Dominique Strauss-Kahn a salué hier à Marrakech, à une table ronde de la World Policy Conference, l’action d’Emmanuel Macron. L’ancien directeur général du FMI voit en lui un rénovateur qui bouleversera bien des structures, aujourd’hui obsolètes, de la France. Depuis 30 ans il y a eu stagnation à son avis. Je partage ses vues, car j’avais le sentiment que la République s’était engagée dans un cul de sac. DSK déplore seulement que le Président se dit ni de gauche, ni de droite. Il préférerait qu’ils se déclare pour les deux tendances. C’est dans une politique de centre-gauche qu’il voit l’avenir. Un gouvernement sachant donner un coup de fouet à l’économie sans négliger pour autant l’aspect social que cela engendre. Faire une synthèse en ce qui à de mieux des deux côtés et l’appliquer dans l’action gouvernementale. Même si les Français ne se déclarent pas pour l’instant satisfaits en ce qui concerne Macron, je n’y vois qu’un aspect momentané. Il sera possible de juger ses initiatives seulement en fin de quinquennat, le tout étant axé sur la durée. C’est ce qui rend particulier la politique actuelle, c’est qu’elle ne se base pas sur le sensationnel. Le Président a pris l’option de faire évoluer les affaires comme le feraient les fourmis. Dans le détail, sans trop de précipitation. DSK critique violemment le PS, prétendant qu’il n’a pas su prendre le virage du côté du centre, pour lui la seule alternative possible. Encourageant que l’ancien directeur général du FMI considère la politique actuelle bénéfique pour les finances publiques et l’économie. Évidemment que le compromis se trouve placé au centre de toutes initiatives. Il s’avère de plus en plus difficile d’envisager des actions en ignorant l’art de la diplomatie. Il est urgent qu’une majorité de citoyens soutiennent des mesures souvent dures à accepter. Emmanuel Macron n’est pas frileux quand il réclame des sacrifices à toutes les couches de la société. Il n’y a pas d’autres solutions. Cela réclame évidemment beaucoup d’explications, qui à mes yeux pourraient être plus explicites. Weiterlesen…

Maurice Obstfeld, l’économiste en chef du FMI, tire la sonnette d’alarme. Avec un taux prévisible de croissance de 3,1 à 3,2% en 2016, de 3,5% en 2017, notre économie ne pourra pas sortir de l’ornière. Une fois de plus on essaie de rafistoler les brèches au lieu de se poser des questions fondamentales concernant le bien-fondé d’une politique. Ce n’est pas en baissant les impôts ou en pénalisant encore plus les chômeurs qu’il pourra y avoir un redémarrage. Vouloir raccourcir la durée de l’aide au plus démunis ne créera que des tensions pouvant mener à un désastre. Une fois de plus c’est le court-terme qui prime. Générer de la richesse que pour une petite élite, est nauséabond. La priorité absolue consiste à lutter contre la faim, contre l’exclusion qui devient de plus en plus insupportable. Le fossé entre les riches et les pauvres se creuse inexorablement. Dans un tel contexte il serait indispensable de revoir sa copie de fond en comble. Cela consiste à mettre des points d’interrogation derrière des thèses, qui jusqu’alors semblaient solides comme du granit. Dans un environnement de plus en plus fragile pouvons-nous rester camper sur le principe d’une croissance aveugle ? Quelles seraient les priorités en ce qui concerne le partage des richesses ? Pouvons-nous sacrifier une majorité d’hommes en essayant de redorer le blason des places financières ? Est-il compatible de « jouer » avec l’argent issu du travail ? Le but essentiel est d’assurer la survie ! Tout le reste doit passer au second plan. Et c’est bien là qu’il s’agirait de réfléchir d’une manière ouverte. De ne pas partir de la situation actuelle, mais d’avoir la liberté de concevoir des utopies. Ce que je critique le plus, c’est un manque absolu d’imagination. Weiterlesen…

Yanis Varoufakis a rendu visite au FMI à Washington, où il a vu Christine Lagarde. Il s’est engagé à rembourser les 460 millions d’euros dus à cette institution internationale. Il rencontrera lors de son voyage une conseillère de Barak Obama pour évoquer les difficultés financières de son pays. Alexis Tsipras serrera ces jours-ci aussi la main de Vladimir Poutine dans l’espoir de recevoir de la Russie un coup de collier. Martin Schulz, le président du Parlement Européen n’apprécie guère cette initiative, qui perturberait la politique engagée contre Moscou dans le conflit ukrainien. Une fois de plus la Grèce essaie par tous les moyens « le sauve qui peut ». Elle me fait penser à un nageur qui est en train de se noyer et qui cherche par tous les moyens de garder surface. La politique de son parti, le Syriza, a précipité le pays dans une situation encore plus précaire, que celle où il se trouvait avant sa victoire aux élections parlementaires. Pour ne pas se désavouer auprès de ses électeurs, le premier ministre a tout remis en question. Il veut faire face à la précarité qui touche de plus en plus de personnes, aussi celles de la classe moyenne. Une initiative compréhensible, mais qui remet en question les réformes engagées avec l’aide de l’UE. Une vrai danse de Saint Guy qui accentue le malaise dans lequel il s’est fourvoyé. Il promet un jour monts et merveilles, peu après il remet tout en question. Cela fait désordre ! Weiterlesen…