Mardi 16 décembre, un mardi noir. Au Pakistan les Talibans ont tué dans une école 141 personnes, dont 132 enfants. Les terroristes ne font plus halte contre rien. Tous les moyens leurs sont bons pour exprimer leur haine. Cela rappelle, sans qu’il y ait d’analogie directe, les massacres des petits juifs dans les camps de concentration. S’attaquer ainsi à tous ceux qui ne peuvent pas se défendre démontre que les hommes n’ont plus de complexes lorsque le venin du fanatisme les gagne. Cela les rend aveugles ! Et tout cela au nom d’idéologies ! Lorsque les assassins se croient obligés d’expliquer leur meurtres, cela engendre chez moi que du dégoût. Et tout cela dans la période de Noël, où la paix devrait régner. Dans de telles conditions je ne suis pas en mesure de fêter, de me laisser gagner par une trêve que je considère de plus en plus comme mensongère. Non, l’homme est mauvais ! À quoi bon se laisser entraîner dans des chimères ? De croire à la rédemption lorsque à côté de nous le sang d’innocents coule ? Le message qu’on veut nous faire passer, reposerait-il sur des vœux pieux ? Je suis croyant mais j’ai de plus en plus de mal à espérer. Pourquoi Dieu nous impose-t-il de telles catastrophes ? Pourquoi liasse-t-il place à la haine ? Dieu, qui devrait être bon, laisse faire, ne contrecarre pas la violence. Faut-il qu’il nous prouve constamment que nous sommes des ordures ? Il y a de quoi être désespéré, de s’arracher les cheveux ! Et nous que faisons-nous ? Nous mangeons du foie gras, buvons du champagne et lorsque nous sommes rassasiés, nous devenons sentimentaux. Le Christ est né. Il est porteur d’un message de paix qui ne nous atteint pas. Que faut-il faire ? Mettre le feu au sapin ? Décréter qu’il n’y a pas lieu de faire la fête ? Et nos enfants ? S’ils ne reçoivent pas de cadeaux, ils n’en mourront pas ! Pas comme les écoliers pakistanais ! Il serait temps de méditer, de prendre conscience que nous dérivons une fois de plus complètement, que le mal est plus présent que jamais malgré les cantiques que nous entonnons ! Mais personne ne veut changer ses habitudes. Les pharisiens continuerons à aller à l’église en se disant : « Il ne s’agit que de petits musulmans ! Que seuls des sauvages agissent de la sorte ! » Je ne sais pas comment Jésus réagirait dans une telle situation, mais je pense qu’il ne serait pas en mesure de faire comme si de rien n’était. Peut-être nous inciterait-il à agir, de faire en sorte que la tolérance reprenne ses droits. Il n’en est rien ! Il est à craindre que la haine gagne aussi l’Europe et que des innocents y trouveront la mort, parce qu’ils représentent pour des citoyens bien pensant, l’ennemi à éliminer. Une menace qui devrait nous faire réfléchir !

 pm

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/12/16/au-pakistan-l-attaque-des-talibans-la-plus-meurtriere-d-une-longue-serie_4541698_3216.html

Pierre Mathias

Sensible Schätze solltest du schätzen, denn sie sind unser Schatz. Ein Schatz inmitten eines humanen Aschehaufens, der gequält und ausgelaugt wird. Sensibilität, eine erwünschte Gabe eines edlen Menschen, liebend umgarnt, jeder beansprucht das für sich. Wirklich sensible Menschen ticken anders. Sie erklären nicht viel, sie fühlen. Sie fühlen mehr als jeder andere, sie riechen den Geist und die Seele in der Luft. Brauchen keine Statistik, um zu sehen, was der  Gepufferte nie sehen würde. Und mag er seine Augen auch noch so weit aufreißen. Und mag er seine Nase auch überall reinstecken. Und mag er seine Ohren überall haben.

