J’avais eu l’intention d’écrire mon article de la nuit sur la volte-face d’Abd al-Aziz Bouteflika, qui a dit renoncer « pour des raisons de santé » a un cinquième mandat, mais qui en même temps a repoussé l’élection présidentielle aux calendes grecques. Il a écrit dans une lettre vouloir mettre en route une réforme totale de l’État algérien. On se demande bien pourquoi il ne l’a pas fait au cours des vingt années de pouvoir. Cette initiative « spontanée » est pour lui une manière décente de tirer son chapeau du jeu. Je suis curieux de ce que dira la peuple, qui redescendra ces prochains jours dans la rue. Ceci sur l’Algérie. Mais une fois de plus c’est Madame May qui a retenu mon attention. Elle a obtenu cette nuit un soutien essentiel de la part de l’UE en ce qui concerne le backstop irlandais, l’obstacle majeur à un accord de sortie à l’amiable. Après une entrevue qu’elle a eue avec Jean-Claude Juncker à Strasbourg, elle veut donner l’impression aux parlementaires qu’elle n’entre pas les mains vides. Ce soir ce sera sa dernière tentative pour éviter que le Brexit tourne au désastre. Un divorce dur serait pour le Royaume Uni le saut dans l’inconnu. Un grand nombre de citoyens en subiraient directement les conséquences, que ce soit le chômage ou la réduction des aides sociales. « C’est cet accord ou le Brexit pourrait ne pas se produire du tout » a déclaré le président de la Commission européenne. Il va s’en dire que l’UE ne changera plus rien en ce qui concerne l’accord qui avait été négocié avec le gouvernement britannique. L’accord qui avait subi un échec désastreux. Peu après l’entrevue de Strasbourg, Jeremy Corbyn, le leader du Parti travailliste a appelé les députés à voter non ce soir. Il ne sera pas le seul à le faire.

Mais on ne peut pas reprocher à la locataire de Downing Street de manquer de suite dans les idées. Elle se bat comme une forcenée afin d’obtenir en dernière minute l’aval de la chambre des communes. « Un instrument conjoint avec un poids juridique comparable à l’accord de retrait du Brexit va garantir que l’Union européenne ne peut pas agir avec l’intention de mettre en œuvre le filet de sécurité indéfiniment » Les représentants du DUP, la formation unioniste de l’Irlande du Nord, dont les voix sont indispensables pour Theresa May, n’ont pas encore tranché. D’après leur chef Nigel Dodds, ces propositions additives seront analysées avec le plus grand soin possible. Je veux bien, mais si j’étais un parlementaire britannique cela ne me suffirait pas. C’est du maquillage rien de plus. Je voterais aussi non, non pas pour en arriver à un document modifié, mais pour bel et bien pour rappeler les citoyens aux urnes. Je pense que la solution la plus sage serait de rester membre de l’UE. Ce qui se passera ce soir sera sans aucun doute crucial, mais il reste encore une porte de sortie. En cas de refus le parlement devra encore une fois se prononcer s’il est prêt à accepter un Brexit dur ou non. En cas de refus, le grand départ pourrait être repoussé de quelques mois. Mais l’UE devrait être d’accord de le faire, ce qui n’est pas dit. Il faudrait dans ce cas-là que Londres pratique une ouverture. Mais une chose est dorénavant certaine, le dommage provoqué par cette valse-hésitation est considérable et n’augure rien de bon pour l’avenir du continent.

pm

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/12/brexit-accord-entre-londres-et-l-union-europeenne-sur-le-backstop-irlandais_5434604_3210.html

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