Après avoir ramené du Pays de Gex, mon beau-frère à Genève, nous avons écouté sur France-Infos, ma femme et moi, le discours qu’a prononcé Emmanuel Macron au cours du dîner traditionnel du Crif, le Conseil représentatif des institutions juives de France. Nous avons tout d’abord été impressionnés de quelle manière il a abordé un sujet qui par sa nature était des plus délicats. Tout en citant les grandes personnalités juives qui ont marqué l’histoire du pays, il n’est pas tombé dans l’écueil d’un sentimentalisme de mauvais aloi. Il a parlé des victimes de l’holocauste, puis des victimes actuelles de l’antisémitisme, sans omettre les injures et les cimetières tagués. Il a reconnu l’échec de la France et aussi de l’Europe, n’ayant pas trouvé la méthode juste pour endiguer la peste qu’est l’exclusion. Il n’est pas facile de reconnaître qu’on est impuissant face à une recrudescence de la haine. Le président de la République a voulu se démarquer des ses prédécesseurs en disant que l’indignation et la honte ne suffisaient plus, mais qu’il fallait agir au plus vite et d’une manière forte. L’antisionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme“ a t-il déclaré. Sans vouloir en faire un texte de loi, il sera du devoir des tribunaux d’en faire la part des choses. Comme je l’ai écrit à maintes reprises, le fait de critiquer la politique de l’État d’Israël ne doit en aucun cas être condamnable. Comme vous le savez je le fais souvent et ne veut pas être taxé d’antisémitisme. Je pense qu’il sera très ardu d’émettre de bons jugements. Tant qu’il n’est pas question de remettre en cause la survie de l’État juif, je serais d’avis que les critiques politiques ne tombent pas sur le couvert du racisme.

Emmanuel Macron a eu raison d’en parler, car on ne devrait en aucun cas restreindre la liberté d’opinion. L’attaque samedi dernier contre le philosophe Alain Finkielkraut a été sans aucun doute un acte antisémite, même s’il n’a pas été taxé de sale juif. L’agresseur l’a traité de sioniste, mais d’une telle manière que son intention était de blesser et d’avilir l’académicien. Le président a annoncé des mesures draconiennes contre les injures profanées sur internet. Les opérateurs comme Facebook ou Twitter, qui a été violemment critiqué par l’orateur, seront forcés d’éloigner toutes diatribes antisémites et racistes de leur réseau. Ils seront appelés à participer d’une manière active à la lutte contre de telles nuisances et aider la police à détecter qui se cache sous tel ou tel pseudonyme. Au delà de cela, il y aura un audit des écoles, d’où des parents juifs ont retiré leurs enfants pour cause d’antisémitisme. La police, la justice ainsi que le Ministère de l’éducation nationale interviendront au plus vite, pour éviter d’en faire des zones infestées par le racisme. Un dernier point important du discours est le suivant : „Parce que la période met en cause ce que nous sommes, la France doit tracer de nouvelles lignes rouges (…). J’ai demandé au ministre de l’Intérieur d’engager des procédures visant à dissoudre des associations ou groupements qui par leur comportement nourrissent la haine, promeuvent la discrimination ou appellent à l’action violente“ Emmanuel Macron a réussi à mes yeux l’impossible, celui de mêler l’émotion au pragmatisme qui doit être de mise dans sa fonction. Pourvu que cela réveille les Français !

pm

https://www.nouvelobs.com/politique/20190220.OBS0589/la-france-va-integrer-l-antisionisme-a-sa-definition-juridique-de-l-antisemitisme.html

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