Sensibilität macht oft traurig. Macht hilflos. Macht im schlimmsten Falle krank. So ist das mit den Gaben der Natur, man hat sie sich nicht ausgesucht.

Sensibilität braucht keine Erklärung, braucht einfach nur Respekt und Ehrgefühl. Wir brauchen dringend Menschen, die uns wirklich lieben. Damit meine ich…wirklich! Feinfühligkeit verlangt nach Fingerspitzengefühl. Verstehen die Menschen das? Sie messen mit zweierlei Maß und viel zu oft erleben wir es, dass der Mensch sich freut, wenn man ihm zart-feinfühlig gegenübersteht, er/ sie aber vergessen, mit wem sie es zu tun haben. Fein, denken Sie. Ein feiner und ein sensibler Mensch, denken Sie. Aber haben sie auch den Schmerz gespürt, den jeden von ihnen innerlich begleitet? Den Schmerz, den wir durchlebt haben und täglich neu durchleben? Innerlich ständig zerrissen sind von den Dingen, die sie tun oder erschaffen? Wir sind die unsichersten Menschen auf diesem Planeten!!!

Sensibilität wünscht sich jeder, aber wer vermag es, damit gut umzugehen? Oberflächlich betrachtet fast ein Modewort geworden. Innerlich betrachtet ist es ein überhohes Maß an Empathie und der Empfindsamkeit der feinen Nervenendigungen, die über den ganzen Körper verteilt sind.  Die Sinnesorgane sind empfindlicher ausgebildet. Das wäre die grobe medizinische Erklärung.

Bestimmt sind sensible Menschen anstrengender als rational gesteuerte Menschen. Sie haben einen hohen Anspruch, aber sind imstande eine Form von Kunst und Künsten zu kreieren, die einem die Sprache verschlägt.

Schenken Sie einem sensiblen Menschen Beachtung und großen Respekt. Nichts ist selbstverständlich, nichts.  Auch nicht die freie Zuwendung eines sensiblen Menschen für Sie. Sie pflegen ihre Nägel, ihre Blumen, ihren Garten?  Wäre es zu viel verlangt, wenn ich für die Pflege, den Respekt und Liebe eines  sensiblen Menschen (an ihrer Seite) heute ein Plädoyer halte?  

Sensibilität zu haben, ist nicht einfach. Man möchte den Kopf zumachen, sich verkriechen, irgendwo Kraft tanken, sich geborgen niederlassen, sich austauschen, alles auf einmal tun und manchmal nichts. Geistig und emotional. Verstandesgemäß rückt das jetzt beim Leser in sein Hirn und jeder fühlt sich natürlich dazugehörig. Das ist aber n i c h t der Fall …und so werden die Schätze unseres Humanismus oft unverstanden zu Grabe getragen.

 

