Ouf… Nous n’avons pas affaire à l’homme de Cro-Magnon dont le nom aurait pu être Groko, mais bien à la formation d’un nouveau gouvernement allemand. Après 5 mois de perturbation, peut-être un retour à la normalité. Le CDU-CSU et le SPD se sont mis d’accord sur un programme et sur la répartition des ministères entre les partis de la coalition. Mais il y a encore un obstacle à surmonter, celui du plébiscite des membres du SPD. 460.000 militants seront appelés à donner leur avis. Il est question d’un feu vert. Comme nous le savons tous, le parti a toujours perdu des plumes lorsqu’il se trouvait dans une telle constellation, même si ses ministres ont effectué du bon travail. Les électeurs considèrent les sociaux-démocrates plutôt comme une formation dont le rôle est de se mettre de travers. C’est à dire de faire partie de l’opposition. Cet avis est si ancré dans les esprits, qu’une grande frange des camarades réagit de même. Ils croient que le SPD ferait mieux de se régénérer dans l’opposition au Bundestag, ce qui est à mon humble avis une illusion. Que puis-je tirer comme conclusion de ce qui s’est passé hier ? Je crois que la sociale-démocratie a été bien servie. Elle obtient les plus importants ministères, comme celui des finances, des affaires étrangères et celui du travail et des affaires sociales. Viennent s’ajouter celui de l’environnement, celui de la famille, celui de la justice et j’en passe. Puis il y a les correctifs au sein même du programme qui dans bien des points est plus social que celui du gouvernement précédent. Weiterlesen

Le fait que Martin Schulz, le patron du SPD en sursit, se soit rendu au palais présidentiel pour y rencontrer Angela Merkel et Horst Seehofer, tient du miracle. C’est bien parce que le président Frank-Walter Steinmeier a insisté auprès de son ancien parti, que la seule solution de sortir le pays du piège, où il s’est enferré, était de former une grande coalition. Cela a été hier la réunion des grands perdants des élections du 24 septembre 2017. Peut-être pour toutes les formations en présence, l’occasion de se régénérer. Mais pour que cela puisse avoir lieu, il faudrait avoir le courage de tout remettre à plat, de sortir des sentiers battus, où les ont mené la routine. Il faudrait et je n’y vais pas par quatre cuillères, avoir le courage d’envoyer aux calendes grecques bien des principes qui ont jusqu’à ce jour ont été la colonne vertébrale de ces partis. Il serait bon de se dire, qu’il s’agit de se réinventer en forgeant un programme dépourvu de toutes conventions. Il ne faudra pas faire que des compromis, mais de se dire plutôt qu’on va au devant d’une démarche commune ayant comme but de rénover tout le paysage politique de l’Allemagne, de ne pas choisir la solution de facilité en se référant aux clivages anciens, qui ont été rejetés par le peuple. Mais faire du Macron sans Macron n’est pas une démarche aisée. Je pense qu’il serait tentant de faire le pari de l’impossible, de se dire: « Allons-y. Que peut-il encore nous arriver ! » Il est évident que ces deux formations, qui constituaient l’épine dorsale de l’après-guerre, se doivent de reprendre du poil de la bête. Rien ne serait acquis en appelant à nouveau les électeurs aux urnes. Il serait à craindre, que les résultats soient encore pire pour le CDU-CSU et pour le SPD. Weiterlesen