Ce que je reproche à Emmanuel Macron, ce n’est en aucune façon de vouloir se démarquer du président et de son gouvernement, c’est bien plus sa démarche intellectuelle. Sans vouloir reprendre les vieux clichés d’une gauche et d’une droite figées dans une ligne émanant de la fin du 19ème siècle, je pense qu’il serait peu opportun de vouloir tout balayer sans trouver une alternative courageuse. Le « ni,ni » me donne un sentiment fade, prônant des compromis qui en fin de compte ne peuvent qu’être avantageux pour l’extrême-droite. J’entends déjà les critiques qui pourraient résultés d’une telle option. Ce serait avant tout pour traiter de mollusques les modérés. Aimant trouver des solutions qui puissent rassembler, force est de reconnaître que dans des temps tendus comme nous les connaissons, il doit y avoir un débat. Ce n’est pas en voulant satisfaire tout le monde, qu’on réglera les problèmes existants. L’engouement des Français pour le ministre de l’économie est dû à ses compétences, à une attitude rassurante pour tous ceux qui ont peur des luttes intestines. Je les comprends mais voudrais leur dire, que ce n’est pas en mettant du baume sur les plaies, qu’on pourra s’attaquer aux racines de la crise. Qu’on se le dise, aussi malheureux que cela puisse être pour des personnes aimant la réflexion, c’est le chef qui est demandé. François Hollande n’a pas pu le camper, c’est bien ce qu’on lui reproche. Il serait important que la personne voulant prendre sa succession, s’il devait jeter l’éponge, ait ce gabarit-là. Mais n’allez surtout pas croire, que c’est un fort en gueule qui m’impressionnerait. Manuel Valls essaie de montrer de la poigne, de vouloir se démarquer de son président en étant constamment actif. Là aussi la mayonnaise ne prend pas, car un activisme effréné est fatalement emprunt d’un certain relent de carriérisme. Nous avons affaire à un coq, c’est tout au moins mon impression. Mais il a l’avantage d’avoir un profil plus marqué. Mais ne nous leurrons pas, les années passées à Matignon l’ont délesté d’une certaine virginité.

Macron, quant à lui, donne aux citoyens le sentiment d’être peu usé. Tactiquement il a bien perçu le ras-le-bol du peuple. Mais il restera avant tout un manager. Et comme nous le savons, ce sont souvent des personnes qui se plient aux conditions qu’elles trouvent sur leur chemin. Il serait sûrement un bon gestionnaire, mais en aucun cas un visionnaire. La droite démocratique se trouve aussi dans un marasme. À part Alain Juppé, je ne vois personne. Nicolas Sarkozy n’est plus qu’un spectre du passé. Il est tout à fait légitime de se référer à Charles de Gaulle et à François Mitterrand. C’étaient des personnes d’autorité, étant tout à fait capable de raisonner. Ils avaient aussi la capacité de rassembler, car on les respectait. C’était aussi l’époque ou le personnel politique prenait du plaisir à écrire. Des littéraires menant les affaires de l’État en aillant amassé aux cours des années un bagage intellectuel considérable. C’étaient des hommes qui se démarquaient aussi du train-train quotidien et qui avaient le courage de proposer des utopies. Peut-être faudra-t-il retrouver un jour de telles personnalités pour refaire la France et l’Europe. Où êtes-vous ?

pm

http://fressoz.blog.lemonde.fr/2016/04/29/macron-valls-deux-facons-denterrer-le-hollandisme/

Pierre Mathias

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