Au cours de son allocution à la nation du bureau ovale de la Maison Blanche, Donald Trump a à nouveau insisté que la construction du mur entre les USA et le Mexique était une question essentielle pour la sécurité, ce qui a été réfuté séance-tenant par Nancy Pelosi, la patronne démocrate de la Chambre des Représentant, qui lui reproche de faire peur à un grand nombre de citoyens, de leur jeter de la poudre aux yeux. Le président réclame 5,7 milliards de dollars pour ériger un mur, à l’égal de celui de Berlin, dans l’idée de pouvoir ainsi empêcher à de nombreux de migrants d’entrer illégalement sur le territoire national. Il a aussi évoqué le trafic de drogues. Je pense que là il se fourvoie dans des vœux-pieux. Jusqu’à présent de telles barrières n’ont jamais pu enrayer l’importation d’opiacés, au contraire. Ce conflit entre la Chambre des Représentants, à majorité démocrate, et la Maison Blanche a amené un blocage du budget de l’État. Depuis des jours un grand nombre de fonctionnaires ne peuvent plus être payés, de nombreux services sont gelés, ce qui paralyse évidemment le pays. Ce n’est pas un personnage comme Trump qui se laissera intimider par ses adversaires démocrates, qu’il accuse de livrer les États-Unis à des forces occultes, qui n’ont qu’un but, celui de lui porter ombrage. Si les démocrates ne veulent pas se dédire, ils sont eux-aussi forcés de persister. Il n’en va pour eux pas seulement d’une mesure concrète à la frontière Sud, mais plus de s’opposer farouchement à la politique isolationniste du président, de le forcer à faire machine-arrière dans tous les domaines, où il essaie de mettre en pratique de telles visions, comme dans la guerre commerciale qu’il se livre avec la Chine ou qu’il a l’intention de déclencher contre l’UE.

Par entêtement prendre en compte une crise majeure, lui sied bien, mais pourrait bien toucher aussi l’économie américaine. Puis il y a aussi le chassé-croisé au sujet de la Syrie. D’une part il veut retirer au plus vite les troupes américaines de cette partie du monde, avec l’argument que l’EI a été vaincu, ce qui ne correspond pas à la réalité. Serait-il prêt de lâcher ses alliés kurdes ou au contraire les soutenir ? Maintenant il s’est décidé momentanément pour la deuxième alternative. Il ne laissera pas champs libre à la Turquie qui déclare haut et fort, qu’il ne peut pas avoir de paix sans elle dans la région. Il semble qu’elle a été court-circuitée par les rebelles et l’armée de Baschar al Assad. Une fois de plus la preuve que l’amateurisme régit la politique extérieure des USA. Il n’y aura donc pour l’instant pas de retrait immédiat. Le président a voulu dans sa déclaration à la nation de cette nuit donner l’impression qu’il était encore « un mec », capable de résister, d’être un roc dans la tourmente, mais sans la coopération avec l’opposition démocrate plus rien ne se fera. Sommes-nous déjà entrés dans la période pré-électorale ? Personne ne sera prêt à faire des cadeaux, ce qui aura comme conséquence la paralyse de la première puissance mondiale. Puis d’autres nuages assombrissent l’horizon, ceux des affaires dans lesquels Donald Trump est plongé jusqu’au cou. Il est à craindre que pour se débarrasser de ce joug, le président pendra encore plus décisions néfastes. Il ne jettera pas de lui-même l’éponge.

pm

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/01/09/donald-trump-evoque-une-crise-humanitaire-a-la-frontiere-avec-le-mexique_5406477_3210.html

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