J’ai tourné il y a bien des années un reportage dans une salle de shoot à Berne. C’était une des premières en Europe. Des junkies, où le programme de la méthadone avait échoué, étaient « ravitaillés » avec de l’héroïne. Des individus qui ne se remettraient jamais, qui se dirigeraient inexorablement vers la mort. Le but était de les éloigner de la rue, de leur éviter de courir constamment après des dealers, de commettre des infractions ou d’autres délits pour se payer la drogue. Certains d’entre-eux étaient en mesure de travailler. Tout d’abord j’avais émis des doutes, prétendant que ce n’était pas du devoir de l’État de se substituer aux marchands de la mort ! Il est évidant qu’une telle démarche pouvait réduire la délinquance. Le but était de rassurer les citoyens. Bien après la volonté d’atténuer les souffrances des malades. Mais très vite je me suis aperçu que les salles de shoot, à condition que les règles y soient respectées, pouvaient avoir un effet positif. C’était un garde-fou assez efficace en ce qui concerne la prévention. L’attrait du fruit défendu était balayé. Mais que s’est-il passé dans les faits ? L’aspect extérieur du deal avait-il encore raison d’être ? Les proximités des gares seraient-elles sécurisées ? C’était une illusion de croire que seul une distribution limitée de l‘ héroïne pouvait atténuer la criminalité. Weiterlesen
Kategorie: Pierre´s Meinungen
Ne me parlez pas d’opérettes !
Ce sont souvent les pires personnages de l’histoire qui aiment les opérettes. Plus elles sont sentimentales, plus elles leur donnent la possibilité de s’essuyer une larme. Adolf Hitler n’était pas insensible à ces histoires à l’eau de rose. Un sentimentalisme insupportable lorsqu’on sait ce qui s’est passé dans les camps de concentration. L’orchestre, formé par des détenus, devait jouer des valses et des mélodies suaves évoquant l’amour, pendant que des déportés étaient gazés. Le cynisme de cette musique m’a toujours gêné, car il n’a qu’un but, celui de masquer la cruauté, le mépris d’autrui, l’exclusion. Peut-être la raison pour laquelle la monarchie austro-hongroise a pu se maintenir autant de temps. Lorsqu’il est question des tziganes, je supporte mal la soi-disant bienveillance des héros de ces opérettes. Je pense qu’à Budapest comme ailleurs, la discrimination était horriblement dure à supporter, comme c’est le cas aujourd’hui, dans ce pays que je ne peux plus que considérer comme étant félon. Comment peut-on se disqualifier ainsi ? Mais ces mélodies sont aussi évocatrices pour une certaine mentalité, celle d’un esprit de supériorité qui est complètement aléatoire. L’opérette a toujours eu comme rôle de droguer les foules, de mener les idiots par le bout de leur nez ! Cela s’est perpétué dans les films produits pendant les hostilités de la dernière guerre mondiale. Il s’agissait de bourrer le crâne des soldats avec des futilités, leur faire croire qu’ils se battent pour la pureté de l’esprit. En soit une démarche identique de celle des 72 vierges qui n’attendent qu’à être baisées par les tortionnaires du Deash. De l’attrape-nigaud ! Weiterlesen
La victoire de Daesh
Le drame des réfugiés en Europe peut être considéré comme une victoire du Daesh, dont le but est de nous déstabiliser. Du point de vue stratégique une action réussie si on voit dans quel état de discorde est l’UE. Nous nous sommes laissés piéger parce que nous avons tergiversé pendant des années. D’une part le laissez-aller sur le terrain. La réponse militaire aurait dû être plus marquée. De l’autre, aucune coordination en cas d’un exode massif. Maintenant nous nous trouvons, à cause de nos hésitations ,dans le chaos le plus complet et ne savons pas comment sortir de l’embarras. Cela fait désordre ! C’est exactement où voulait en arriver l’EI. Prouver que l’Europe, malgré sa soi-disant efficacité, n’est pas en mesure de gérer une situation de crise. C’est plus qu’inquiétant. La preuve que malgré le progrès technique, les esprits ont guère évolué. L’attitude fasciste de Viktor Órban en est la preuve flagrante. Cracher sur les plus faibles est un signe de débilité, pas de force. Ce qui se passe en Hongrie, se répandra comme une traînée de poudre au sein de l’UE. Angela Merkel a bien perçu le danger d’une telle vague d’intolérance, car elle sait parfaitement bien que la démocratie ne peut que subsister en écartant toutes formes de violence. Weiterlesen
Et merde!
