Et les voilà en vacances forcées. Je veux parler du parlement anglais. Pendant cinq semaines il se tournera les pouces malgré tout le boulot qui reste encore à faire. Boris Johnson a pris une mesure antidémocratique en court-circuitant Westminster. Je ne reviendrai pas sur l’arbitraire qui semble l’habiter. Mais une chose est certaine, il a échoué sur toute la ligne. En rejetant des élections anticipées pour une deuxième fois cette nuit, je ne sais pas trop quelles cartes lui restent à disposition. Il sera forcé de faire des propositions contre son gré à l’UE, mais peu importe, il a dorénavant perdu la face. Tout cela démontre que l’Union est une des mécaniques des plus complexes. Tout s’imbrique l’un dans l’autre. Dès qu’un engrenage prend la grippe, tout s’enraye. D’où le proposition de Tony Blair qui prônerait un nouveau référendum. Une remise en question du Brexit aurait bien des avantages, car il semble parfaitement impossible de ménager la chèvre et le chou. Ne serait-il pas préférable qu’en fin de compte le peuple soit rappelé aux urnes ? Il est clair que la Grande-Bretagne se trouve dans une impasse, car le mensonge prima en 2016. Les électeurs furent mis à faux, car les contres-vérités évoquées déjà par le fougueux Boris Johnson, ont bien dissimulé les difficultés dans lesquels le pays était engagé. Que ce soit les droits douaniers ou la distribution des produits vitaux pour la population, il est des plus complexes de vouloir organiser des alternatives pouvant garder à flot l’économie d’un pays. Il en va aussi de questions administratives comme les lois d’immigration. Vouloir d’un trait tout éliminer d’un coup de trait, c’est de la démence. Je ne sais pas, où tout cela pourra mener, mais je suis sûr d’une chose, j’en ai plein les basques de ces coups de gueule qui caractérisent des opportunistes comme Boris Johnson. Il serait souhaitable qu’il quitte au plus vite l’échiquier politique, mais cela semble pas encore être le cas. Tout cela est bien connu, bien moins l’attitude que pourra aborder l’UE ?

Une chose paraît néanmoins certaine, il ne sera pas question de renégocier la question de la frontière entre la République Irlandaise et le Royaume Uni. Johnson promet tirer enfin le lapin du chapeau de haute-forme, comme le magicien qui dit haut et fort, « coucou me voilà ! » Non, il faut que nous nous lui mettions les bâtons dans les roues, que nous ne cédions pas. Je ne vois pas pourquoi nous subirions le chantage de cet homme arrogant, qui se croit supérieur aux autres. Que se passerait-il si l’UE envoie à Londres une fin de non-recevoir ? Une situation assez délicate pour Bruxelles, car cela reviendrait à dire que l’UE rompe tous contacts avec la Grande-Bretagne et accepte que cette dernière sombre dans la précarité. C’est le plan du premier-ministre, ce qui lui donnerait loisir d’accuser l’UE de cruauté, dévoiler son vrai visage, celui d’un rapace qui s’attaque sans vergogne aux plus faibles. Dans ce cas-là nous tomberions dans un piège de mauvais aloi. Je pense, aussi justifiées que soient les déclarations du ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, que l’UE ne devrait pas être en quelque sorte accusée de vouloir se venger du le Royaume-Uni en exauçant les vœux de Boris Johnson, celui d’une rupture sans aucune issue. Nous nous trouvons dans un beau pétrin, si je ne me trompe pas !

pm

https://www.nouvelobs.com/brexit/20190909.OBS18184/brexit-un-nouveau-referendum-vite.html

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