Emmanuel Macron a-t-il été élu pour mettre en routes des réformes tous azimuts ou pour barrer la route à Marine Le Pen ? Je pencherais plutôt pour la deuxième alternative. Le peuple français est assez complexe. D’un côté il veut que cela bouge, de l’autre il est de sa nature assez conservateur. D’accord pour les chamboulements à condition que cela ne fasse pas de mal et que cela concerne que les autres. Mais il est préférable qu’ils soient plus discrets. La deuxième marotte est de se mettre en grève, de manifester pour se marteler en tête, qu’on vit en toute liberté et que le fait de débrayer en est une ! Le Président de la République est exposé en ce moment à une tourmente. Avec la grève au compte-goutte de la SNCF, il est bien possible que le pays tout entier soit bientôt paralysé. Le gouvernement aura beau répéter, que ce conflit social, si c’en est un, nuit au pays tout entier n’y fera rien. Dans ce cas-là la fierté d’un grand nombre d’agents a été blessée. De leur dire que leur travail semblait vétuste face aux exigences actuelles du marché les ont choqué. On n’aime pas être mis au rancard, d’autant plus que les critiques sont souvent exagérées. Comme je l’avais déjà écrit dans un article ces derniers temps, la privatisation du service publique, n’est pas toujours une panacée, comme on a pu le constater en Allemagne. En ce qui concerne la Deutsche Bahn, il y a des retards constants, le prix des billets n’est pas une sinécure et l’accès aux endroits retirés n’est pas assuré à cause de la rentabilité. Beaucoup de personne se fâchent tout rouge lorsqu’elles entendent parler « chemin de fer ». Il y a un autre domaine, où l’activisme affiché par Emmanuel Macron a de la peine à s’afficher. Weiterlesen

Les vaches sont en colère. Elles ne comprennent pas pourquoi le prix du lait est aussi bas. Il augmente partout ailleurs en Europe se plaignent leurs patrons, les éleveurs. Pour 1000 litres les coopératives paient actuellement 305 €. Une revalorisation de 30/40 € serait légitime. Parallèlement à tout cela, le prix du beurre a connu une flambée au niveau mondial. En deux ans il est passé de 1.800 € par tonne à 5.400 €. En ce qui concerne le prix du lait, il ne couvre pas les coûts d’exploitation. Jacques Mézard, le nouveau ministre de l’agriculture, a déclaré que le prix du lait n’était pas à l’heure actuelle suffisant. Il a ajouter que « la question du prix payé, du juste prix, sera traité en priorité ». Lorsque j’ai entendu les récriminations des vaches, je n’ai pas hésité de prendre fait et cause pour elles. Il est difficile d’admettre que de plus en plus de producteurs soient obligés de mettre la clef sous le paillasson, parce qu’ils ont fait faillite. Souvent des exploitations existant depuis des générations. La mort de la paysannerie est programmée si des mesures fortes ne sont pas prises d’ici peu. Emmanuel Macron semble être sensible au désarroi des éleveurs et des agriculteurs. Il a convoqué les états généraux de l’alimentation qui aura lieu dans quelques semaines. Il y sera question de la situation des paysans et de leurs perspectives d’avenir. Un pays comme la France qui produit des produits de très haute gamme dans l’alimentaire, comme les fromages par exemple, se doit de tout faire pour maintenir ce secteur d’activité. Il en va aussi des exportations et du prestige de la France dans le monde. Mais il y aussi plus. Si les agriculteurs n’apportaient pas leur contribution à l’environnement, les terres seraient en friches. Weiterlesen

Le syndicat du livre de la CGT s’est désavoué lui-même en empêchant la publication des grands quotidiens de la presse. Seule l’Humanité était en mesure de faire tourner ses rotatives hier, parce qu’elle s’est pliée aux exigences du syndicat d’imprimer une déclaration de Philippe Martinez, concernant la loi du travail. Les organes ont refusé de se soumettre à un tel chantage, prétendant qu’il remettait en question la liberté de la presse. En tant qu’ancien militant syndical d’une organisation appelée à soutenir les journalistes, je m’élève d’une manière catégorique contre de tels agissements. Si une telle contrainte était venue du côté des patrons, je peux parfaitement m’imaginer, ce que cela aurait pu donner. Avec raison la CGT aurait fustigé une telle action en la traitant de censure. Ce qui s’est passé est un déni complet de notre raison d’être. Qui d’autre qu’un syndicat peut fustiger une telle restriction de notre liberté d’expression ? Ce sont les valeurs mêmes de la République qui sont bafouées. Je ne peux pas m’empêcher d’y trouver un relent de totalitarisme. Lorsqu’on sait comme les médias ont été traités sous le communisme, c’est un premier pas qui va dans une telle direction. Il ne se passe pas un jour sans répressions en ce qui concerne les journalistes. Ils sont soumis de plus en plus à des règles restrictives et faute de s’y plier, ils vont tout droit en prison, s’ils ne sont pas tués préalablement. Je citerais pour exemple la Turquie, la Hongrie, la Pologne et évidemment la Russie de Poutine. Un syndicat qui dit représenter l’ouverture et qui de surcroît à le devoir de soutenir des collègues en difficultés, ne peut pas agir de la sorte, peu importe le but recherché par une grève. Le mouvement inspiré entre autres par la CGT a perdu à mes yeux toute légitimité morale en faisant un tel chantage. Je ne sais pas quel démon l’a incité à agir ainsi. Ce qui s’est passé hier, est digne de la RDA et des autres démocraties populaires. Weiterlesen