La France a décidé de retarder jusqu’au mois de novembre la livraison du Mistral à la Russie. Pas une bonne nouvelle pour le chantier naval de Saint-Nazaire. Le Président ne pouvait pas faire autrement que de se plier aux revendications des États-Unis et de leurs alliés occidentaux. La pression était trop grande. Nous n’avons pas à faire à un produit anodin. Il s’agit d’une arme de guerre. Avec ce qui se passe actuellement en Ukraine, la décision est compréhensible. Mais ne nous leurrons pas. C’est un sacré coup dur pour l’économie française. Il n’est pas étonnant que les salariés voient avec inquiétude ce qui se passe à leur dépend. La raison d’État ne leur apportera pas du beurre dans leurs épinards. Cet exemple montre à quel point nos économies sont vulnérables. Il est indéniable que d’autres acheteurs potentiels se méfieront et annuleront leurs commandes. Du point de vue éthique il n’a rien à redire, mais lorsque il s’agit de chômage, les esprits s’échauffent. On regarde son porte-monnaie, moins les aspects pervers qu’un conflit peut générer. Malgré toutes ces considération, il est impossible pour la France de laisser aller les choses. Tant que Vladimir Poutine ne respectera pas le droit des peuples, il ne peut être soutenu. Il faut espérer qu’il entende raison. Jusque là il se passera du Mistral !

 pm

http://www.liberation.fr/monde/2014/09/03/la-france-remet-en-question-la-livraison-du-premier-navire-mistral-a-la-russie_1093012

 Pierre Mathias

Le journaliste américain Steven Sotloff a été décapité pas le jihadistes du mouvement ISIS. Une fois de plus une scène d’horreur montrée sur internet. Cela les désavoue est contredit complètement les lois du Coran. S’attaquer ainsi à un innocent qui n’a que fait son travail, est lâche. Je ne peux que désavouer complètement un tel agissement. Où veulent-ils en arriver ? Braver l’occident ? Ou faire régner sur le territoire qu’ils occupent la terreur ? Je ne comprends pas que des personnes venant de nos banlieues puissent avoir en eux une telle haine. Certes, les descendants de l’immigration n’ont pas été toujours bien traités pas nos concitoyens. Certes le racisme est encore de mise dans ces points chauds. Mais il n’y a pas que ça. Les jeunes ont été à l’école, ont fait des rencontres qui ne sont pas toujours marquées par le rejet. Et pourtant le fanatisme a eu le dessus. Un moyen de se revaloriser ? De sortir de l’ornière de l’exclusion ? Quelle illusion ! Je suis le premier à condamner l’atmosphère que certains citoyens « bien pensants » font régner dans nos cités. Mais est-ce une raison de sombrer dans la violence ? Dans l’irrationalisme ? Nous avons dû faire de graves erreurs pour qu’on en arrive là. Un peu de réflexion nous ferait du bien pour éviter à l’avenir de telles horreurs. Steven Sotloff a payé de sa vie pour des problèmes dont il n’est pas à l’origine. Je pense aux siens qui ne peuvent qu’éprouver une profonde douleur.

 pm

http://www.liberation.fr/monde/2014/09/02/l-etat-islamique-revendique-dans-une-video-la-decapitation-d-un-2e-otage-americain_1092362

 Pierre Mathias

Est-on arrivé à la fin du partenariat entre l’Europe et la Russie ? À en croire le président de la République Fédérale d’Allemagne, cela pourrait être possible. Cela serait un coup dur pour tous les protagonistes. Ce n’est pas avec des paroles lancées à la hâte, que la situation pourra s’améliorer. Prétendre que Kiev pourrait tomber en moins de deux semaines entre les mains des Russes, n’est pas une marque d‘ apaisement, au contraire. Monsieur Poutine devrait savoir que de telles joutes oratoires ne sont que de l’huile jetée dans le feu. Il n’a rien appris de l’histoire. Tous belligérants sont en fin de compte des perdants. Pour son pays ce serait une catastrophe. L’appeler à la raison est du devoir de nous tous. Ce qui paraît à première vue proche de l’indifférence, est en fait une tactique raisonnable. Les Européens ne veulent pas provoquer, ils cherchent à calmer les esprits, ce qui à mes yeux est la seule alternative possible. Envoyer des troupes en Ukraine serait de la folie. Non, nous n’avons pas besoin d’une guerre. Il serait temps que le secrétaire général de l’Otan en prenne conscience. Je ne veux pas à tout prix faire de l’attente un dogme, mais que reste-t-il d’autre à faire ? Une chose est claire, nous nous trouvons en plein dans un champs de mines. Le moindre mouvement peut tout faire éclater. C’est la raison pour laquelle je soutiens Joachim Gauck, lorsqu’il essaie de « désamorcer cette crise. »

http://www.liberation.fr/monde/2014/09/01/donald-tusk-s-inquiete-d-une-guerre-non-seulement-dans-l-est-de-l-ukraine_1091273

