Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est l’ennui qui est en partie responsable de la montée de l’extrême-droite un peu partout en Europe. Depuis des années la démocratie s’est enlisée dans des conventions qui la paralyse. Dans un train-train, où tout semble être de la même facture, ce ne sont plus que les scandales qui font la une des journaux. Et les projets ? Où sont-ils restés ? Le tout est assez gris. Comme les hommes et les femmes veulent être divertis comme dans un show, ils n’ont qu’un certain plaisir lorsque un Trump par exemple, met ses pieds dans les plats. Ils attendent du spectacle et lorsqu’ils n’ont n’en pas, mettent les battons dans les roues en élisant des apprentis-sorciers, plutôt par défi, pour passer un bon moment. Et il y a une chose qu’ils adorent, c’est de croire aux sornettes qu’ils profèrent. Je veux être ici le plus clair possible. Nous les démocrates n’avons pas su les captiver, en voulant éviter de mettre trop de sel dans la soupe. Surtout ne pas choquer, être prudent jusqu’au point de se renier soi-même, c’est ce que nous leur servons. Où est passé l’esprit d’entreprise ? À la trappe sauf en France, où nous avons un président qui a envie de faire bouger les choses, qui a monté son propre appareil, afin de ne pas être étouffé par d’autres. Bravo ! À part cela nous avons à faire à de nombreux mollusques, qui attendent que les vagues les fasse voguer. Ils ont bien pris conscience, qu’il y a des repousses-poils qui perturbent leur sieste, comme cela se passe en Allemagne à l’heure actuelle. En énumérant constamment tout ce qui pourrait aller mal, ils nous énervent. Ils feraient mieux d’avoir un peu plus d’enthousiasme et donner l’impression qu’ils ont envie de forger des lendemains meilleurs.

D’entraîner le peuple dans une volonté de faire bouger les choses, comme le fait Emmanuel Macron. Il est permis de l’aimer ou pas, mais au moins il y a de l’action, pas d’inertie comme partout ailleurs. Nous sommes entrés dans une nouvelle époque des grands guignols, comme l’était le dictateur de Charlie Chaplin. Ce comédien et metteur-en-scène génial savait parfaitement que le personnage qu’il joua était bien au-deçà de la vérité, mais il a cerné le problème qui nous guette avec les populistes. On attend d’eux qu’ils disent des horreurs, des conneries, pas autre chose. Et s’ils sortent des vertes et des pas mûres, ils sont assurés d’avoir des applaudissements. Ils font du vent en pratiquant la surenchère, c’est ce qui leur apporte des voix, ni le raisonnement, ni la pondération. Pour donner des réponses adéquates, il faudrait adopter leur style, mais nous ne le pouvons pas, parce que c’est du bourrage de crâne. Que faudrait-il tenter de faire pour arrêter ce raz-de-marée ? Il faudrait lancer des projets auxquels tous pourraient participer, mais que faire lorsque tout semble avoir été déjà réalisé ? Ce fait est aussi la cause de l’ennui. Dans le passé on faisait une bonne guerre, détruisait tout sur son passage pour tout reconstruire ensuite. Mais une telle démarche à l’époque du nucléaire pourrait nous anéantir tous. Peut-être que Kim Jong Un nous montre la marche à suivre. Tentant n’est-ce pas ? Mais il y a aussi la montée de la bêtise qui est un vecteur important du populisme. Et contre la bêtise il n’y presque rien à faire. CQFD !

pm

http://www.lemonde.fr/international/article/2017/12/19/il-y-a-une-sorte-d-acceptation-des-principaux-pays-europeens-face-a-la-montee-de-l-extreme-droite_5231973_3210.html

Pierre Mathias

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