Ce n’est pas qu’en France que la psychiatrie est dans un état bancal, aussi en Allemagne. Pas d’argent, pas de personnel compétent dans se nombreux cas, de mauvais salaires. C’est le parent pauvre du système de la santé. Peu dire dans quel état on se trouve. Tout cela est d’autant plus paradoxal lorsqu’on sait qu’un cinquième de tous les patients est atteint de troubles psychiques. Tendance à la hausse ! Il y a une grande peur chez tous les citoyens, lorsqu’il en est question. Il est difficile de définir ce qu’on nommait au 18ème et 19ème la mélancolie. Un manque de force psychique qui entrave le quotidien, l’incapacité de sortir par ses propres moyens de son trou. Le peuple aurait plutôt tendance à vouloir ignorer cette maladie dévastatrice, qui peut aboutir au suicide. Essayer de s’inculquer que ce sont toujours les autres qui sont concernés, est monnaie-courante. On préfère faire un détour ! Cela peut probablement expliquer, pour quelle raison il manque un lobby en ce qui concerne la psychiatre, des gens devant faire pression sur les pouvoirs publics. Ce qui rend toutes améliorations difficiles, c’est que les dégâts mentaux ne peuvent pas être définis comme les dommages d’un pont. Ils sont sous-jacents, s’introduisent partout, sans qu’il soit possible de prendre les mesures nécessaires. Lorsqu’il s’agit de psychiatrie, il faut partir à zéro, essayer de définir les raisons du mal, que ce soit au travail ou dans le privé.

Pour se faire une idée de la dimension du marasme que nous connaissons actuellement en France, voilà quelques chiffres. En 2016, 2,1 millions de patients (dont un quart âgés de moins de 18 ans) sont passés par 3 900 centres médico-psychologiques répartis sur le territoire, soit par les hôpitaux psychiatriques, qui ont accueilli 417 000 malades. (Le Monde). Lorsqu’on prend conscience de ces statistiques, toutes personnes sensées se dit qu’il faut faire un gros effort en amont, afin de prendre en charge à temps, tous ces êtres fragiles. Lorsqu’il est question de faire d’économies au sujet des centres de détections que sont les antennes psycho-médicales il y a de quoi frémir. Toutes personnes étant en danger, doivent être prises le plus rapidement possible en charge. Toute attente peut avoir des effets néfastes sur le suivi des maladies. Comme pour la médecine d’urgence, la dextérité peut sauver d’innombrables vies humaines. Lorsqu’on parle de blues, ce n’est pas seulement un caprice, une attitude pour éveiller l’attention auprès des autres. C’est un signal d’alarme. Puis il y a encore un élément de taille qui explique le manque d’engagement de l’État. Tant que les maux psychiques sont considérés comme un échec et non pas comme une maladie, il ne se passera malheureusement pas grand-chose. Les patients sont le plus souvent victimes des conditions dans lesquelles ils vivent dans la société. Elle rend plus malade que jamais parce qu’elle impose à chacun d’entre-nous un rythme qui ne correspond pas à nos critères biologiques. C’est là qu’il faudrait revoir la copie, mais qui est en mesure de reconnaître, que ce sont les conditions de vie qui rendent malade ? Cela reviendrait à dire que la politique a échoué, qu’elle n’est pas au service de l’homme. Difficile à avaler !

pm

https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/08/18/la-psychiatrie-un-secteur-en-etat-d-urgence_5343765_3232.html

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