Olivier Faure a été élu officiellement Premier Secrétaire du parti socialiste hier soir. La participation a été très faible car c’était le seul candidat à ce poste peu enviable, le moins qu’on puisse dire. La gauche du parti et les jeunes du PS ont pris leurs distances. Cela veut dire ce qu’il reste de ce grand parti, n’est plus qu’un amoncellement de diverses tendances qui avaient fait les beaux jours de cette formation. D’accord, j’ai pris aussi la poudre d’escampette, car je prévoyais exactement ce qu’il allait arriver et que je ne voyais guère d’espoir de mettre en marche une rénovation, qui me semble plus essentielle que jamais. Je ne peux guère m’imaginer que la nouvelle direction arrivera à y parvenir, à moins de se remettre en question et de réinventer un nouveau socialisme. Comment y arriver si les places sont dorénavant déjà prises ? Ce qui se passe ici me remplit malgré tout de mélancolie. Bien des choses auxquelles je croyais, ne peuvent plus être représentées par le PS, car il n’arrivera pas dans la situation actuelle de les faire évoluer. Que ce soit les questions sociales ou le droit du travail, il est impossible de faire du surplace. À l’époque j’émettais quelques doutes au sujet du revenu universel pour tous citoyens, présenté par Benoît Hamon, mais je pense aujourd’hui que cette idée a été abandonnée trop rapidement, car elle présentait vraiment une nouvelle option sociale.

L’aile gauche du SPD se pose la question, s’il ne serait pas sage d’y penser ? Cela aurait pour conséquences d’éliminer un grand nombre d’autres aides, qui freinent plus que de donner un bol d’oxygène aux personnes assistées. Ces dernières s’installent de ce fait de plus en plus dans la précarité et passent un temps infinis dans les bureaux pour obtenir des aides. Un autre aspect serait la politique européenne. Avec la saignée des partis-frères, il est difficile de concevoir enfin une conception de l’Europe sociale, qui se fait attendre depuis la nuit des temps. Et puis il y a un autre aspect de taille, lorsqu’on évoque la débandade actuelle. c’est celle des couches de la population qui seraient des électeurs potentiels. Comme on le sait, les travailleurs ont pour la plupart quitté le PS, car ils ne se sentaient pas représentés. La valse-hésitation entre l’attrait du pouvoir et les vrais problèmes sociaux à reprendre en mains, a amené le pays dans l’immobilisme. En voulant ménager la chèvre et le chou, les plus démunis ne se sentaient plus représentés. Vouloir d’une part être aux commandes à l’Élysée, de l’autre prendre l’attitude d’un parti d’opposition, n’amena que de la zizanie. Personne ne savait plus à quel saint se vouer. La crise qu’à connu le SPD ces derniers temps, se base exactement sur le même problème. Ce sont aujourd’hui les fonctionnaires et une petite partie du management qui forme le réservoir du PS. Afin de l’agrandir il faudra lui proposer autre chose que la version marxienne d’un bouleversement de la société. Cela demandera de très gros efforts. d’autan plus que les éléments de base de la social-démocratie ont été repris par « La France en marche ». Ce n’est que dans cette formation, qu’il sera possible de récupérer des électeurs. Une tâche pour ainsi dire impossible.

pm

http://www.lemonde.fr/politique/article/2018/03/30/parti-socialiste-olivier-faure-officiellement-elu-premier-secretaire_5278338_823448.html

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