Hillary Clinton – lady first – et Donald Trump marquent cette nuit leur avance en ce qui concerne les primaires pour les présidentielles. C’était à prévoir. Ce qui prévôt chez moi, c’est tout d’abord l’inquiétude qu’un populiste puisse ravir le pouvoir. Ce n’est pas impossible si on observe ce qui se passe partout en Europe. Les xénophobes ont le vent en poupe, ce qui est très inquiétant. On ne peut qu’espérer que la frustration contre la politique en général, ne s’exprime pas aux urnes. Si c’était le cas, nous pourrions nous attendre à tout. Ne nous faisons pas d’illusions, ces éléments représentent la droite musclée qui n’a que la violence en tête. Il n’y a qu’à suivre la campagne républicaine pour se faire une idée. Qu’un grand parti comme lui puisse se faire ainsi tirer du nez, démontre de la faiblesse. Comme tout le monde devrait le savoir, cette dernière est génératrice de troubles. Lorsqu’une puissance à l’échelle planétaire risque de sombrer dans un tel piège, cela nous regarde tous. Seule la candidate probable des démocrates pourrait lui résister. Sûrement pas un Bernie Sanders, ceci malgré les qualités de son programme. Mais tout est possible. Comme c’est le cas chez les hommes, les peuples aussi ont une tendance suicidaire. Après moi le déluge ! Qu’ils le regrettent ensuite, est du domaine du possible, mais c’est souvent trop tard. Je ne veux pas condamner unilatéralement un caractère impulsif, mais je ne le trouve pas adéquat pour diriger un pays, où tout est une question de doigté. Le moindre mot peut déclencher une avalanche. Chez un Trump, ce serait un très grand danger, ceci sans condamner d’une façon véhémente ses idées intolérantes, envers tous ceux qui ne correspondent pas à sa vision de l’Amérique.

Il est évident que du côté démocrate il peut aussi y avoir des réticences. Je veux parler des tous puissants lobbies, que représente l’ex-ministre des affaires étrangères. Elle est le symbole de ce que bon nombre de citoyens rejettent : les appareils qu’ils soient politiques ou financiers. Si elle oubliait les lassés-pour-comptes elle ne passerait pas. Même si cette nuit son concurrent au sein de sa formation n’a pas réussi à s’imposer dans des États importants comme la Floride ou l’Ohio, elle ferait bien d’inclure nombre des ses revendications dans le future programme présidentiel. Il est un fait que le fossé entre riches et pauvres se creuse de plus en plus. Un gouvernement ne peut pas y rester insensible. Même si les américains sont à priori contre une mainmise trop accentuée de l’État, il devra s’impliquer plus pour combattre la précarité. Personne de lui-même peut prendre sa place. Faire charité n’est pas une solution, car elle part toujours d’un sentiment de pitié. Elle ignore les droits fondamentaux de tous citoyens. Contrairement à ce qui se passe en Europe, la couverture sociale au-delà de l’Atlantique est plus que précaire. Ceux qui plébiscitent Bernie Sanders, élèvent leurs voix contre de telles injustices. À madame Clinton de prendre en considération leurs vues, même si Wall Street s’y oppose. Ce qui se passe ici est la confrontation entre deux concepts de la société. Cela peut être une chance, mais aussi un grand danger : celui de la simplification.

pm

http://www.lemonde.fr/elections-americaines/live/2016/03/16/en-direct-les-resulats-du-deuxieme-super-tuesday_4883570_829254.html

Pierre Mathias

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