Bruno Le Maire a raison, l’évasion fiscale est un danger de taille pour la démocratie. Non seulement par le manque à gagner, mais tout particulièrement en ce qui concerne la philosophie d’un État qui place l’autodétermination des citoyens tout en haut de l’échelle des valeurs. Elle est remise en question dès l’instant, où la fraude ébranle les institutions. La liberté a son prix et implique que tous participent aux charges occasionnées par la solidarité. C’est sur ce principe que repose la démocratie, qui en principe ne devrait pas laisser dans le besoin des laissés pour compte. Tout argent qui disparaît dans le gouffre des « Paradise Papers » est perdu pour tous. Et ce qui est accablant, c’est que de telles transactions sont tout à fait légales, mais moralement plus que douteuses. Et ce qui est le plus affligeant, c’est de voir des serviteurs de l’État se laisser entraîner par la cupidité. Je suis le dernier à approuver que le fisc nous déplume, mais si nous voulons avoir des écoles, des routes ou un service social décent, nous ne pouvons pas tout simplement prendre la poudre d’escampette. Ceux qui fraudent ne devraient pas en profiter. Que faut-il faire pour lutter contre les paradis fiscaux ? Tant que chaque pays est libre de légiférer, personne ne peut les obliger à ne pas faire de cadeaux. Mais au sein de l’UE il serait plus qu’urgent qu’on mette un terme à ces pratiques.

Les multinationales qui établissent leur siège social en Irlande ou au Luxembourg pour éviter de trop payer d’impôts, mêmes si elles gagnent l’argent dans d’autres nations de l’UE, est à mes yeux un acte hautement injuste et en fin de compte immoral. Ces sociétés profitent du pouvoir d’achat des citoyens des pays, où elles font leur business et placent leurs bénéfices ailleurs. Il faudrait changer les lois. C’est facile à dire mais qui veut prendre le risque d’une délocalisation ? Personne peut obliger une entreprise de rester. La raison pour laquelle on y regarde par deux fois avant d’agir. Je veux bien que le gouvernement allemand, par l’entremise de son porte-parole, Steffen Seibert, salue plus de transparence grâce aux investigations, mais je doute qu’une liste noire freine l’exode des sous dans l’une ou l’autre des îles ensoleillées. Peut-être que le seul moyen de freiner cette épidémie serait d’encourager les investissements et de les rendre plus attractifs fiscalement. Je saluerais que les starts up puissent compter sur plus d’aides venant des particuliers, mais cela implique moins de rigidité de la part de l’État. Lorsqu’on sait dans quel état vétuste se trouve une partie des infrastructures, peut-être qu’il serait bon de créer des fonds mixtes assurant le financement des travaux. En feraient partie les collectivités locales, les entreprises qui profiteraient des commandes et pourquoi pas des assurances ayant dans leur porte-feuille un système de retraite. Il faudra faire en sorte que le rendement soit plus élevé que ce qui se passe actuellement. Le tout pouvant être déduit des impôts. Il existe déjà de tels exemples, mais ils devraient être améliorés. Investir dans l’UE doit être rentable. C’est là qu’il faut s’atteler, non pas que par des interdits. Mais cela demande un peu d’imagination.

pm

http://www.lemonde.fr/paradise-papers/article/2017/11/06/paradise-papers-l-allemagne-salue-un-travail-qui-jette-une-lumiere-sur-les-mondes-fiscaux-paralleles_5210891_5209585.html

Pierre Mathias

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