Mon propos n’est pas d’écrire un article sur les mérites d’une équipe de football, bien plus de faire une analyse d’un certain comportement. Le match que j’ai suivi hier soir à la télévision entre le FC Bayern et la Juventus a été remarquable à plusieurs titres. Tout d’abord un déferlement intensif des Italiens, qui n’ont pas perdu une occasion pour battre leurs hôtes à Munich. À la mi-temps ils menaient deux à zéro. Les joueurs du onze local semblaient désemparés. La perspective de se qualifier pour les quarts de finale de la Champion Ligue était-elle à tout jamais compromise ? C’est avec acharnement que le Bayern remonta la pente, tout d’abord en égalisant dans les dernières minutes du match, puis en marquant deux magnifiques buts dans les prolongations. Ce que j’ai admiré là, c’est le fait que les Munichois n’ont jamais baissé les bras. Une qualité qu’on attribue aux allemands. Bien que l’équipe se compose en majorité d’étrangers, elle agit comme il est de mise outre-Rhin. Malgré la situation des plus précaires après la seconde guerre mondiale, les habitants n’ont pas hésité de cracher dans leurs mains et de se mettre à la tâche. Un trait de caractère qui se reflète chez Angela Merkel. Ne surtout pas céder, lorsqu’il s’agit de défendre ses convictions. Je pense que beaucoup d’entre-nous devraient en prendre de la graine.

La situation ressemble ces derniers temps à une partie de glissade. Des principes qui semblaient acquis, comme l’unité européenne par exemple, s’effilochent sans qu’il n’y ait de rebonds. Est-ce la preuve que beaucoup ont perdu leur raison ? Qu’ils scient la branche sur laquelle ils sont assis ? N’assistons-nous pas à un suicide collectif ? On pourrait le croire. Faut-il un match de foot pour réveiller les esprits ? Pour prouver que sans une lutte intense rien n’est acquis ? Pour maintenir en vie l’UE et développer une vie commune, il s’agit de se battre, de pas baisser les bras à la première bourrasque, comme c’est le cas avec le flux migratoire. Lorsqu’on sait que la Turquie a accueilli plus de deux millions de réfugiés syriens, on se frotte les yeux lorsqu’on entend les récriminations des populistes. Si sur un territoire où vivent près d’un demi-milliard de citoyens il n’est pas possible de tendre la main à des victimes d’une guerre civile, il y a de quoi désespérer. Les négociations avec Ankara me font un peu honte. Demander à un pays bien plus faible, de faire des efforts que bon nombre d’Européens ne sont pas prêts à faire, est à mes yeux un scandale. Avons-nous à faire à des lavettes qui ne sont pas en mesure de prendre leur destinée en main ? Je le pense. Au lieu d’aller de l’avant, nous nous trouvons au pied du mur des lamentations. Taper sur les plus démunis, est un acte glorieux ! Quelle faiblesse ! Elle m’inspire que du dégoût ! Mais malgré mon aversion pour ceux qui érigent des barrière, je pense qu’il faut lutter pour une cause qui me semble juste, celle de la paix. Il serait temps de reprendre la barre, de ne plus se désavouer ! Nous sommes entrés dans les prolongations. Même si la situation nous semble bien compromise, il serait temps d’imiter le Bayern, qui jusqu’au dernier moment a cru en sa destinée. Celle de l’Europe en vaut la peine !

pm

http://www.lemonde.fr/ligue-des-champions/article/2016/03/16/ligue-des-champions-barcelone-et-le-bayern-rejoignent-les-quarts-de-finale_4884223_1616944.html

Pierre Mathias

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