Non, je ne veux pas me rendre la vie facile en ce qui concerne le conflit qui oppose au Venezuela le président dit socialiste, Nicolas Maduro, au président dit de la droite, Juan Guaido. Je suis d’avis qu’il faille organiser au plus vite des élections, afin de redonner à la démocratie ses droits, le gouvernement actuel n’étant plus crédible. Il s’agit d’écarter le totalitarisme exercé par l’autocrate qu’est le président « légal ». Je le met en guillemets car il a usurpé encore plus de pouvoir en rendant le parlement, qui est aux mains de l’opposition, caduque. Un acte qui n’a rien à voir avec ce que je nommerais la démocratie. Je peux très bien comprendre le ras-de-bol de Juan Guaido, mais d’aller aussi loin que d’envisager une intervention des USA, c’est un pas que je ne ferais jamais. C’est un peu comme si Marine Le Pen demandait à Matteo Salvini, que les forces armées italiennes occupent la France, afin de chasser Emmanuel Macron. Vous me direz avec la raison que la situation n’est pas la même, mais je ne peux pas m’empêcher de faire la comparaison. Malgré toutes les bonnes raisons d’être en colère, je vois d’un œil plus que méfiant les rencontres qui auront lieu aujourd’hui en Colombie entre le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo et lui. Ainsi que celle prévue avec Mark Pence, le vice-président. Je condamne au plus haut point les échauffourées qui ont eu lieu aux frontières qui ont causé la mort de deux personnes et fait des blessés ainsi que la mise à feu de camions transportant des denrées alimentaires et des médicaments en tentant de passer au Venezuela. Malgré la disette et le manque de soins médicaux, cette aide a aussi un aspect provocateur, car le but de l’administration Trump est d’attiser le conflit, lui donnant une raison d’intervenir militairement.

Si cela se passait, il serait évident que le smart Juan Guido se livrerait pieds et mes mains aux quatre volontés de la Maison Blanche, qu’il en deviendrait son vassal. Aussi douloureux que cela puisse être, ce sera au peuple vénézuélien de chasser le tyran Maduro et ceci sans aide logistique venant de l’étranger. Habitant en Allemagne, j’essaie de m’imaginer ce qu’aurait pu être la chute du mur de Berlin, si l’Ouest était intervenu. C’est à peine inimaginable. La révolution pacifique a été l’œuvre des citoyens de l’ex-RDA et bien s’en faut. Bâtir un nouveau système sur des fondations fissurées me paraît être dangereux. Il serait bon que Juan Guaido comprenne au plus vite que cela ne peut pas être de son intérêt de faire intervenir des soldats américains dans son pays. Ce serait un déni complet de ce que devrait être l’Amérique latine, un territoire indépendant. Je sais qu’il est très difficile de se retenir, lorsque la pression exercée sur bien des citoyens est insupportable. Plus de deux millions et demi d’entre eux se sont réfugiés à l’étranger, car il en allait de leur existence. Tendance ascendante ! En fin de compte seul compte pour moi l’aspect humanitaire. C’est la raison pour laquelle je soutiens l’initiative d’une grande majorité des pays de l’UE de soutenir l’opposition et d’appeler de ses vœux le départ de Nicolas Maduro, mais il serait bon de ne pas signer un chèque en blanc. Juan Guaido perdrait à mes yeux toute crédibilité en jouant ainsi avec le feu.

pm

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/02/24/au-venezuela-la-pression-internationale-s-accroit-sur-nicolas-maduro_5427691_3210.html

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