Je viens de faire un rêve… Plus exactement un cauchemar. J’étais un travailleur de Liverpool, qui adore le foot et est fier du club, qui fait l’histoire de la ville. Fier aussi des joueurs, qui contrairement à moi, ne tirent pas constamment le diable par la queue pour boucler les fins de mois. Je suis employé dans une fabrique qui construit des jeeps. Les exportations jouent un rôle important dans son chiffre d’affaire. Une affaire moyenne, pour qui toutes fluctuations peuvent avoir des conséquences fatales. À quelques jours de la votation à Westminster concernant le Brexit, mes collègues et moi sont de plus en plus nerveux. Le 15 janvier se décidera notre avenir. Que faire si on nous mettait au chômage, ce qui risque d’arriver ? Comme mécanicien il y a belle lurette que je ne peux plus exercer mon métier. Le travail à la chaîne ne correspond pas à mes qualifications, mais que faire ? Mes collègues viennent en général de l’Est de l’Union européenne, des pays comme la Roumaine, la Bulgarie et j’en passe. Et même s’ils devaient revenir au bercail, cela ne voudrait en aucun cas dire qu’il y ait plus de travail. Lorsque il y a du sable dans le moteur, rien ne va plus et cela risque d’être le cas. Je ne suis pas tombé de la dernière pluie. J’ai bien vu comme nos fleurons de l’industrie ont été bradés. Que des multinationales allemandes aient pu reprendre Rolls-Royce ou la Mini, est pour moi le déni complet de notre génie industriel. De vouloir miser sur les brokers de la City, semble aujourd’hui bien compromis. Un grand nombre de banques sont déjà parties des bords de la Tamise, pour se retrouver à Francfort ou ailleurs.

Et moi dans tout cela ? Je sais que Madame May n’a pas de plan b en cas d’échec de l’accord de divorce qu’elle a négocié avec Bruxelles. Une majorité au parlement lui demande alors d’improviser en trois jours une alternative. Je ne suis pas forcément un homme très instruit, mais même comme manuel je sais exactement ce qu’il en sera de moi ! Serais-je obligé de vendre la maison, d’aller vivre ailleurs ? Mais ce capital ne me servira à rien, car il n’y aura probablement pas de repreneurs. Mon grand-père m’a parlé assez souvent de la crise de 1929, où presque personne n’avait plus de quoi se mettre quelque chose sous la dent. Et dire que c’est nous qui avons déclenché ce marasme. Un vrai suicide ! Et ceci parce que nous vivons encore dans l’illusion de l’ère victorienne, où l’Empire dominait encore le monde. Plus rien de tout cela. La Grande-Bretagne fait partie des assistés. Ce ne sont pas les parades militaires à Windsor ou à Buckingham qui changeront quoi que soit. Et en plus de cela un gouvernement qui a perdu toutes assises. Une fois de plus ce sera la peuple qui trinquera ! J’en ai parlé à mes amis qui avaient voté pour le Brexit. Comme ils ne veulent pas se blâmer, ils prétendent encore, qu’il en allait de l’honneur de la nation toute entière. Je veux bien, mais ce n’est cela qui nous donnera à manger ou un toit sur la tête. Parfois je me demande, si l’exil puisse être une solution ? Je ne pense pas que l’UE soit prête à nous faire des cadeaux. L’ambiance à la maison est à couteau-tiré, parce que je me rends de plus en plus au pub ! Manière d’oublier, ce que ma femme condamne ! Un poivron, manquait plus que cela !

pm

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/01/09/brexit-les-deputes-obligent-theresa-may-a-proposer-un-plan-b-en-cas-de-rejet-de-l-accord_5406954_3210.html

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