Et voilà la démission de Giuseppe Conte venant comme une cerise sur le gâteau. L’Italie est depuis hier après-midi sans gouvernement. « Matteo Salvini a rompu le contrat de gouvernement et a agi par intérêt personnel et politique, compromettant l’intérêt général. Quand une force politique [qui gouverne] fait ses choix uniquement par intérêt électoral, elle ne compromet pas que la noblesse de la politique, mais aussi les intérêts nationaux du pays entier. Sa décision pose un risque grave pour ce pays. » Ceci est le résultat lorsque des êtres alpha veulent à tout prix avoir la mainmise du pouvoir. C’est le Mouvements des cinq étoiles, qui sans nécessité absolue a accepté de faire coalition avec la Ligue, d’obédience fasciste, ce qui il y a une année et demi était tout à fait inacceptable. Le parti contestataire est devenu ainsi le porteur d’eau de Matteo Salvini, ce qui pour l’Italie était un danger de taille. Guiseppe Conte, un modéré, un sympathisant du M5S, a été nommé président du conseil. Il n’a pas été un décideur, plutôt une médiateur. Il montre enfin de la couleur en attaquant hier personnellement le ministre de l’intérieur. « Cher ministre de l’intérieur, je t’ai entendu demander les “pleins pouvoirs” et appeler [tes partisans] à descendre dans la rue pour te soutenir, cette attitude me préoccupe. Nous n’avons pas besoin des pleins pouvoirs, mais de dirigeants ayant le sens des institutions. » Il a continué ainsi : « Matteo Salvini expose notre pays à de graves risques dans le contexte d’une situation internationale qui n’est certainement pas favorable ». Il a aussi tancé le chef de la Ligue pour son « manque de respect des règles et des institutions » La réponse a été cinglante : « Si ce gouvernement s’interrompt, c’est à cause de ces messieurs qui disent toujours non et bloquent tout ».

Il a prétendu que les autres partis avaient peur d’un verdict du peuple, ce qui n’est pas sans raison. La Ligue ayant été avant la chute du gouvernement en tête des sondages. Comme le mouvement des cinq étoiles s’était effondré au profit de la Ligue dans les sondages, la démission de Guisppe Conte est en quelque sorte un sauve-qui-peut. Ce sera au président de la république, Sergio Materella, de voir quelle alternative il peut présenter. La rupture officielle avec Mattor Salvini a été le refus de di Maio d’apporter son aide au projet de chemin de fer rapide entre Lyon et Turin. Un projet favorisé par la Ligue. La gauche au parlement s’y était opposée. Il serait question que les deux endémiques ennemis que sont les 5 étoiles et les sociaux démocrates de Matteo Renzi, puissent se réconcilier. Troisième larron de foire pourrait être Romano Prodi, qui essaierait de mettre sur pied un gouvernement européen. Le président pourrait aussi nommer un gouvernement de techniciens qui aurait pour but tout d’abord d’élaboré un budget compatible aux règles européennes, ensuite de calmer les esprits. Le but devrait être avant tout d’éloigner le spectre du fascisme, un danger incontestable qui serait dans l’air du temps. Sergio Masarella doit à tout prix réussir, car cela serai un signal bénéfique pour l’Europe toute entière. Sil réussissait, ce serait un premier pas dans la reconquête des esprits par les démocrates, peu importe de quel bord ils appartiennent.

pm

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/08/20/italie-giuseppe-conte-attendu-devant-le-senat-pour-mettre-fin-a-la-coalition-

gouvernementale_5500965_3210.html

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