Non, je ne peux pas ignorer ce qui se passe en Syrie. Hier j’ai vu à la télévision le calvaire des enfants dans une banlieue de Damas tenue par les rebelles. Des bombardements continus de l’aviation de Bachar el-Assad et russe, qui causent la mort de civiles. Ce qui se passe ici est totalement inhumain. Une fois de plus la preuve que le dictateur syrien est un criminel de guerre. Ce qui se passe ici me rappelle le sort Guernica, cette petite ville espagnole qui a été réduite au néant pas l’aviation nazie avec la bénédiction de Franco. Je ne vais pas non plus faire de l’angélisme en parlant de la rébellion. Il est évident que l’horreur y est aussi présente, que des innocents sont massacrés. Mais en ce qui concerne les attaques aériennes les protagonistes se limitent aux forces soit-disant gouvernementales et celles de Moscou. Il ne peut qu’être évident que les négociations entamées à Genève entre les représentants des grandes puissances ne pouvaient pas aboutir à des résultats positifs, tant les positions sont opposées. Afin de mieux comprendre l’engagement de Vladimir Poutine en faveur du président syrien, force est de jeter un regard sur la situation intérieure de la Russie. Dans les territoires caucasiens l’islamisme sévit. C’est un réel danger pour Moscou. Personne n’est prêt à négocier avec les terroristes, au contraire. La peur de montrer de la faiblesse au Proche-Orient est viscérale. Plutôt s’allier avec le diable que de céder d’une manière ou d’une autre. D’où la tentative d’impliquer e-Assad dans un processus de paix. Les Américains n’en ont rien à faire. Ils le considèrent comme étant en aucune manière honorable. Un être qui n’hésite pas à massacrer ses compatriotes pour rester au pouvoir, n’est pas un interlocuteur crédible, je leurs donne raison. Mais ne pas négocier n’est pas non plus une solution.

La diplomatie à son rôle à jouer en particulier lorsque la maison brûle. Elle doit intervenir ! C’est la raison pour laquelle je ne peux pas accepter l’ostracisme, car il cause une recrudescence des actions violentes sur le terrain. Que l’on veuille ou non, il faudra accepter de parler avec des représentants du gouvernement félon de Damas. Tant que Bachar el-Assad n’est pas vaincu par les armes, il est omniprésent. Il n’est pas étonnant que dans cette situation de rupture, des voix s’élèvent afin que les USA s’engagent sur le terrain, ce qui serait une escalade de plus des tensions. Cela pourrait mener à un affrontement militaire avec les Russes, ce que ne peut souhaiter personne. Au contraire, il faudra tout faire pour désamorcer la bombe à retardement qui pourrait mener les parties en présence à un conflit généralisé. Si on veut éviter une telle catastrophe, il faudra qu’on le veuille ou non parler. Dans un cas de non-retour, d’autres pays de la région pourraient être concernés. On ne peut que tirer la sonnette d’alarme et espérer que le pragmatisme l’emportera. Il serait vain de parler d’humanité, il y a longtemps qu’elle n’existe plus. Tant que les dirigeants accepteront que des enfants soient ainsi massacrés, il ne faut rien attendre de ceux qui attisent la braise. Ce n’est qu’en faisant la démonstration des dangers personnels, que la raison pourrait reprendre le dessus.

pm

http://www.lemonde.fr/international/article/2016/10/04/syrie-john-kerry-assure-que-les-etats-unis-n-abandonnent-pas-la-recherche-de-la-paix_5008070_3210.html

Pierre Mathias

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