Cette nuit la Chambre des communes a décidé que mercredi elle voterait pour d’autres options que celles de Theresa May en ce qui concerne le Brexit. C’est un nouveau revers qu’elle essuie et qui en fin de compte signifie plus ou moins sa destitution. Le champ de manœuvre se réduit comme une peau de chagrin. Ou bien il faudra repousser aux calendes grecques la sortie du Royaume uni de l’UE et renégocier le tout. Cela reviendrait à dire que les électeurs seraient appeler aux urnes le 23 mai afin d’élire des députés au parlement européen, ce qui seraient pour beaucoup de britanniques une pilule amère à avaler. L’autre serait d’appeler le peuple à se prononcer à nouveau sur le maintien ou non du pays dans l’UE. Dans ce contexte il serait à prévoir que l’Écosse plaide pour que le statu actuel ne soit pas modifié. Ses habitants sont des adeptes de l’Europe et ne veulent pas faire cavaliers-seuls. Cela rend toutes les démarches amorcées jusqu’à présent assez fatales pour l’unité du Royaume. Pour beaucoup d’Écossais il serait tentant de demander à Bruxelles de pouvoir rester dans l’UE. Ne nous faisons pas d’illusions, cela représenterait l’éclatement de la Grande Bretagne. C’est la preuve que non seulement l’Irlande du Nord divise les esprits. Le prix du Brexit serait dans ce cas-là bien trop élevé. Il faudra que les députés à Westminster fassent preuve de beaucoup d’imagination afin de préserver leur pays de l’éclatement. Je veux essayer de me mettre à la place d’un citoyen britannique qui aurait voté pour le grand départ. Comme patriote, je trouverais insupportable que l’intégrité de la nation puisse être remise en question. C’est ce point d’achoppement qui me ferait réfléchir s’il faut m’entêter dans ce que devrait être le Brexit, avec toutes ses nuisances économiques et sociales, ou s’il était raisonnable de mettre de l’eau dans son vin et de rester membre, en essayant de reformer l’UE de l’intérieur ? Je pense que du point pragmatique je modifierais mon attitude.

Si l’Écosse se décidait de faire bande à part, elle mettrait aussi Bruxelles dans l’embarras. L’UE ne peut pas encourager des régions à faire sécession. Cela serait de la dynamite pour l’Europe entière. Les Catalans et d’autres seraient enclins de suivre cet exemple, ce qui irait dans le sens contraire à l’unité. Non, une atomisation du continent ne peut pas être une option. Comme on le voit ce sont des questions fondamentales qui dépassent de loin le cadre national. Il est bon que l’UE ne fasse pas de lobbyisme à Londres ou ailleurs dans le Royaume Uni, qu’elle soit le plus discrète possible, mais pourra-t-elle le rester si la Grande-Bretagne restait membre un temps indéterminé ? Il faudra bien qu’elle se repositionne si cela devait être le cas. En prenant le cas de l’Écosse comme marque de référence, il est possible de se rendre compte dans quel imbroglio nous nous trouvons. Au point où nous sommes actuellement, je préférais qu’il y ait un Brexit dur, aussi terrible que puissent être les conséquences. Il serait bon de se séparer au plus vite et ne pas se laisser aller à faire des compromis boiteux, qui au bout du compte feraient encore plus de mal. Et l’Écosse ? A elle de se décider si elle veut accéder à son indépendance ! Dans ce cas-là elle devra faire à Bruxelles une demande d’adhésion à l’UE.

pm

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/26/brexit-de-nouvelles-defections-au-sein-du-gouvernement-de-theresa-may_5441186_3210.html

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