C’est le vice-président du parti et maire de Hambourg, Olaf Scholz, qui prendra provisoirement les rennes du SPD jusqu’au 22 avril 2018, où aura lieu à Wiesbaden le congrès de nomination du futur leader de ce vieux parti. Ce sera probablement Andrea Nahles qui aura la tache très ardue de rassembler tous ceux qui aujourd’hui, s’abordent avec beaucoup de méfiance. L’ancienne ministre du travail et des affaires sociales est à mon avis la personne idéale pour donner à nouveau du punch au SPD, qui d’après les derniers sondages se trouve à 16 % des voix, talonné de près par l’extrême-droite. Il serait donc d’une très grande importance que les militants acceptent que le parti fasse partie de la coalition gouvernementale, le seul moyen pour lui d’avoir à nouveau du vent dans les voiles. Autrement, j’en suis malheureusement persuadé, il subirait le même sort que le PS et ce serait une catastrophe pour l’Allemagne toute entière. Andrea Nahles requiert les conditions nécessaires pour donner à nouveau de la vigueur à sa formation, dont elle a tellement besoin. Elle est une femme ne cachant pas sa passion. De plus elle a assez d’humour, ce qui n’est pas une tare pour un parti menacé de sombrer dans la morosité. Donc c’est vraiment que le « sauve qui peut » qui peut redonner au SPD le lustre qu’il avait. Après réflexion, je trouve bon qu’Olaf Scholz fasse la transition. Il a la pondération nécessaire pour calmer ce poulailler en plein émoi, de faire entendre raison aux jeunes loups, qui piétinent d’impatience à l’aile gauche du parti et qui voudraient le rénover en faisant une cure d’opposition, ce qui est la plus mauvaise voie à suivre.

Il sera du devoir du président intérimaire et de Madame Nahles de faire comprendre à la base du parti, que pour l’instant la seule manière pour pouvoir à nouveau émerger, est de faire un excellent travail au sein du gouvernement. Mais il faudra aussi que les sociaux-démocrates se dotent d’un meilleur appareil médiatique afin de faire connaître leurs qualités et ils en ont lorsqu’il s’agit de gouverner. Ils ont démontré qu’ils connaissaient parfaitement les dossiers et qu’ils n’agissaient pas dans un esprit dogmatique. Ils auront quatre ans pour se refaire une santé, ce que j’appelle de tous mes vœux. Pour l’instant mes collègues les journalistes, se crachent du venin sur le SPD et sont semblables aux chiens de chasse qui se ruent sur la bête qu’on leur donne en curée. Je regrette qu’ils ne se retiennent pas plus, dans une situation en pleine évolution. Ce qui se passe maintenant n’est pas un drame, plutôt une situation désagréable où toutes critiques est justifiée. Mais il serait négatif de vouloir faire des conclusions trop hâtives. Les résultats obtenus par les négociateurs du parti, sont remarquables. Il ne faudrait pas l’oublier. Si la politique qui y est esquissée se réalise, c’est bien de social-démocratie qu’il est permis de parler. Aussi le partage des ministères penche en direction du SPD. Il y aurait vraiment les moyens de se profiler. Et la France dans tout cela ? Je pense que le vent souffle dans la bonne direction, notamment pour l’UE et les projets d’Emmanuel Macron. C’est la raison pour laquelle les événements qui se passent en République Fédérale nous concernent. L’avenir en dépendra.

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/02/13/allemagne-martin-schulz-demissionne-de-la-tete-du-spd-olaf-scholz-assure-l-interim_5256400_3214.html

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