Cela aurait dû être un débat contradictoire, cela a été en fait une conférence de presse de la grande coalition. Je veux parler de la seule apparition commune des deux candidats à la chancellerie que sont Angela Merkel et Martin Schulz. Deux leaders qui ont tout fait pour ne pas s’égratigner. Il y a eu certes de la surenchère en ce qui concerne la Turquie, qui pour les deux n’est plus digne de devenir membre de l’UE. Cet exemple donne l’impression que les deux se renvoyaient la balle comme dans une partie de tennis. En les entendant l’impression prévalait qu’ils faisaient tout pour ne pas perturber l’harmonie qui règne entre eux. Pas de phrases assassines ! Cette performance m’incite à mettre en garde le peuple allemand contre ce que je nommerais les effets pervers du consensus. Il est évidemment nécessaire de l’appliquer en politique, mais après que chaque représentant de telle ou telle tendance ait défendu à corps et à cris ses propres postions. Il ne peut pas être une fin en soi, car dans ce cas-là il étouffe toutes propres opinions. C’est l’impression qui prévaut après ce qui aurait dû être une joute acerbe. Il en découle une certaine fadeur, qui paralyse en quelque sorte le débat d’idées. Ma grande crainte est que tout cela aboutisse sur un ras-le-bol en ce qui concerne la res publica. Cela pourrait découler sur un radicalisme qui pourrait devenir terriblement dangereux. Cela ne se déroulera pas le 24 septembre de cette année, mais qu’en sera-t-il dans quatre ans ? Il est tout à fait envisageable que les extrémistes prennent du poil de la bête. Même si la grande coalition a été couronnée d’un certain succès, je crains que nombre de citoyens émettent le souhait qu’il y ait un changement. Il est plus évident que jamais, que cela ne se déroulera pas dans de telles conditions. Weiterlesen…

Lundi aura lieu le premier débat télévisé entre Hillary Clinton et Donald Trump. Plus de 100 millions de téléspectateurs sont prévus. Il est bien possible que cette joute aura des conséquences irréversibles pour l’issue du scrutin en novembre. Deux caractères complètement opposés s’affronteront. L’un est un novice en ce qui concerne la politique. Son arme est la provocation et la haine. Il espère ainsi toucher l’électorat. Il incarne, qu’on le veuille ou non, le rêve américain. C’est l’ascension d’un homme à priori pas fait pour occuper un tel poste. Une fois de plus la légende du liftier qui de ses propres forces réussi à défier ses adversaires, à atteindre des sommets qui à priori ne lui sont pas dus. De l’autre une femme policée, plutôt froide, ne levant qu’avec réticence le voile qui la recouvre. Une personne très compétente connaissant ses dossiers et pouvant bien juger ce qu’il faut faire ou pas. Au niveau de son savoir, sûrement un bon choix. Mais il y a plus. Les américains aimeraient pouvoir serrer le président ou la présidente dans leurs bras, comme c’est le cas actuellement avec Barak Obama, qui a de très bonnes cotes dans les sondages et ceci à la fin de son mandat. Clinton n’est pas la femme qu’on invite sans autre à sa table, à qui on se confie pour des raisons personnelles. Elle incarne l’establishment politique et économique et donne le sentiment d’être intouchable. Elle doit se rendre parfaitement compte que c’est sa tare principale. Un obstacle des plus difficiles à franchir. Au cours du débat elle devra tout faire pour ne pas se montrer arrogante, pour ne pas donner l’impression d’être une première de classe, qui méprise tous ceux qu’incarne Donald Trump : le citoyen normal qui ne brille pas obligatoirement par son savoir. Des gens qui souvent luttent le dos au mur, qui se sentent mis à l’écart. Weiterlesen…

S’il n’y avait pas défection de Donald Trump, le grand-oral entre lui et Hillary Clinton devrait avoir lieu à le 26 septembre à Hemstead dans l’État de New-York. Ce rituel est d’une grand importance dans le déroulement des élections américaines. Il marque l’entrée de la dernière ligne droite. Les débats deviendront de plus en durs. C’est la possibilité pour les candidats de montrer leurs connaissances des dossiers, de leur capacité de gouverner. Il est à prévoir que Trump essayera de s’esquiver en proférant des menaces envers la démocrate. Serait-ce enfin pour le peuple américain la possibilité d’y voir plus clair ? Le populisme prendra-t-il encore plus le dessus lors des quatre-vingts-dix minutes que devrait durer cette joute oratoire ? Comblera-t-il son ignorance en proférant des injures ? Cela s’est avéré utile pour cet homme qui ne peut que subsister ainsi. Mais il est a craindre que bon nombre de personnes y trouvent leur plaisir. Comme il a adopté le langage du « Café du Commerce », il trouvera des adhérents comme tous ceux qui se sentent dépassés par les événements nationaux et mondiaux. Croient-ils vraiment que la situation s’améliorera par des coups de gueule ? Hillary Clinton sera probablement parfaitement préparée et connaîtra bien les dossiers. Mais suffira-t-il d’égrener sa parfaite analyse de la situation américaine? Ne ressemblera-t-elle pas à une première de classe ? Il est connu que ce genre d’individus n’est pas forcément aimé. J’ai bien peur que tout passe par les tripes, que la réflexion soit considérée comme étant l’apanage d’une élite. Cela risque d’arriver. La candidate semble être pour beaucoup inatteignable. L’intelligence n’est pas forcément un moyen efficace pour gagner les foules. Elles prennent plutôt en compte le grand spectacle que devrait être ce genre de bataille. Tous les moyens sont permis. L’injure et la mauvaise foi en font partie. « Il est au moins des nôtres ! », tel l’avis de la frange prolétaire de l’électorat. Des blancs au revenu modeste qui ont peur de perdre leurs acquis. Il n’est pas étonnant que le racisme et l’exclusion soient de mise. Peut-être une dernière tentative de freiner la suprématie des descendants européens. Weiterlesen…