Il est positif qu’un grand quotidien comme « Le Monde » prenne position contre le déferlement de haine que la France connaît depuis la révolte des Gilets Jaunes. Une attitude qui est étrangère avec l’idée que nous nous faisons de la démocratie, un système, où les conflits doivent être débattus dans une atmosphère constructive. Cela ne veut en aucun cas dire de vouloir étouffer les revendications, au contraire, mais d’essayer tout au moins de trouver des solutions qui seraient pour tous vivables. Je ne suis pas un partisan de l’harmonie à tout prix, qui masque des situations explosives, qu’il faut désamorcer pendant qu’il est encore temps, mais d’un dialogue constructif même s’il est violent, d’agir en amont, non pas d’attendre la catastrophe sans réagir. Lorsqu’il est question de la précarité, seul le résultat compte en fin de compte. Ce n’est pas la démarche que suit bon nombre de Gilets Jaunes, me semble-t-il. De prendre le désarroi de certains citoyens comme prétexte pour faire la révolution, est à mon humble avis tout à fait illégitime. De prôner la violence et en particulier la haine, une démarche destructive qui n’a qu’un seul but, celui d’ouvrir la porte au totalitarisme. D’attiser l’exclusion, l’antisémitisme ou offrir aux néonazis un forum, un déni de la République. C’est de cela qu’il est avant tout question, pas une attitude solidaire envers les plus démunis. Puis il y a tout ce lot de mensonges sur internet. Cela n’a plus rien de social, c’est de l’injure à l’état pur.

N’allez surtout pas croire que je soutiens le néolibéralisme, les excès du capitalisme, au contraire. Mais je mets tous ceux qui manifestent en garde contre la destruction de toutes les valeurs qui nous sommes chères comme les droits de l’homme. Il y a eu de graves erreurs en ce qui concerne l’approche de la déchéance sociale. Je veux parler d’un manque d’empathie de la part de certains dirigeants. Ce sont moins les idées qui sont condamnables, mais le manque de dialogue. À partir du 15 janvier, Emmanuel Macron va instituer des agoras partout en France, où tous les problèmes devront être débattus. J’espère que le thème de la haine soit aussi abordé. Pour faire du travail efficace, il serait temps de savoir au juste qu’elle est son origine. Elle est à mon avis due à un manque de dialogue. Bien des partenaires sont dans l’incapacité de respecter leurs vis-à-vis. Ils sont souvent plein d’idées forgées à l’avance. Avant tout les dogmes qui reposent sur des idéologies erronées, rendent caduques toute approche. Les représentants des partenaires sociaux se trouvant autour d’une table, sont catalogués d’avance. Cela mène à une paralyse plus ou moins complète des rapports humains. Lors des négociations que mon syndicat à mené avec le patronat, nous nous sommes efforcés de mettre nos sentiments par rapport à lui en veilleuse, afin de se concentrer seulement sur les revendications. Des journalistes sont souvent traités de collabos, car ils osent mettre les doigts sur les plaies. Il n’est pas question de diffamation en ce qui concerne les Gilets Jaunes, bien plus d’un changement de méthode. Je veux espérer que le grand débat national qui s’amorce dès la semaine prochaine, calmera les esprits, sans pour autant atténuer leus revendications souvent justifiées. Il ne peut pas être question de faire des Français des moutons !

pm

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/10/crise-sociale-halte-au-lynchage_5407220_3232.html

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