Les fossoyeurs de l’Europe sont à l‘œuvre ! Les ministres de l’intérieur n’ont pas pu se mettre d’accord en ce qui concerne les quotas des réfugiés. Je trouve abjecte de voir à quel point certaines nations réagissent d’une manière égoïste. En particulier celles qui ont été libérées du joug communiste en 1989. Des pays qui étaient en chute libre et qui ont été sauvés de justesse grâce à la solidarité de l’UE. Ils ont oublié que leurs ressortissants seraient dans une situation similaire aux migrants économiques, s’il n’y avait pas eu l’invitation de participer à un projet commun. Sans la communauté ils seraient renvoyés aux frontières, car il n’y avait à l’époque pas de guerre civile sur leur territoire. Se rendent-ils compte de cela ? Non, le souvenir s’évapore rapidement quand il ‚agit de gros sous ! Quel contraste avec l’Allemagne… À Bruxelles il aurait été parfaitement possible d’arriver à un accord si tout le monde avait montré de la bonne volonté. Bien sûr qu’il aurait été légitime d’apporter une aide financière aux pays les plus pauvres, de ne pas les étouffer avec un flux trop grand de migrants. Mais les ministres n’ont pas eu le courage de sauter par dessus leur ombre. Une attitude parfaitement minable à mes yeux. Mais allez attendre un peu de grandeur de la part de petits épiciers, comptant sans arrêt leur monnaie. Weiterlesen
Le trop plein ?
Il faut avoir vu l’arrivée incessante des réfugiés de Syrie et d’ailleurs pour se rendre compte qu’il n’était plus possible de recevoir sans limite ce flux de malheureux. En une semaine Munich a dû héberger 63.000 personnes. Que restait-il d’autre à faire que de filtrer tous ceux qui dorénavant veulent s’établir en Allemagne. Dorénavant les requérants d’asile devront se faire enregistrer légalement. Ceux qui n’ont plus de papiers seront, d’après les dires du ministre de l’intérieur, refoulés. Une situation tragique dans bien des cas. Que nous le voulions ou pas, il y aura sélection. Cela me gêne terriblement, mais aurait-t-on pu continuer ainsi ? Jusqu’à nouvel ordre il y aura des contrôles aux frontières, une alternative prévue pas les accords de Schengen en cas d’urgence. J’aurais bien aimé que cela ne soit pas arrivé, mais mon périple à la gare de Munich m’a démontré qu’il n’y avait probablement pas d’alternatives. Malgré mon soutien à un élan de générosité, je suis étonné que le gouvernement n’ait pas mis en place dès le début une infrastructure d’accueil. Tout le monde connaissait les chiffres de l’exode. Il était évident qu’il était impossible d’agir aussi ouvertement. Un pays organisé comme la République Fédérale a tout d’abord laissé place à une hospitalité sans retenue, sans pour autant prévoir comment elle devrait être organisée. La population démontre une rare empathie par rapports à tous ceux qui ont fui les horreurs en Syrie, en Irak et ailleurs. Elle a mis un frein à tous ceux qui profèrent la haine en mettant le feu à des lieux devant recevoir les réfugiés. J’ai déjà évoqué dans des articles précédents ma peur que le vent puisse changer de cap, au cas où l’anarchie gagne du terrain. En observant ce qui s’est passé ces derniers jours, il était clair qu’un répit était nécessaire, le temps d’organiser l’immigration, de répartir les migrants partout en Allemagne et en Europe. On est loin du compte ! Je crains fort que s’il n’y a pas solidarité, la maison Europe s’écroulera. Il est impossible à un pays de porter à lui seul une charge qui devrait être répartie partout dans le continent. Il est indispensable de combattre l’égoïsme national, de le déclarer comme étant destructeur. On ne peut pas constamment tendre la main pour recevoir des subsides et d’un autre côté refuser toute solidarité. Je condamne pas seulement la Hongrie mais aussi les autres pays de l’Union de se comporter ainsi. Malgré toutes les critiques qu’on est en droit d’adresser à Madame Merkel, je trouve rafraîchissant qu’elle ait laissé parler son cœur, qu’elle ait dans un premier temps écarté tout esprit bureaucratique. Malheureusement elle a été rattrapée par la réalité. Comment faire comprendre à tous ceux qui cherchent refuge en Allemagne, qu’ils seront soumis à des restrictions ? Appeler à la raison ? Lorsqu’on se trouve dans une telle détresse, cela me semble utopique. Mettez-vous à leur place ! Éveillez de faux espoirs et ensuite les rétracter est pour eux un vrai supplice. J’ose espérer que lorsque le calme sera revenu, il puisse encore avoir la possibilité de les laisser entrer. Je pense que l’euphorie a été trop grande et que maintenant le réveil sera brutal. Moi aussi j’ai été atteint par ce sentiment. Maintenant il est indispensable de devenir réaliste. Quel dommage !