 © Petra M. Jansen

  http://jansen-marketing.de

François Hollande s’est rendu à La Cité nationale de l’histoire de l’immigration et a lancé un appel pour plus de tolérance vis-à-vis des étrangers. Il a rappelé que la France avait profité de leur venue, que ce soient dans les domaines culturels ou économiques. Bien des décideurs sont issus à l’origine de leurs rangs. Le Président a plaidé pour le maintien des accords de Schengen garantissant la libre circulation des personnes au sein de l’Europe. Cette visite a lieu dans un contexte tendu. Les pays de l’UE sont en proie à une xénophobie de plus en plus virulente. À Dresde plus de 15.000 personnes ont défilé lundi soir pour « sauvegarder l’occident face à la montée de l’Islam ». Des citoyens conservateurs encadrés pas des néonazis. Une dérive ? Angela Merkel a critiqué vertement ce genre de manifestation, mais qu’a-t-elle comme moyens pour enrayer une évolution qui trouve de plus en plus d’adhérents ? Appeler à plus d’indulgence en ce qui concerne les réfugiés politiques ne servira pas à grand chose avec la peur qui règne actuellement. Les gens se sentent menacés et le disent ouvertement. Il faut dire que les agissements des fondamentalistes ne favorisent pas le calme. La prise d’otage de Sydney est un jalon de plus dans la direction de la violence. Il est difficile de faire comprendre à la population que tout amalgame entre le terrorisme et une grande religion monothéiste est une hérésie tant la haine gagne du terrain. Le respect d’autrui doit être pratiqué de part et d’autre. À l’heure actuel il ne l’est pas. Que nous le voulions ou pas, nous nous trouvons dans un état de guerre. Mais à l’encontre de conflits classiques, comme celui de l’Ukraine, il n’y a pas d’interlocuteurs avec qui négocier. Une haute autorité de l’Islam n’existe pas. Nous avons affaire à des groupuscules qui agissent indépendamment les uns pas rapport aux autres. Cela me rappelle la guerre de trente ans, où des hordes de paysans ont dévasté l’Europe. Dans de telle conditions il n’est pas étonnant que des gens comme vous et moi essaient de se défendre par leurs propres moyens. Mais attention, on est à deux pas de la politique de la ratonnade et du lynchage. Une situation insupportable. C’est une bombe à retardement pour tout le continent d’où il ne sortira qu’un vainqueur : l’extrême-droite. C’est là qu’on peut s’apercevoir à quel point la démocratie à les pieds fragiles. À vrai dire je n’ai pas non plus de réponse. Sommes-nous engagés dans un processus qui au bout du compte nous anéantira tous ? Il faut le craindre !

pm

http://www.liberation.fr/politiques/2014/12/15/suivez-en-direct-le-discours-de-hollande-sur-l-immigration_1164098

Pierre Mathias

Weekend Column

This year is a special year. Just walk through a pedestrian zone. Some people of Pegida demonstrate against domination by foreign influences. Inside the department store at the television department news are running: danger by terrorist group „Islamic State“. Bearded men with headgear look at me grimly. Opposite, on a promotion poster a white-bearded man in red garb with headgear is smiling at me. Whom can I trust? Outside there is a Christmas fair, which is called now “winter fair”. We don´t want to offend anybody. There are people who do not celebrate Christmas. We conform to others, become integrated. To whom or into what, this is the question. I have no idea! Declining prices at the gas station down the road. Oil is getting scarce, at the moment there is more oil on the market as the years before. At my bank, I became one of the evil. Savers will soon have to pay penalty interest, because they do not spend their money. It takes only short time to fall into disrepute! I have bought all gifts now, carrying them in my shopping bags. I try to be politically correct. How to call them: Christmas or year-end gifts …?!

Wochenendkolumne

Dieses Jahr ist ein besonderes Jahr. Gehen Sie doch einmal durch eine Fußgängerzone. Da demonstrieren welche von Pegida gegen Überfremdung. Im Kaufhaus in er Fernsehabteilung laufen Nachrichten: Gefahr durch Terrorgruppe „Islamischer Staat“. Bärtige Männer mit Kopfbedeckung schauen mich grimmig an. Gegenüber auf einem Werbeplakat lächelt mich ebenfalls ein weißbärtiger Mann in roter Kluft mit Kopfbedeckung an. Wem kann ich trauen? Draußen ist ein Weihnachtsmarkt. Der heißt jetzt „Winterfest“. Wir stoßen niemanden vor den Kopf. Es gibt Leute, die kein Weihnachten feiern. Wir passen uns an, integrieren uns. An wen bzw. in was eigentlich? Keine Ahnung! An der Tankstelle die Straße runter fallen die Preise. Das Öl wird knapp, im Moment ist soviel davon auf dem Markt wie schon lange nicht mehr. Bei meiner Bank bin ich jetzt unter die Bösen geraten. Sparer müssen demnächst Strafzinsen zahlen, weil sie ihr Geld nicht ausgeben. So schnell kommt man in Verruf! Die Geschenke habe ich jetzt alle in den Einkaufstüten. Man will politisch korrekt sein. Heißen die jetzt Weihnachts- oder Jahresendgeschenke … ?!

