Le fait que Martin Schulz, le patron du SPD en sursit, se soit rendu au palais présidentiel pour y rencontrer Angela Merkel et Horst Seehofer, tient du miracle. C’est bien parce que le président Frank-Walter Steinmeier a insisté auprès de son ancien parti, que la seule solution de sortir le pays du piège, où il s’est enferré, était de former une grande coalition. Cela a été hier la réunion des grands perdants des élections du 24 septembre 2017. Peut-être pour toutes les formations en présence, l’occasion de se régénérer. Mais pour que cela puisse avoir lieu, il faudrait avoir le courage de tout remettre à plat, de sortir des sentiers battus, où les ont mené la routine. Il faudrait et je n’y vais pas par quatre cuillères, avoir le courage d’envoyer aux calendes grecques bien des principes qui ont jusqu’à ce jour ont été la colonne vertébrale de ces partis. Il serait bon de se dire, qu’il s’agit de se réinventer en forgeant un programme dépourvu de toutes conventions. Il ne faudra pas faire que des compromis, mais de se dire plutôt qu’on va au devant d’une démarche commune ayant comme but de rénover tout le paysage politique de l’Allemagne, de ne pas choisir la solution de facilité en se référant aux clivages anciens, qui ont été rejetés par le peuple. Mais faire du Macron sans Macron n’est pas une démarche aisée. Je pense qu’il serait tentant de faire le pari de l’impossible, de se dire: « Allons-y. Que peut-il encore nous arriver ! » Il est évident que ces deux formations, qui constituaient l’épine dorsale de l’après-guerre, se doivent de reprendre du poil de la bête. Rien ne serait acquis en appelant à nouveau les électeurs aux urnes. Il serait à craindre, que les résultats soient encore pire pour le CDU-CSU et pour le SPD.

La solution d’un gouvernement minoritaire ne serait pas non plus une garantie de stabilité, au contraire. La République Fédérale, comme nation leader de l’Europe, doit avoir la force d’amener un vent nouveau à Bruxelles. Là aussi l’avenir se joue en pleine époque du Brexit. Un gouvernement à la recherche d’une assise parlementaire ne pourra pas faire l’affaire. Il serait bon, aussi regrettable que cela puisse être, de se mettre ensemble pour effectuer les réformes nécessaires. Il y aura, c’est le moins qu’on puisse dire, du pain sur la planche. Ce sont les raisons pour lesquelles je serais partisan d’une Groko, d’une grande coalition, mais ceci sous des prémices différentes que celles des dernières années. La Chancelière n’a rien à perdre, au contraire. Ce serait à coup sûr la dernière étape de son périple politique. L’occasion pour elle de montrer bien plus de courage que jusqu’à présent. Mais aussi pour les Sociaux-démocrates, qui ont à leur tête un chef profondément atteint par l’échec cuisant des dernières élections. S’il veut survivre un temps soit peu, il doit se jeter dans la mêlée pour mettre en route avec les conservateurs des réformes qui étonneraient tout le monde, ses militants en premier lieu. Je pense que c’est la première fois depuis 1948, l’année de la naissance de la « Bundesrepublik », que certaines structures sont remises en question. Je pense qu’il faudrait entamer les négociations en se disant, que le seul moyen d’assurer la survie des partis traditionnels, c’est de jeter dans le ring !

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/12/01/merkel-rencontre-le-patron-des-sociaux-democrates-pour-sortir-de-l-impasse_5222919_3214.html

Pierre Mathias

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