Qu’il est aisé après le meurtre de quatre policiers à la préfecture de Paris de lancer l’anathème sur le ministre de l’intérieur. Ceux qui le critiquent se sentent évidemment parfaits et auraient à coup sûr évité ce massacre. Sans hésiter je soutiens Christophe Castener dans sa démarche. En 2018 le service national des enquêtes administratives de sécurité a réalisé « plus de 300 000 investigations. Dans la police, ces dernières années, une vingtaine de situations ont donné lieu à des mesures pour écarter des personnes dont le comportement n’était pas compatible avec leurs fonctions ». Il est très difficile de filtrer le personnel. On ne peut pas seulement au vu d’un comportement religieux prétendre qu’il mènera à la violence. De vouloir faire une chasse aux sorcières serait une source de conflits, d’intolérance, dont les effets seraient imprévisibles. Bien sûr il est fatal que l’auteur de cet horrible drame soit resté inaperçu, mais cela démontre à quel point il est difficile de filtrer le personnel. « On me dira que le risque zéro n’existe pas, c’est vrai, mais c’est notre responsabilité de ne jamais accepter d’éventuels défauts et de toujours resserrer les mailles du filet » a dit le premier-ministre.

De mettre en doute une telle volonté est de la politique politicienne de plus bas niveau. Je pense que le rôle de l’opposition dans de tels cas serait de garder sa dignité, tout en apportant ses critiques, ce qui est son rôle. C’est bien dans de telles situations qu’il est possible d’observer à quel point le débat public peut être nauséabond lorsqu’il s’agit de vouloir se ménager des avantages. Dans un pays, où la moindre étincelle peur mettre le feu à la maison, il serait à mon avis du rôle des partis de tout faire afin de ne pas embraser la colonne vertébrale que sont les institutions et de ne pas partir dans des diatribes, comme celles du député des Alpes-Maritime Éric Ciotti : « Soit [M. Castaner] a voulu dissimuler des faits en connaissance de cause, ce que je ne peux pas croire parce que ce serait un scandale d’Etat, soit il maîtrise tellement peu les sujets qu’il s’est aventuré à parler sans savoir. » « Sa parole à tout le moins imprécise, imprudente et même fantaisiste fait suite à des déclarations totalement non maîtrisées, quand il évoque un risque zéro à [l’usine de] Lubrizol, quand il annonce l’envahissement d’un hôpital par des manifestants, quand il change de stratégie de maintien de l’ordre… », « On a un ministre de l’intérieur qui a perdu toute crédibilité » Et c’est vraiment cela qui me déplaît dans la politique. Celle d’instrumentaliser les victimes pour casser du sucre sur le dos du ministre.. D’utiliser des drames pour se faire valoir. Je pense que Monsieur Ciotti ferait mieux de se poser la question comment améliorer la prévention en évitant de faire de l’administration une institution, où la délation envenime tous les rapports, où le doute paralyse son action. Il est évidemment nécessaire de faire des enquêtes, d’intervenir le cas échéant. Comme je l’ai cité cela se fait déjà. Il est évidemment important de faire des critiques, mais aussi d’apporter un soutien à un ministre qu’on attaque sous la ceinture. Oui, je ne me gêne absolument de prendre position dans ce cas-là pour le gouvernement.

pm

https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/10/05/tuerie-a-la-prefecture-de-police-edouard-philippe-lance-deux-missions-d-evaluation-des-agents-de-la-lutte-antiterroriste_6014388_1653578.html

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