Sebastian Kurz a hésité pendant des heures d’envoyer aux calendes grecques le FPÖ après le scandale occasionné par Heinz-Christian Strache, le vice-chancelier qui avait été prêt a trahir son pays au profit de Vladimir Poutine. Il s’était agit d’une entrevue à Ibiza avec une soit-disant milliardaire russe, qui voulait investir en Autriche. Il lui avait proposé son aide, mais à condition de toucher des royalties. Je l’ai écrit hier. Le chancelier a louvoyé toute la journée. Il aurait voulu continuer à gouverner avec l’extrême-droite, mais avec d’autres ministres. Il avait notamment exigé le renvoi du ministre de l’intérieur, qui de par ses actions et ses dires, incarnait des thèses proches de l’extrémisme fascisant. Le FPÖ n’était pas prêt à tirer les leçons de cette sombre histoire et resta campé sur ses positions. Seule la démission de Heinz-Christian Strache était pour ce parti une affaire entérinée. Finalement, à regret, il ne resta plus d’autres alternatives pour Sebastian Kurz que de proposer au président de la république, Alexander Van der Bellen, que des élections aient lieues après la trêve estivale, ce que ce dernier accepta. Il déclara, dans une intervention télévisée que ce qui s’était passé était une honte, une transaction ayant comme but de plonger ses compatriotes dans une situation indigne de cette nation. « Ce n’est pas cela l’Autriche ! » Tout cela est à mon avis d’autant plus désagréable que le chancelier chrétien-démocrate n’a pas pris ses distances, par rapport au populisme comme il aurait été adéquat. Pour moi il ne fait aucun doute que Sebastian Kurz est plus ou moins infesté par les thèses fascistes, comme une partie du peuple. Je suis certes reconnaissant que cette mésalliance soit arrivée momentanément à son terme, mais je suis sûr que le virus teinté de racisme, d’exclusion, de mépris pour « les autres » sévit toujours.

ll faut revenir sur l’histoire autrichienne pour comprendre ce phénomène. Après la guerre, la politique a tout fait pour que le pays soit considéré comme une victime du nazisme. L’argument était l’Anschluss de 1938. Mais lorsqu’on voit avec quel enthousiasme le Führer a été accueilli à Vienne, on ne peut pas parler d’envahissement armé. Un grand nombre de citoyens ont été des nazis à tous crins. Certains d’entre-eux ont été des criminels de guerre, des SS qui ont dirigé les camps d’extermination, sans oublier l’antisémitisme avec cette scène immonde, où on voit des Juifs viennois nettoyer les trottoirs à Vienne avec des brosses à dents. Dès 1945 il n’y a pas eu de mea culpa. Comme « victimes » il n’était pas nécessaire de le faire. La raison pour laquelle le national-socialisme n’a pas été éradiqué, que beaucoup de personnes, comme les électeurs du FPÖ, l’approuve encore en catimini. La raison pour laquelle des pamphlets antisémitiques sont encore publiés de temps à autre. Bien que Sebastian Kurz ne soit pas un fasciste, son laxisme face à un tel parti peut trouver son explication dans l’histoire d’après-guerre de ce pays. Les premiers sondages indiquent qu’il récolterait en septembre encore plus de voix, qu’il est très aimé. La preuve que le peuple n’a pas compris, que ceux qui s’allient à des thèses fascistes, les propagent. Que le chancelier porte une partie de responsabilité en ce qui concerne Heinz-Christian Strache.

pm

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/05/18/autriche-en-pleine-crise-gouvernementale-kurz-annonce-des-legislatives-anticipees_5463993_3210.html

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