L’Assemblée nationale vient de voter à une grande majorité l’instauration d’une taxe sur le numérique. Et ceci contre les réticences des États-Unis. La France est ainsi un pays pionnier en la matière. Le ministre de l’économie, Bruno le Maire, espère que bien des pays suivront cet exemple. Elle vise notamment des entreprises qui ont un chiffre d’affaire sur le numérique de plus de 750 millions dans le monde, 25 millions dans l’hexagone. « Il  s’agirait d’imposer de 3 % la vente de données à des fins publicitaires et la mise en relation des internautes par les plateformes. » selon les rapporteurs de cet article de loi. Une trentaine de groupe dont Meetic, Amazon, Airbnb, Instagram ou encore la française Criteo sont concernés. Cela pourrait rapporter à l’État 400 millions d’euros en 2019, puis 650 millions en 2020-2022. J’ai appelé une telle mesure de mes vœux depuis longtemps, car je trouvais parfaitement injuste, que des grands trusts, pour la majorité américains, soient plus ou moins exemptés d’impôts ou puissent qu’être imposable dans un pays comme l’Irlande, où pour des raisons fiscales, ils ont installé leurs sièges européens. Je pense que dans la guerre commerciale que veut nous imposer Donald Trump, nous ne devrions pas prendre des pincettes et faire volte-face avec des mesures pouvant vraiment faire très mal. Ceci dans le domaine numérique mais aussi celui de la haute technologie. Le président américain a brandi hier à nouveau la menace, qu’il voulait augmenter les taxes douanières en ce qui concerne Airbus. La pomme de discorde réside dans le fait, que ce géant de l’aéronautique reçoit des aides des États. N’en est-il pas de même indirectement pour Boeing ? « Notre objectif ultime est de trouver un accord avec l’UE pour mettre fin à toutes les subventions accordées aux avions commerciaux, qui sont contraires aux règles de l’OMC. Lorsque l’UE mettra un terme à ces subventions nocives, les droits de douane américains imposés pourront être levés », a dit le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer.

Le gouvernement américain évalue à 11 milliards de dollar le préjudice causé par Airbus. C’est très simple, si ces menaces étaient mises à exécution, il en serait de même pour Boeing. Donald Trump est-il conscient du dommage qu’il occasionne aux industries de pointes des USA ? Je pense qu’il se met ainsi à faux et qu’à longue échéance il laissera des plumes. Que tout cela, ainsi que la gabegie du Brexit, mettent à défi toutes nos économies, ne fait pas l’ombre d’un doute. De telles mesures entravent la bonne marche des affaires et auront en fin de compte des répercussions sur les foyers. Que ce soit sur le marché du travail ou ailleurs, ce sont en fin de compte les citoyens qui paieront la casse. Mais le tout doit se dérouler dans la justice sociale. Même si l’imposition du numérique en France pouvait avoir pour cause un ralentissement des chiffres d’affaires respectifs, il était temps que cela soit fait. Pour que le commerce international marche correctement, il ne doit pas y avoir de chasses-gardées, comme cela a été le cas jusqu’à présent. Je ne peux qu’espérer que dans l’imposition du numérique d’autres pays comme l’Allemagne suivront. Il n’est pas question de se faire intimider, au contraire, mais de partir à l’offensive comme c’est le cas ici.

pm

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/04/09/l-assemblee-vote-l-instauration-de-la-taxe-sur-les-geants-du-numerique_5447612_3234.html

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