Pierre Mathias

Lorsqu’on avance trop les pions sur un damier, on risque de s’embourber. C’est l’impression que me donne Vladimir Poutine. Il est évident qu’il s’est fourvoyé dans un cul-de-sac, même si l’impression ne prévaut pas actuellement. S’il fait marche-arrière, il serait la risée de ses concitoyens. Il s’est forgé le profil de l’homme fort et ne veut pas s’en départir. D’où l’idée absurde de créer un état autonome au sud-est de l’Ukraine. Personne ne cautionnera au sein de l’UE une telle idée. L’histoire a démontré où pouvait mener de tels plans. Non, nous n’avons vraiment pas besoin d’un nouveau Vichy ! Malgré les réticences que nous avons à l’égard de la Russie, il serait bon de réfléchir comment sortir de cette ornière. Les choix sont très restreints. Ou nous faisons la guerre, ce que personne ne veut, ou on négocie. C’est là que le bât blesse. Que pourrions nous apporter sans blesser les Ukrainiens ? Rien à part une aide militaire et de gros sous ! Que l’on veuille ou pas, nous sommes les cocufiés ! Poutine, en fin joueur d’échecs le sait depuis longtemps. Nos sanctions ne l’impressionnent pas. Il en va de l’honneur de sa patrie et cela ne se monnaie pas. Il ne nous reste que le profil bas. Enverrons-nous des démarcheurs pour l’amadouer ? Sans aucunement vouloir comparer Poutine à Hitler, il y a bien un relent de Munich en 1938. Que faire ? Quoiqu’il arrive je me sens mal à l’aise, car je ne vois aucune issue à ce conflit. Il y a bien une forte minorité russe dans cette région qui voudrait un rattachement. C’est bien cela qui rend si difficile une conciliation.

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/08/31/vladimir-poutine-evoque-la-creation-d-un-etat-dans-le-sud-est-de-l-ukraine_4479498_3214.html

Pierre Mathias

L’opinion des Français concernant les partis est au plus bas. Pas un seul s’en tire bien. Le spectacle qu’ils donnent est désolant. C’est le sentiment d’impuissance qui est le plus inquiétant. Bien sûr, il y a le vieux réflexe de rejet de la politique en général qui entre en ligne de compte. Mais ce n’est qu’un aspect. Les sondages en disent plus. Ils remettent en question un système démocratique, qui aux yeux de ses détracteurs, n’a plus prise sur le quotidien. Ce qui m’étonne dans cette étude, c’est que le FN ne s’en tire pas mieux. La femme ou l’homme providence ne semble pas jouer le rôle qu’on aurait pu lui imputer. C’est assez rassurant, mais ne doit pas masquer le malaise latent. Que faire ? Les partis devraient revoir leur profil. La politique vit des programmes électoraux, des promesses assurant un meilleur avenir. Mais que faire dans une époque, où les sous se font rares ? On ne peut que faire des déçus. Il est évident qu’une baisse des impôts et des charges sociales pourrait redorer le blason de certains mouvements. Mais c’est une arme à double tranchant. Ce qu’on prend aux uns, on le donne aux autres. Et l’État ? Sans entrées adéquates, il y aurait des lacunes. Personne ne le désire ! Dans une telle situation, l’immobilisme s’instaure. Bien sûr il y a aussi les acteurs. Ils ressemblent à des poules affolées par la présence du renard. Personne à qui on peut faire confiance, confier ses soucis. Il n’y a pas de quoi pavoiser. Tant que la politique ne retrouvera pas une assise, il y a danger.

pm

http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/08/31/l-image-catastrophique-des-partis-politiques_4479460_823448.html

