En ex-RDA la nostalgie gagne du terrain, pas celle en souvenir d’un style de vie ringard, qui de l’avis de tous était plus solidaire, car les gens vivaient sous le joug d’un régime-béton qui les étouffait. Tout échappatoire était le bienvenu, comme la datcha, où les habitants passaient leurs temps de libre. Souvent des abris qui font penser aux remises des jardins-ouvriers. Il n’y aurait rien à redire… Mais en 2019, la nostalgie part dans un autre sens. Entre 20 et 30 % de la population font le deuil du totalitarisme, car il sont dans l’incapacité de gérer personnellement leur vie et attendent que les dirigeants leurs dictent ce qu’ils ont à faire, comment ils doivent se comporter. La nostalgie des Führers se fait sentir plus que jamais depuis la chute du mur de Berlin. Cela est plus qu’inquiétant… pour moi pas de quoi pavoiser. Ce qui devrait être aujourd’hui la fête de la liberté, est pour moi celle du servage, de l’esclavage mental. Si c’est cela le résultat de la révolution pacifique de 1989, je n’en ai rien à faire. Le tout affublé d’une mentalité de chien-couché. J’aimerais qu’il y ait un rebond, mais je ne sens strictement rien. J’ai l’impression d’être confronté à l’inertie des petits.bourgeois, pour qui leur petit luxe compte plus que leur âme.

Et pourtant il y a des personnes merveilleuses qui pourraient au moins tenter de renverser la vapeur. Mais elles semblent intimidées par les durs-à-cuire, ceux qui ont rejoint les rangs de l’extrême-droite. Comme celle dirigée par un certain Björn Höcke, un sympathisant des thèses nazies, de son état chef de l’AfD en Thuringe. Un vrai nostalgique à mon avis du 3ème Reich. Tout cela est déconcertant. J’ai parfois l’impression que François Mitterrand n’avait pas tout à fait tort en montrant certaines réticences en ce qui concerne la réunification. Elle se fit dans la précipitation car le contexte politique ne laissa pas le choix aux dirigeants d’alors. Il fallait saisir la chance, avant que l’ex-Union soviétique se rétracte. Mais il aurait été psychologiquement meilleur, que les gens se gèrent dans un premier temps eux-mêmes, qu’ils se retrouvent dans leurs agissements au lieu d’être annexés. Il est vrai que l’évolution qu’ont pris les choses était prévisible. Pour ma part, malgré le vent de liberté qui soufflait alors, je n’étais pas un adhérent de la méthode forte, comme celle qui a été adoptée. J’avais le sentiment pénible que l’Ouest dictait ses quatre volontés aux Allemands de l’Est, en leur faisant bien comprendre qu’ils étaient des ratés, des « receveurs de bananes », comme cela a été le cas depuis le 9 novembre 1989. Il n’est pas étonnant qu’il y ait à un moment donné un retour de bâtons. Le sentiment que le temps est venu de régler les comptes. Le colonialisme, qui a lieu, a envenimé les rapports au sein de la République fédérale. Ils s’expriment par des diatribes racistes, intolérantes contre les parasites, que sont tous ceux qui ne correspondent pas à leurs aspirations sociétales. Elles ne se dirigent pas contre ceux qui les ont exploités, car il y a beaucoup de lâcheté dans leur démarche. Il est plus aisé de casser du sucre sur le dos des plus faibles. Tout cela est mal parti. Si cela continue ainsi, cela pourrait sonner le glas de la démocratie outre-Rhin. . Aujourd’hui il y aura partout des commémorations, tout sera fait pour cacher la triste réalité du deuxième miracle allemand ! Je ne fêterai pas !

pm

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/08/en-allemagne-la-double-vie-de-l-ex-rda_6018521_3210.html

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