Hella Kherief, une aide-soignante de Marseille, a écrit un livre au sujet de la situation des Ehpads, les établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Elle a été renvoyée d’une maison privée à la suite de ses révélations. Elle y décrit le quotidien des pensionnaires et le désarroi du personnel ne pouvant pas faire face aux tâches qui lui sont assignées. Elle y décrit ce que ses collègues un peu partout en Europe vivent jour après jour. La branche se trouve en état de collapsus, c’est à dire d’un effondrement complet. L’État n’est plus en mesure d’assumer à lui-seul les soins des personnes du troisième-âge, car la population vieillit de plus en plus et ceci grâce au progrès de la médecine. Il est aujourd’hui possible de rallonger la vie de quelques années, mais dans quelles conditions ! Tant que cela n’atteint pas la dignité humaine, il n’y aurait rien à redire, mais ce n’est souvent pas le cas. Les Ehpads sont souvent transformés en mouroirs, où on parque des grabataires. Pour essayer d’épargner au mieux le personnel, les seniors sont gavés de médicament, afin de les maintenir dans un état semi-comateux. Les visites que j’ai faites dans de tels établissements me reviennent à l’esprit. Je me souviens des regards vides de certaines de mes connaissances. Certaines étaient encore il y a peu vives, capables de comprendre ce qu’on leur disait. Dans un temps record, elles devinrent des légumes à cause des coups de massue chimiques qu’on leur assénait. Pourquoi ne pas faire intervenir la nature ? Les faire mourir correctement ? Weiterlesen

Je n’aurais jamais pu m’imaginer que nous soyons arrivés à une situation, Monique et moi, qui pourrait nous concerner, si nous ne nous agrippions pas à la vie pour éviter d’être placés dans une Ehpad, les maisons de soins pour des personnes du troisième âge. Dans bien des cas le quotidien des pensionnaire est déshonorant. Pas parce que le personnel soignant refuse d’intervenir, bien plus par manque de salariés. Il est malheureusement clair que les moyens sont limités. On préfère investir plus pour les jeunes, qui ont tout l’avenir devant eux, que de dépenser de l’argent pour des personnes se trouvant déjà à l’article de la mort. Des faits qui ont pour conséquence que la toilette des pensionnaires doit se faire au pas de course et qu’elle soit limitée, dans le cas de douches, souvent à une fois par quinzaine. Il en est de même pour les repas qui doivent être englouti en un temps record à des heures impossibles. Souvent ces repas sont donnés à 17 heures 30, de manière à ce qu’il ne soit pas nécessaire de faire des heures supplémentaires. Et qu’en est-il de mettre des habits propres ? Cela prend aussi du temps et coûte de l’argent. Les vieux sont mis sous pression afin qu’ils ne salissent pas leurs vêtements. Souvent ils sont soumis à des réprimandes de la part des infirmiers et infirmières en gériatrie. Weiterlesen