nouveau un organe, dont il faudra tenir compte, que grand bien lui en fasse. Ce ne sera plus un instrument devant approuver aveuglément toutes les décisions prises par le gouvernement. C’est la leçon que je peux tirer personnellement du scrutin interne qui a eu lieu chez les sociaux-démocrates. C’est la raison pour laquelle je vois d’une manière favorable l’élan rénovateur de la politique en Allemagne. Pour moi qui suis un Européen convaincu, j’ai l’impression qu’un pas positif a été franchi. Malgré les résultats négatifs en Italie, tout cela pourrait être un résultat de renouveau, tout au moins je l’espère. Avanti Europa !

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/03/04/allemagne-le-spd-approuve-l-accord-de-coalition-avec-les-conservateurs-d-angela-merkel_5265467_3214.html

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