Emmanuel Macron a offert à Donald Trump un chêne venant du département de l’Aisne, où 2000 Marines sont tombés pendant la Grande guerre. Il doit symboliser les liens qui unissent les deux pays, depuis l’engagement du Marquis de Lafayette en ce qui concerne les valeurs américaines qui subsistent jusqu’à aujourd’hui. C’est dans cette atmosphère que le Président de la République veut faire sentir à Donald Trump, qu’il a de l’estime pour lui, malgré des divergences profondes dans le domaine de la politique. Mais ce n’est pas seulement un geste diplomatique, il doit y avoir aussi des sentiments amicaux, même si les deux hommes sont à des années lumières dans leurs opinions respectives. Le chêne est aussi un message à peine voilé, de la volonté de la France, que l’accord de Paris sur le réchauffement de la planète soit vraiment mis en pratique. Et ceci avec la participation des États-Unis, malgré le retrait de cette nation, à cause de considérations tactiques du Président, qui avait lors de sa campagne électorale promis aux États des grands lacs, de tout faire pour faire redémarrer leur économie, qui est basée avant tout sur le charbon et l’acier. Une attitude ringarde consistant à vouloir soutenir une industrie vétuste au lieu d’investir dans les technologies modernes. Affaire à suivre ! Puis il y a la menace de taxer les importations de l’acier et de l’aluminium. Ce serait le début d’une remise en question complète du libre-échange, ce qui pour l’économie mondiale, serait une régression totale. Vouloir se calfeutrer derrière des barrières douanières à l’époque de la mondialisation est une hérésie, un non-sens. Il faut au contraire tout faire pour donner un coup de fouet à l’économie afin de lutter contre la précarité des pays en voie de développement. Le marché doit vivre, mais pas à sens-unique, ce sera aussi le message qu’Emmanuel Macron veut faire passer.

Évidemment il s’agira pour lui de parler des intérêts de l’UE, dans l’espoir qu’il ne mette pas à exécution la menace américaine d’imposer l’Union à partir du 1er mai. Il s’agira de souligner les points qui unissent, non ceux qui séparent, ceci tout aussi bien pour les Américains que les Européens. Inch Allah ! Puis il y a l’autre pomme de discorde, celle de l’accord signé avec l’Iran pour arrêter la production d’armes nucléaires. Donald Trump maudit les compromis qui ont été paraphés et rejoint ainsi l’opinion intransigeante de Benjamin Netanyahou, qui dénonce ce pacte passé avec « le diable ». Il part du point de vue, que l’Iran a la volonté de détruire l’État juif, ce qui dans les diatribes proférées par Téhéran jusqu’à présent n’est pas à exclure. Mais ne vaut-il pas mieux inclure cette nation chiite dans un procédé de paix, au lieu de lui laisser toute latitude en ce qui concerne le nucléaire. Emmanuel sera un bon avocat et défendra le point de vue des autres signataires. Mais attention, malgré la bonne atmosphère entre les deux chefs d’État, il ne faudra pas s’attendre à des miracles. Cela ne veut en aucun cas dire, que s’il y avait un rapprochement, que celui soit pérenne. Trump est un homme impulsif qui change d’avis comme de chemise. Je trouve néanmoins la démarche d’Emmanuel Macron juste, que celle de chercher un apaisement.

pm

http://www.lemonde.fr/international/article/2018/04/24/emmanuel-macron-en-visite-d-etat-a-washington_5289593_3210.html

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