Qu’un parti en dérive, comme le PS, essaie par tous les moyens de redorer son blason, est légitime. En luttant contre la loi Pénicaud réglant le nouveau code du travail, il se met à porte-à-faux par rapport à ce qui a été décidé lors de l’ère Hollande. Ce qui l’a mené à sa perte est le fait qu’entre les idéaux et la réalité il a un fossé presque infranchissable. Je pense que toutes personnes sensées sont obligées de reconnaître que des réformes profondes sont indispensables. Je ne me suis pas rendu la vie facile en tant que syndicaliste d’admettre que plus de flexibilité est une nécessité absolue pour donner un coup de fouet à l’économie qui est toujours plongée dans la léthargie. Depuis le début du quinquennat socialiste, j’avais donné le conseil d’adapter les règles du monde du travail aux conditions actuelles, sans pour autant pousser les salariés dans la précarité. J’étais parfaitement conscient que certaines règles paralysaient la vie de l’entreprise, rendaient impossible les investissements indispensables pour qu’elles puissent prospérer. Mais en contrepartie j’ai réclamé dès le début qu’il y ait une participation effective du personnel à la destinée des entreprises. Il s’agissait à mes yeux de reconnecter les rapports, parfois plus que tendus, entre les travailleurs et les patrons. Tout en donnant à l’entreprise les moyens nécessaires de se développer, j’attendais de la part des chefs qu’ils prennent enfin compte de leurs collaborateurs, non pas en tant que négriers, mais comme des partenaires, qu’ils jettent du lest quant à leurs prérogatives et qu’ils leur donnent la possibilité de devenir actionnaires. Cela revient à dire, que les salariés devraient avoir leur place dans le conseil d’administration et financier de leurs entreprises, afin de participer à leur avenir.

À l’heure actuelle il est plus que néfaste que le patronat les tienne à l’écart. C’est une méthode ringarde de gérer l’outil industriel ou administratif. Le PS n’avait de son temps pas eu le courage de prendre une telle initiative, ce qui au bout du compte le précipita dans la situation où il se trouve aujourd’hui. Il n’a pas mis en place un outil mieux adapté à la concurrence internationale que subissent les entreprises. Je dois malheureusement constater, que le gouvernement actuel ne va pas assez loin dans les réformes nécessaires dans ce domaine. Il croit en acceptant d’instaurer une certaines flexibilité aux conditions d’embauches, donner de l’oxygène à certaines maisons en perdition. La loi actuelle est à mon avis un pas dans la bonne direction, mais pas plus. Elle part malheureusement d’une conception traditionnelle du monde du travail, sans avoir eu le courage d’aller jusqu’au bout. Le président aurait dû prendre l’initiative d’exiger le partage des pouvoirs au sein des entreprises. Comme le PS à l’époque il n’a pas eu le toupet de le faire. Il faut se mettre en tête que sans sacrifices de part et d’autre la France ne sortira pas du marasme actuel. Il faut absolument responsabiliser les gens, leur faire comprendre qu’il faut donner avant de prendre. Une fois de plus on fera de la demi-mesure, ce qui au bout du compte donnera place à des conflits de plus en plus acerbes. Je regrette que l’histoire se répète.

pm

http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/41541-travail-politique-travail-soutient-manifestations.html

Pierre Mathias

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