Un effet imprévu de l’action des Gilets jaunes, est que « La République en marche » devra changer de cap pour les élections européennes. Elle passera d’un programme plutôt libéral à une vision franchement plus proche des citoyens de l’UE. Il s’agira de bâtir enfin l’Europe sociale, sans laquelle de plus en plus de personnes tourneront le dos aux institutions de Bruxelles. Il devra être accepté que l’endettement annuel dépasse les 3 %, ce qui n’est pas seulement une révolution dans un verre d’eau, mais cela marquera enfin les priorités à prendre. C’est la seule marche à suivre, si on veut éviter l’implosion de tout le continent. Mais les Gilets jaunes ne sont pas la seule raison de ce revirement. Je pense que le Brexit y joue aussi un rôle de taille. Si en prend encore le temps d’analyser ce qui s’est passé au Royaume Uni, il faut bien faire amende-honorable. L’UE n’a pas réussi à donner confiance au peuple britannique, qui craignait alors de sombrer dans la précarité, car le gouvernement de sa Majesté avait pris l’option de jouer à fond la carte du libéralisme. Cela a amené le bradage de l’industrie. Nombre de grandes marques comme Rover ou Rolls-Royce ont été vendus à des trusts européen comme BMW ou Volkswagen. La Mini, le fleuron du génie anglais, est aujourd’hui une marque allemande. Bien des ouvriers ont perdu leur emploi. Londres a misé à fond sur la City, comme machine à sous. Les travailleurs on en eu pour le compte. En faisant le choix de l’argent facile, avec lequel on ne se salit pas les mains, il y a eu un réflexe de rejet de la part des citoyens, qui ont payé cher cette partie de roulette. Weiterlesen

La Chambre des Lords a décidé de partir en croisade contre l’intention du gouvernement britannique de quitter l’union douanière de l’UE. C’est un revers de taille pour Theresa May, qui devra aussi s’attendre à de la résistance au sein de la Chambre des communes. Cette initiative a de quoi étonner plus d’un, mais elle marque bien une évolution qui remet en question le Brexit. Aucun parti à l’heure actuelle oserait prendre le taureau par les cornes et avouer que le fait que de quitter en 2019 l’UE est une erreur de taille, mais en soutenant la chambre haute, il enlève au divorce, un de ses arguments majeurs. Je ne sais pas pourquoi en politique il est tellement difficile d’avouer qu’on s’est trompé ? Même si la séparation a été ratifiée par le peuple à une courte majorité, cela ne veut pas dire que ce vote est une bénédiction. Je pense que ce coup de semonce devrait faire réfléchir l’internationale des nationalistes, qui oublie que la politique se doit avant tout de s’occuper du bien-être des citoyens. Dans le cas du Brexit, je ne vois aucun élément positif. Les parlementaires des deux chambres semblent avoir des doutes quant à l’efficacité d’une marche solitaire de la Grande-Bretagne dans un monde agité par les troubles de toutes natures. Weiterlesen

Malgré une certaine hésitation, la classe politique anglaise semble être dans sa majorité pour le maintien de Grande-Bretagne dans l’UE. Cela ne veut pas dire grand chose, car ce vote sera dicté par des émotions et la nostalgie d’un temps révolu. Celui où le pays avait l’impression de dominer le monde. Comme le démontre l’Autriche, les relents du passé existent toujours. Dans ce cas-là c’était la monarchie dominatrice des Habsbourg qui régnait sur une bonne partie de l’Europe. Passer d’une grande puissance à une république alpine, cela n’est pas du goût de tout le monde. La poussée de l’extrême-droite résulte aussi de ce malaise. Que cela soit le brexit ou la montée vertigineuse du FPÖ, les électeurs voudraient revenir en arrière. Une tendance dangereuse qui risque de mener l’UE à son déchirement. C’est-là où le pragmatisme est défaillant. Le peuple agit viscéralement au lieu de se poser des questions réalistes sur son état des lieux. C’est la raison pour laquelle il est permis de craindre, que les anglais se déclarent dans leur ensemble pour un départ dans l’inconnu. Les syndicats ont beau dire que dans un tel cas de figure bon nombre d’emplois passeraient à la trappe, il n’est pas dit que cela suffise pour convaincre les récalcitrants à changer d’attitude. L’esprit de clocher est souvent plus fort que la logique. L’idée idyllique qu’il soit aujourd’hui possible de vivre enfermé dans un espace hyper-nationaliste est une illusion. Mais malgré ce constat, les européens se dirigent malheureusement dans une telle direction. Comment l’expliquer psychologiquement ? Lorsqu’il y a un mal-être, il est plus facile de chercher les responsables à l’extérieur au lieu de se remettre en question. Cet état est particulièrement visible au Royaume-Uni qui a galvaudé au cours des années une grande partie de son industrie, et ceci pour se soumettre à la merci de la City. Weiterlesen