 

© Thomas Dietsch

Libération titre : Fatima Allaoui, nouvelle secrétaire nationale de l’UMP à la formation professionnelle, est issue du Siel, un micro parti affilié au Rassemblement Bleu Marine. Donc un mouvement d’extrême-droite. C’est Nathalie Kosciusko-Morizet, la vice-présidente du mouvement, qui a soutenu cette élue de Béziers. N’ayant pas été nommée pour une cantonale, elle a par dépit rejoint des proches du Front National. Elle a depuis fait son mea culpa et est rentrée au bercail ! Cet épisode démontre à quel point la démarche de Nicolas Sarkozy est ambigue. Il en va que de sa nomination, non pas de l’avenir de la France. Une telle attitude n’engendra certainement pas un nouvel élan de confiance envers la politique. Elle est franchement nauséabonde lorsque seuls des intérêts personnels priment. Je pense au Général de Gaulle que de telles combines auraient sûrement dégoûté. Un parti se permettant une telle dérive n’est pas crédible. L’ancien président n’a-t-il pas remarqué qu’il met ainsi de l’eau au moulin de Madame Le Pen ? Non, il est trop imbu de lui-même pour se poser de telles questions. Lorsqu’on butte sur de tels agissements, il n’est pas étonnant que certains citoyens prennent leurs distances. La situation actuelle devrait l’inciter à lutter contre l’intolérance. Est-ce trop demandé à un leader qui a occupé la plus haute fonction de l’État ? Je trouve cela tout simplement irresponsable. Ne remarque-t-il pas qu’il poignarde ainsi ses compagnons conservateurs, qu’il les met dans une situation intenable ? Ce n’est vraiment pas une réponse à apporter à des électeurs qui attendent de la politique des réponses constructives. Faut-il se comporter comme Fatima Allaoui pour faire carrière ? Pour occuper des postes de responsabilité ? Où est resté l’honneur, le respect des citoyens ? En agissant ainsi Monsieur Sarkozy va tout droit à la catastrophe. Si cela ne concernait que lui, il y aurait rien n’a redire. Mais ils entraîne avec lui des personnes honorables et compétentes comme Alain Juppé. Je les incite à protester vertement et à prendre leurs distances envers de tels compromis. Si flirter avec l’extrême-droite est pour Nicolas Sarkozy une option, il bafoue les compagnons de la Libération, qui ont souvent payé de leur vie leur refus de se soumettre au totalitarisme. Et encore une question en passant : à quoi bon voter Sarko si on a comme alternative Marine Le Pen ? Au moins elle n’est pas un caméléon.

PS: L’UMP s’est aperçu qu’il a fait une gaffe monumentale. Fatami Allaoui ne sera pas secrétaire nationnale. Mieux tard que jamais! Malgré tout je suis méfiant à l’égard de Nicolas Sarkozy qui a tendance de lorgner à droite, à l’extrême-droite. Que cela lui serve de leçon!

pm

http://www.liberation.fr/politiques/2014/12/14/sarkozy-nomme-une-secretaire-nationale-d-extreme-droite_1163597