Pierre Mathias

Ambiance morose à l’université d’été qui se tient à La Rochelle. Les militants ne savent plus à quel saint se vouer depuis que François Hollande a découvert le libéralisme. Dans son discours il est moins question des travailleurs que des patrons qui doivent être cajolés. Je soutiens sans réserve le pacte de solidarité, car je ne vois pas d’autres solutions pour sortir de la crise. Mais il doit être équitable pour tous. Manuel Valls a omis de parler des salariés dans son discours du Medef. Ce n’est pas à mes yeux une omission mais l’amorce d’une nouvelle politique. Je reconnais au passage Gerhard Schröder. Si c’est ainsi, les plus démunis passeront un mauvais quart d’heure. N’a-il pas compris que le meilleur moyen d’encourager la relance, c’est de resserrer les rangs. Il n’en est pas question ! Tout cela parce qu’un vent de panique souffle sur le Palais de l’Élysée. Pour le parti socialiste, c’est la Bérésina. S’il continue à soutenir la politique gouvernementale, il sombrera comme le Titanic, s’il ne le fait pas, il implosera. Dans un tel contexte il n’y a guère d’espoir. Je ne vois pas comment sortir de l’ornière. D’accord, il est facile de proférer de belles paroles et de donner de savants conseils. Je le ferai tout de même. « Monsieur le Président, ne jouez pas à la girouette, sauvegardez les options avec lesquelles vous avez gagné les élections ! » Cela sonne bien, mais n’est pas réaliste. La crise nous étouffe, étouffe nos principes, nous rend si vulnérable que nous en sommes paralysés. Est-ce le message de La Rochelle ?

 pm

http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/08/29/enervement-lassitude-et-sideration-bienvenue-a-l-universite-d-ete-du-ps_4479205_823448.html

Pierre Mathias

Vladimir Poutine poursuit sans relâche ses provocations. Qu’a-t-il encore à perdre ? Il sait que l’occident ne pourra pas dépasser un certain seuil, sinon la catastrophe serait programmée. L‘ Ukraine restera encore longtemps un territoire convoité. Pour la Russie il s’agit de restaurer ses idéaux hégémoniques. Mais il y a à mes yeux encore une autre raison pour le maître du Kremlin d’agir de la sorte : il lui faut un « amuse-bourgeois ». Le but est de camoufler les difficultés économiques que vit son pays depuis un certain temps. Les milliardaires qui se prélassent à la Côte d’Azur ou ailleurs ne représentent pas l’état des lieux. Ils sont une vitrine provocatrice, rien de plus ! Des vautours qui appauvrissent leurs concitoyens. La pauvreté sévit dans les campagnes, c’est cela la réalité. Pour contrecarrer cette précarité, rien de tel que le nationalisme. Il aveugle le bon peuple qui gobe tout ce qu’on lui sert. L’impression d’avoir le ventre vide s’en trouve atténuée. En envoyant des soldats « volontaires » dans la région de Donezk, Poutine attise les esprits. À ses débuts la guerre provoque toujours l’enthousiasme, après le désespoir. Un sujet de réflexion. Je ne pense pas que cela soit une bonne méthode de provoquer les autres nations européennes. Le Président est entrain de galvauder un capital qui aurait pu donner du pain à des millions de personnes. L‘ Europe a besoin d’unité. Qu’on le veuille ou non elle s’étend jusqu’à l’Oural. À bon entendeur !

 pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/08/28/les-etats-unis-surs-d-une-intervention-russe-en-ukraine_4477928_3214.html

Pierre Mathias

A l’époque Martine Aubry avait eu l’illusion que la semaine à 35 heures pouvait raviver l’emploi. Ce n’est pas le cas, le contraire même. Les entreprises sont noyautées et arrivent mal à contrecarrer la concurrence étrangère. Souvent elles sont obligées de déposer leur bilan. Emmanuel Macron, le nouveau ministre de l’économie, est entrain de tuer la vache sacrée du socialisme à la française. Il préconise une voie libérale, plus réaliste et pragmatique. À l’avenir les patrons, en accord avec leur personnel, pourront déroger à la règle actuelle. C’est déjà le cas actuellement pour les maisons en difficulté. Ce que nous observons là est un retournement radicale de la politique de François Hollande. Pour sauver sa peau il a fait un virement à droite, ce qui ne correspond plus du tout aux principes qu’il a évoqué lors de la campagne présidentielle. La situation désastreuse du pays l’y oblige. Tout en étant un homme de gauche, j’aurais probablement agi de même. Mais je crains fort que cela ne suffise plus. L’entreprise française a vécu trop longtemps sur ses deniers. La recherche a battu de l’aile. Peu de créations ! Au lieu de tabler sur l’imagination et la fibre inventive, on a voulu s’adapter au marché international. Cela ne pouvait pas fonctionner parce qu’il y a saturation. Seul l’originalité peut sauver l’industrie. On en est loin. Emmanuel Macron a certes pris une bonne décision, mais elle ne suffira pas à donner un coup de fouet, à moins que…

pm

http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/08/28/emmanuel-macron-veut-autoriser-les-entreprises-a-deroger-aux-35-heures_4477840_823448.html

Pierre Mathias