pm
Munich
Je me suis rendu hier à la gare de Munich pour voir ce qui s’y passait. Mon intention était d’apporter un soutien matériel aux migrants ayant transité par la Hongrie et l’Autriche, mais les organisations caritatives n’acceptaient que de la nourriture, des habits, des sacs de couchage. Je voulais aussi exposer mon intention de recevoir un réfugié pour faire avec lui de la conversation et ceci régulièrement. Pour qu’il y ait intégration, la langue joue un rôle essentiel. Comme grand nombre d’entre eux ont émis le souhait de rester définitivement, il s’agit de les faire vivre dans une certaine normalité. Cela implique un emploi, l’écolage pour les enfants et évidemment un lieu décent pour vivre. Pour qu’il n’y ait pas de catastrophes, il faut agir rapidement. Mais ce n’était ni le lieu ni le moment pour faire une telle demande. J’ai vu un train arriver avec des centaines de malheureux. Des familles entières mortes de fatigue, mais malgré tout soulagées d’avoir pu pouvoir s’échapper à l’enfer. Un enfant a eu un mouvement de panique, lorsqu’il a vu les uniformes des policiers. Il a dû croire qu’on voulait le battre. Dieu sait ce qu’il lui est arrivé… D’après les dernières nouvelles, 13 000 personnes sont arrivées samedi à la gare. Dieter Reiter, le maire social-démocrate de Munich, a appelé les autres Länder et le gouvernement Merkel d’intervenir au plus vite pour assurer une meilleure répartition des requérants d’asile, car les autorités locales se trouvent face à une saturation de lits. Recevoir en une semaine environ 60.000 migrants n’est plus gérable pour l’administration municipale et les organisations caritatives. Weiterlesen
Une Catalogne indépendante ?
Le président du gouvernement de la Catalogne, l’indépendantiste Artur Mas, a appelé hier les 5,5 millions d’électeurs à voter le 27 septembre pour un avenir autonome de la région. La journée nationale évoque la prise de Barcelone par les troupes franco-espagnoles du roi Philippe le 11 septembre 1714. 1,4 million de manifestants se sont réunis sur une artère au Nord de la capitale provinciale, réclamant un détachement de leur patrie de l’Espagne. Ils en ont assez de devoir apporter une grande contribution financière à un État qui leur est étranger. Ils ne veulent plus payer les dettes d’un pays qui à leurs yeux est corrompu. Je peux comprendre le fin fonds de leur pensée mais il m’inquiète. Vouloir démanteler les structures européennes, c’est de cela qu’il s’agit en fin de compte, peut engendrer l’effondrement d’une grande idée. Au lieu de rassembler, on assiste à un démembrement de l’UE. La création d’un grand nombre de petites nations ne peut qu’accentuer les divisions. Il est à craindre qu’on en revienne à un régionalisme de grande envergure, qui rend impossible toute vie commune. Faudra-t-il instaurer des frontières tous les cents kilomètres ? L’égoïsme glauque de citoyens ne voyant pas plus loin que leur nombril gagnera du terrain. Nous le vivons actuellement avec le problème des réfugiés politiques. Chacun ne pense qu’à soi. C’est un signe de déclin, qui sans un électrochoc continuera à faire son chemin. Weiterlesen
Maman Merkel
Des milliers de migrants entrent en Allemagne chaque jour en désirant y rester. Des dizaines de milliers d’autres sont en train de faire leurs bagages dans les camps en Turquie, en Irak, au Liban et ailleurs. Des victimes des horreurs commises par Bachar a- Assad ou par les fous de l’EI. La République Fédérale est devenue pour eux une terre d’asile, où ils pensent retrouver leur dignité. Un havre de paix qui ressemble pour eux étrangement à un paradis. L’accueil chaleureux de la population, provoqué par la volonté d‘ Angela Merkel de leurs ouvrir les portes, ne peut pas cacher les problèmes qui devront être résolus. Ils sont énormes ! Pour essayer de comprendre ce qui se passe actuellement, un peu d’histoire. Tout d’abord il y a l’extermination industrielle de millions de personnes au cours de la seconde guerre mondiale. Le tout provoqué par une idéologie raciste basée sur l’exclusion physique et mentale. Ce drame reste encore profondément ancré chez les Allemands qui se considèrent encore aujourd’hui, 70 ans après le génocide, comme responsables. La deuxième raison de cet élan humanitaire, pourrait être le fait que des millions de réfugiés ont gagné l’Ouest de l’Allemagne à la fin des hostilités. Ils ont fuit l’Armée rouge et le communisme. Dans bien des familles ces événements migratoires sont considérés comme une déchirure pénible à supporter. Ce qui se passe actuellement, les parents et grands-parents l’ont vécu personnellement. Dans un tel contexte, il est clair que le gros de la population se devait d’offrir l’hospitalité à ces malheureux. D’un côté pour se racheter un peu, de l’autre en souvenir d’un destin qui ne leur est pas inconnu. Dans cet état d’esprit, la décision du gouvernement est justifiée et plus que louable. Weiterlesen