Emmanuel Macron a tenu un discours en Anglais devant le congrès à Washington. D’une manière déterminée mais charmante, il a exprimé les différents qu’il avait politiquement avec Donald Trump, ceci malgré leurs relations amicales. Il a évoqué l’intention du gouvernement américain de rejeter l’accord de Paris au sujet du réchauffement de notre planète, il a évoqué les distancions en ce qui concerne l’Iran et puis s’est longuement concentré sur la question des taxes douanières, de l’isolationnisme préconisé par le Président, a parlé des qualités des libres-échanges en évoquant aussi l’aspect social qu’un rejet pouvait entraîner. À son avis ce sont les classes moyennes qui en feraient avant tout les frais, une conséquence qu’il ne peut pas accepter. À la fin de son discours il y a eu une grande ovation de toutes les personnes présentent dans l’hémicycle. Il est probable qu’Emmanuel Macron n’aura pas pu fléchir Trump à remettre en questions ses visées politiques, mais il a clairement évoqué ce qui risquait de mettre à rude épreuve les relations transatlantiques. Il a agit d’une manière très habile en flattant le locataire de la Maison Blanche, en lui témoignant de la sympathie. Mais il a su très bien départager l’aspect théâtral de sa visite, du fonds politique. Un tour de passe-passe mené avec tout le brio qu’on lui connaît. Il a donné en tous les cas l’impression d’être un leader incontournable en Europe et a ravi ainsi la position que détenait jusqu’à présent Angela Merkel. Au fait elle sera demain, elle aussi, à Washington. La rencontre avec Donald Trump sera bien moins amicale, d’autant plus qu’elle n’a aucun sens du show-business. Comme il est de mise chez les gens d’Allemagne du Nord, et protestants de surcroît, elle n’ira pas par quatre chemins, pour lui montrer le maximum de retenue. Mais il faut dire, que son ami Emmanuel lui a bien préparé le terrain.

Elle ne pourra que répéter ce qu’il a dit devant les deux chambres rassemblées au Capitole. Ce sera plutôt dans le cadres des relations bilatérales qu’il y aura des tiraillements. Le président américain reproche au gouvernement allemand de ne pas assez investir d’argent dans la défense, de pratiquer une politique inamicale en ce qui concerne le commerce extérieur. Je pense qu’à ce sujet bien précis il ne lui fera pas de cadeaux. Contrairement à la France, les Américains étaient habitués depuis la fin de la guerre, que la République Fédérale joue le rôle du chien couché, approuvant tout ce qui venait de leur part. Ce n’est heureusement plus le cas, mais les conséquences sont des rapports tendus et une atmosphère assez glaciale. Sans pour autant tout accepter, il faudra que ces relations deviennent plus pragmatiques dans l’intérêt de l’Europe et des USA. Une épreuve ardue lorsqu’on considère les deux protagonistes qui se trouvent à des années lumières, l’un par rapport à l’autre. Mais d’un autre côté Trump ne peut pas ignorer la puissance économique de l’Allemagne. Il sera bien forcé en fin de compte de composer avec elle, car elle est incontournable. Dans un tel contexte il serait plus que nécessaire, que l’amitié franco-allemande s’approfondisse. J’ose espérer que Madame Merkel montre plus de souplesse.

pm

http://www.lemonde.fr/international/article/2018/04/25/devant-le-congres-des-etats-unis-emmanuel-macron-plaide-pour-l-environnement-et-la-diplomatie_5290683_3210.html

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