Pierre Mathias

Declino dell’Occidente

Questi giorni in DIE WELT è stato da leggere che i manifestanti Pegida conducono una campagna in città tedesche contro l’alienazione dell´occidente in seguito a islamizzazione, muezzin, sharia e burqa. L’Occidente ei suoi valori devono essere salvati. È tempo di chiedersi che cosa questo „Occident“ è in realtà. „L’Occidente“ include la parte occidentale dell’Europa, in particolare la Germania, l’Inghilterra, la Francia, l’Italia e la Penisola Iberica (Meyers Hand-Lexikon, quarta edizione 1888, Vol 1, pag 3). „Occidente“ deriva dal latino occidens, della direzione ovest, dove il sole affondava nell’Impero romano. In contrasto con l’Oriente. L’Occidente come termine nasce infatti nel romanticismo, ha raggiunto il suo culmine nel ideologia occidentale degli anni cinquanta del secolo scorso. La gente ha cominciato a fare il missionario. Il mondo dovrebbe essere sviluppata sulla base dei valori dell’Europa occidentale. Questo già avevamo dal punto di vista religioso! Prima i missionari cristiani partivano a convertire altre culture alla fede “giusta”. Per questo si ha assassinato migliaia. Noi ricordiamo alle crociate! Quanta cultura è stato distrutto in quel tempo?! I nostri valori non sono meglio o peggio di quelli delle altre culture. L’Europa si ha distrutto stesso in due guerre mondiali. Come dovremmo essere un esempio per gli altri? La tolleranza verso gli altri è importante in un mondo globalizzato. Si tratta di imparare dagli altri, non escluderli.

Untergang des Abendlandes

In DIE WELT war die Tage zu lesen, dass Pegida-Demonstranten in deutschen Städten gegen die Überfremdung des Abendlandes durch Islamisierung, Muezzine, Scharia und Burka zu Felde ziehen. Das Abendland und seine Werte sollen gerettet werden. Es ist an der Zeit zu fragen, was dieses „Abendland“ eigentlich ist. „Abendland“ oder auch „Okzident“ beinhaltet den westlichen Teil Europas, besonders Deutschland, England, Frankreich, Italien und die Iberische Halbinsel (Meyers Hand-Lexikon, Vierte Auflage 1888, Bd 1, S. 3). „Okzident“ kommt von lateinisch occidens, der westlichen Himmelsrichtung, dort, wo die Sonne im Römischen Reich unterging. Ganz im Gegensatz zum Orient. Das Abendland als Begriff entstand eigentlich erst in der Romantik, erreichte seinen Höhepunkt in der Abendland-Ideologie der 1950er Jahre. Man fing an zu missionieren. Die Welt sollte an den Werten Westeuropas genesen. Das hatten wir schon einmal aus religiöser Sicht! Damals zogen die christlichen Missionare los, um andere Kulturen zum „rechten“ Glauben zu bekehren. Da wurde tausendfach für gemordet. Man erinnere sich an die Kreuzzüge! Wie viel Kultur wurde damals zerstört?! Unsere Werte sind nicht besser oder schlechter als die anderer Kulturen. Europa hat sich in zwei Weltkriegen selbst zerstört. Wie wollen wir da anderen als Vorbild dienen? Die Toleranz gegenüber dem Anderen ist in einer globalisierten Welt wichtig. Es geht darum, von anderen zu lernen, nicht sie auszugrenzen.

© Thomas Dietsch

Ce n’est pas qu’en France que la politique se rend la vie difficile avec le problème des fins de vies. Faut-il autoriser l’euthanasie comme aux Pays-Bas ou en Belgique ? Ou faut-il interdire toutes pratiques mettant un terme à une existence ? Que dire du suicide individuel préconisé par l’association « Exit » en Suisse ? Il est évident que dans l’état actuel des choses, seul un compromis est possible. Le soutien apporté par le chef de l’Etat aux propositions des députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP) sur l’évolution de la législation me semble être une solution acceptable. Une sédation profonde et continue devrait trouver l’assentiment d’une majorité, à condition que le malade accepte de s’y prêter. Ce serait un frein à des manipulations consistant à prélever des organes sans en référer à l’éthique médicale. Pour que cela soit possible, le patient doit vivre encore. C’est aussi à ce sujet que les protestataires devraient intervenir. Ils ne peuvent pas à mon avis forcer le Président de donner le feu vert à une mort active. Dans les pays où elle se pratique, les abus ne peuvent pas être ignorés. Intervenir chez des enfants ou chez des malades nerveux frise les pratiques du 3ème Reich. La question qui se pose est de savoir quels critères doivent être appliqués ? N’est-il pas de l’intérêt de la Sécu d’envoyer des membres gravement malades dans l’au-delà pour faire des économies ? N’est-ce pas la porte ouverte à l’eugénisme qui a pour but de « régulariser » à sa guise une société et ceci au nom de la santé publique ? Une manière d’éliminer tout individu ne correspondant pas aux normes édictées ? Je sais que la plupart des personnes réclamant la liberté de « choisir sa mort », condamnent de telles pratiques. Mais une fois que la loi admettrait la mort active, rien ne pourra empêcher de pratiquer « des exceptions ». J’ai tourné un film à ce sujet en Hollande et me suis vite aperçu des dangers que cela peut engendrer. C’est pour moi une des raisons pourquoi je refuse cette solution. Je pense qu’un médecin a en premier lieu le devoir de sauver des vies. Donnez une piqûre létale à un patient n’est pas compatible avec son devoir, ceci même si cela peut apporter une délivrance. Je sais, la proposition Claeys et Leonetti peut être discutable. Ne plus nourrir et abreuver un malade en fin de parcourt n’est pas non plus idéal. Mais que faire d’autre si on ne veut pas ébranler la Constitution ? C’est vraiment une affaire de conscience, la raison de respecter les avis contraires. Pour ma part j’ai fait mon choix !

 pm

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/12/12/partisans-et-adversaires-de-l-euthanasie-mecontents-des-propositions-claeys-leonetti_4539936_3224.html

Pierre Mathias

Dans les tourments politiques qui nous agitent tous, il est difficile d’avoir un esprit de synthèse. Je reproche souvent à mes collègues journalistes qu’ils se réfèrent trop souvent aux scoops au lieu de faire une analyse plus profonde de l’événement. J’ai donc pris la décision de me payer le luxe de m’octroyer une pause sabbatique me permettant de potasser certains philosophes, dont Emmanuel Kant, afin de mieux comprendre dans quel monde je me trouve. Je le lis en allemand ce qui me procure certaines difficultés. Malgré un langage assez alambiqué, je fais des découvertes étonnantes concernant l’espace, l’objet et la durée. L’empirisme, dont nous nous réclamons souvent, peut aussi être très extensible, sujet à des interprétations individuelles, malgré des faits objectifs semble-t-il. Tout est mouvant et influencé par nos sens. Une vue des choses synthétique en est probablement la conséquence. Où veux-je en venir ? J’observe ce qui se passe autour de moi, essaye de faire une synthèse, déclare haut et fort une opinion. En lisant Kant je me demande si une telle démarche est possible ? Probablement si elle est limitée dans le temps. C’est peut-être une réponse, mais elle ne peut pas me satisfaire entièrement. Ce que je ressens ne correspond probablement pas à d’autres individus, même si nos vues sont rapprochées. Je vois un objet, mais comment puis-je affirmer qu’une autre personne y aperçoit la même chose. C’est fascinant et angoissant à la fois. La terminologie de la liberté est donc étroitement liée à la dialectique, le seul lien qui semble nous unir ou nous séparer. Mais là aussi c’est une construction factice, car elle est sujet à des sentiments intérieurs, qui trouvent leurs racines dans une grande intimité. C’est un jardin secret dans lequel personne ne peut entrer. Une réalité que je dois admettre en temps que journaliste. Nous avons toujours à nouveau à faire à des réactions que nous ne pouvons pas expliquer. Certaines personnes que nous admirons ou détestons prennent des options qui nous semblent abstraites et qui éveillent en nous un certain désarroi. Les assises, elles aussi, sont mouvantes, comme peut être aussi le fondamentalisme. Pourquoi ? Parce que les réactions humaines sont imprévisibles, guidées par le doute ou parfois aussi par une haine inexplicable. Ma démarche est de tenter de comprendre, et ceci d’une manière subjective, le monde et ses habitants. Objectivement je n’y arrive pas !

 pm

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Kant

Pierre Mathias